L'Évangile du jour
Mercredi 29 avril 2026
Mercredi de la 4e semaine du Temps pascal
Ste Catherine de Sienne, vierge et docteur de l'Église · Mémoire
Mémoire Temps pascal Année A Ornements blancs
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
« Moi qui suis la lumière, je suis venu dans le monde »
Alléluia. Alléluia.
Moi, je suis la lumière du monde, dit le Seigneur.
Celui qui me suit aura la lumière de la vie.
Alléluia.
44Alors, Jésus s’écria : « Celui qui croit en moi, ce n’est pas en moi qu’il croit, mais en Celui qui m’a envoyé ;45et celui qui me voit voit Celui qui m’a envoyé.46Moi qui suis la lumière, je suis venu dans le monde pour que celui qui croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres.47Si quelqu’un entend mes paroles et n’y reste pas fidèle, moi, je ne le juge pas, car je ne suis pas venu juger le monde, mais le sauver.48Celui qui me rejette et n’accueille pas mes paroles aura, pour le juger, la parole que j’ai prononcée : c’est elle qui le jugera au dernier jour.49Car ce n’est pas de ma propre initiative que j’ai parlé : le Père lui-même, qui m’a envoyé, m’a donné son commandement sur ce que je dois dire et déclarer ;50et je sais que son commandement est vie éternelle. Donc, ce que je déclare, je le déclare comme le Père me l’a dit. »
Acclamons la Parole de Dieu.
Les lectures de cette messe
- Lecture Ac 12, 24 – 13, 5« Mettez à part pour moi Barnabé et Saul »
- Psaume 66 (67), 2-3, 5, 7-8
Comprendre ce passage
Évaluation du ministère de JésusJean 12, 37-50
La conclusion du Livre des signes
Ces versets forment le bilan que l'évangéliste dresse au terme de la vie publique de Jésus, ce long ensemble que la critique appelle le Livre des signes (Jn 1, 19 – 12, 50). Jean s'arrête pour mesurer l'effet de tant de signes : ils n'ont pas suscité la foi attendue. Ce constat ménage la transition vers le Livre de l'Heure (ch. 13–20), où Jésus, retiré avec les siens, se tournera vers la Croix et la gloire du Père.
L'incrédulité lue à la lumière d'Isaïe
Pour rendre compte de ce refus, Jean convoque deux passages d'Isaïe : la plainte du Serviteur, « Seigneur, qui a cru à notre parole ? » (Is 53, 1), et l'oracle de la vocation, « il a aveuglé leurs yeux et endurci leur cœur » (Is 6, 10). L'incroyance ne déjoue donc pas le dessein de Dieu : elle s'inscrit dans le mystère prophétique déjà entrevu. L'endurcissement, dans la pensée biblique, n'efface pourtant pas la responsabilité : il décrit l'aveuglement où s'enferme le cœur qui se ferme à la lumière.
L'exclusion de la synagogue
L'arrière-plan de la peur des notables est l'aposynagōgos, l'exclusion de la synagogue que Jean mentionne à trois reprises (9, 22 ; 12, 42 ; 16, 2). Confesser Jésus comme Messie pouvait valoir d'être banni de la communauté, avec les ruptures familiales et sociales qu'une telle mesure entraînait au Ier siècle, où la synagogue était le centre de toute la vie juive. On mesure mieux, sur ce fond, le poids du respect humain qui retient les croyants secrets et étouffe en eux l'aveu de la foi.
Malgré tant de signes, ils ne croyaient pas
L'évangéliste s'étonne de l'aveuglement général et l'éclaire par l'Écriture : le rejet du Messie n'est pas un échec imprévu, mais entre dans le dessein de Dieu annoncé par les prophètes. Jean ose alors une parole saisissante : « Isaïe a dit cela parce qu'il a vu sa gloire et a parlé de lui » (12, 41). La vision inaugurale du prophète, le Seigneur trônant dans le Temple (Is 6), devient ainsi une vision du Christ : c'est lui que le prophète contemplait, et déjà sa gloire préfigurée.
Les croyants timides
« Beaucoup, même parmi les notables, crurent en lui ; mais, à cause des pharisiens, ils ne le confessaient pas, de peur d'être exclus de la synagogue. » Jean diagnostique le mal d'une formule incisive : « ils aimèrent la gloire des hommes plus que la gloire de Dieu » (12, 43). C'est une foi réelle mais étouffée, retenue par le respect humain, qui n'ose passer à l'aveu. La foi johannique ne s'accomplit que dans la confession publique : croire sans confesser, c'est demeurer à mi-chemin, dans une lumière qu'on n'assume pas.
Le dernier cri de Jésus
Jésus « cria » : le verbe (ekraxen) signale une proclamation solennelle qui récapitule tout son message. « Qui croit en moi, croit non pas en moi, mais en celui qui m'a envoyé » : la foi au Fils rejoint le Père, selon le thème johannique de l'envoyé. « Je suis venu comme lumière dans le monde » (12, 46) reprend le « Je suis la lumière du monde » (8, 12). Enfin, « je ne suis pas venu juger le monde, mais le sauver » : la fin de la mission est tout entière salut.
La parole qui jugera
Un paradoxe johannique se noue ici : Jésus ne juge pas, et pourtant un juge est donné. « Qui me rejette et n'accueille pas mes paroles a son juge : la parole que j'ai dite le jugera au dernier jour » (12, 48). Le jugement n'est pas une sentence extérieure, mais l'effet même de l'accueil ou du refus de la Parole reçue. Car Jésus ne dit rien de lui-même : il transmet ce que le Père lui prescrit, et ce commandement « est vie éternelle » (12, 50).
Ne pas préférer la gloire des hommes
L'avertissement majeur du passage demeure d'une actualité brûlante : « ils aimèrent la gloire des hommes plus que celle de Dieu ». Le respect humain — la peur du regard, du jugement, de l'exclusion — peut paralyser une foi pourtant réelle. À la suite des Apôtres, le disciple est appelé à oser confesser le Christ au grand jour, à chercher d'abord l'approbation de Dieu plutôt que l'estime des hommes. Croire en secret ne suffit pas : l'amour du Seigneur veut s'avouer et rayonner.
Croire en la lumière
« Moi, la lumière, je suis venu dans le monde » : accueillir le Christ-lumière, c'est consentir à sortir des ténèbres où l'homme s'égare loin de Dieu. Croire n'est pas une adhésion tiède et cachée, mais un passage décisif de la foi timide à la foi confessée, de la nuit au plein jour. Chaque disciple est invité à laisser cette lumière pénétrer ses zones d'ombre pour marcher désormais comme un enfant de la lumière (cf. Ep 5, 8).
Le Christ venu pour sauver
« Je ne suis pas venu juger le monde, mais le sauver » : cette parole fonde toute la confiance chrétienne en la miséricorde du Sauveur. Dieu ne guette pas nos fautes pour condamner ; il tend la main pour relever. Et pourtant, cette miséricorde n'est pas indifférente : l'accueil ou le refus de sa parole nous juge nous-mêmes, ici et maintenant. Se savoir aimé et sauvé n'autorise aucune tiédeur : la grâce offerte attend une réponse libre et engagée du cœur.
La parole, vie éternelle
« Son commandement est vie éternelle » : la parole du Christ n'est pas une doctrine parmi d'autres, mais une source de vie à garder et à vivre. La prendre au sérieux, c'est en faire le critère de nos choix, le centre de notre prière, la nourriture de chaque jour. Demeurer dans cette parole, la méditer et lui obéir, c'est déjà entrer dans la vie qu'elle promet et s'en laisser façonner jusqu'au bout.
Cette semaine
- Dimanche 26 4e dimanche de Pâques Jn 10, 1-10
- Lundi 27 Lundi de la 4e semaine du Temps pascal Jn 10, 1-10
- Mardi 28 Mardi de la 4e semaine du Temps pascal Jn 10, 22-30
- Mercredi 29 Mercredi de la 4e semaine du Temps pascal Jn 12, 44-50
- Jeudi 30 Jeudi de la 4e semaine du Temps pascal Jn 13, 16-20
- Vendredi 1 Vendredi de la 4e semaine du Temps pascal Jn 14, 1-6
- Samedi 2 Samedi de la 4e semaine du Temps pascal Jn 14, 7-14
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