L'Évangile du jour
Jeudi 9 avril 2026
Jeudi dans l’octave de Pâques
Solennité Temps pascal Année A Ornements blancs
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc
« Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait, qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour »
Alléluia. Alléluia.
Voici le jour que fit le Seigneur,
qu’il soit pour nous jour de fête et de joie !
Alléluia.
35À leur tour, ils racontaient ce qui s’était passé sur la route, et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux à la fraction du pain.36Comme ils en parlaient encore, lui-même fut présent au milieu d’eux, et leur dit : « La paix soit avec vous ! »37Saisis de frayeur et de crainte, ils croyaient voir un esprit.38Jésus leur dit : « Pourquoi êtes-vous bouleversés ? Et pourquoi ces pensées qui surgissent dans votre cœur ?39Voyez mes mains et mes pieds : c’est bien moi ! Touchez-moi, regardez : un esprit n’a pas de chair ni d’os comme vous constatez que j’en ai. »40Après cette parole, il leur montra ses mains et ses pieds.41Dans leur joie, ils n’osaient pas encore y croire, et restaient saisis d’étonnement. Jésus leur dit : « Avez-vous ici quelque chose à manger ? »42Ils lui présentèrent une part de poisson grillé43qu’il prit et mangea devant eux.44Puis il leur déclara : « Voici les paroles que je vous ai dites quand j’étais encore avec vous : Il faut que s’accomplisse tout ce qui a été écrit à mon sujet dans la loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes. »45Alors il ouvrit leur intelligence à la compréhension des Écritures.46Il leur dit : « Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait, qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour,47et que la conversion serait proclamée en son nom, pour le pardon des péchés, à toutes les nations, en commençant par Jérusalem.48À vous d’en être les témoins.
Acclamons la Parole de Dieu.
Les lectures de cette messe
- Lecture Ac 3, 11-26« Vous avez tué le Prince de la vie, lui que Dieu a ressuscité d’entre les morts »
- Psaume Ps 8, 4-5, 6-7, 8-9
Comprendre ce passage
Sur le chemin d'EmmaüsLuc 24, 13-35
Le chemin d'Emmaüs
Le récit situe le village à soixante stades de Jérusalem, soit environ onze kilomètres : une demi-journée de marche, distance que l'on pouvait parcourir et revenir dans la même journée, ce que les disciples feront le soir même. La localisation exacte d'Emmaüs demeure incertaine et plusieurs sites ont été proposés par la tradition. Cet anonymat géographique souligne moins un lieu qu'un mouvement du cœur : on s'éloigne du tombeau vide et de la communauté, sur une route où le Ressuscité va pourtant rejoindre les siens.
Deux disciples au visage sombre
Ils sont deux, l'un nommé Cléophas, l'autre laissé sans nom, comme si la place restait ouverte pour chaque lecteur. Ils ne font pas partie des Onze, mais du cercle plus large des disciples, preuve que l'expérience pascale déborde le groupe apostolique. Luc les peint « le visage sombre » (skythrōpoi), accablés par la mort de leur maître. Le déplacement même, qui les éloigne de Jérusalem, traduit une espérance brisée : ils retournent à leur vie d'avant, comme on rentre après un deuil.
Une espérance déçue
Leur aveu résume tout le drame : « Nous espérions que ce serait lui qui délivrerait Israël ». Ils attendaient un Messie libérateur, dans la ligne des espoirs nationaux du Ier siècle, où l'on rêvait d'un envoyé qui chasserait l'occupant et restaurerait le royaume de David. La croix a ruiné cette attente : un crucifié ne pouvait, à leurs yeux, être l'oint de Dieu. Tout le récit va retourner cette déception en révélant un autre visage de la délivrance.
Le voyageur inconnu
Jésus « s'approche » et chemine avec eux, « mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître » : la formule, au passif, suggère une retenue voulue par Dieu, le temps que la foi mûrisse. Plutôt que de se révéler d'emblée, il interroge et écoute : « De quoi discutez-vous en marchant ? » Cette pédagogie délicate laisse les disciples dire leur peine, raconter la mort, le tombeau vide et le témoignage des femmes, et confesser ainsi leur foi vacillante avant de recevoir la lumière.
Cœurs lents à croire
Le reproche reste doux : « Esprits sans intelligence, cœurs lents à croire tout ce qu'ont dit les prophètes ! » Puis vient la grande question : « Ne fallait-il pas (edei) que le Christ souffre ainsi pour entrer dans sa gloire ? » Ce verbe d'un divin « il faut » parcourt tout l'évangile de Luc : la Passion n'est ni un accident ni un échec, mais le chemin voulu par Dieu, annoncé par les Écritures, vers la gloire de la résurrection.
Il leur ouvrit les Écritures
« Commençant par Moïse et tous les prophètes, il leur interpréta dans toute l'Écriture ce qui le concernait. » Jésus livre ainsi la clé christologique de l'Ancien Testament : la Loi, les Prophètes et les Psaumes parlaient déjà de lui (cf. Lc 24, 44-45). Cette lecture accomplie dans le Christ deviendra la matrice de toute exégèse chrétienne. De là naît le cœur brûlant : la Parole expliquée réchauffe et prépare la reconnaissance qui va suivre.
La fraction du pain
Pressé de rester « avec eux », l'hôte devient celui qui donne : à table, il « prit le pain, bénit, le rompit et le leur donna », les quatre gestes eucharistiques déjà posés à la multiplication des pains et à la Cène (Lc 9, 16 ; 22, 19). Alors « leurs yeux s'ouvrirent, ils le reconnurent, et il disparut » : reconnu dans la fraction, il est présent désormais d'une manière nouvelle. On lit ici la structure de la messe : la Parole expliquée, puis le Pain rompu.
Jésus, compagnon de route
Le Ressuscité marche avec nous, souvent sans que nous le reconnaissions, et surtout aux heures de découragement, quand nos espérances semblent enterrées. Il ne s'impose pas : il chemine, questionne, attend que notre cœur s'ouvre. Savoir qu'il rejoint nos routes, y compris celles où nous fuyons, console et relève : nul éloignement ne le décourage de venir à notre rencontre.
Les Écritures qui font brûler le cœur
Le cœur brûlant naît de la Parole lue comme parlant du Christ. Lire l'Écriture n'est pas seulement s'instruire, mais laisser le Ressuscité lui-même interpréter notre vie et nos épreuves à sa lumière. On peut demander cette grâce : que la Parole réchauffe le cœur froid, éclaire ce qui nous accable et redonne sens à ce qui paraissait absurde, comme la croix le devint pour les deux marcheurs.
Le reconnaître à la fraction du pain
C'est « à la fraction du pain » que les disciples reconnaissent le Seigneur : l'Eucharistie est le lieu privilégié où le Ressuscité se laisse rencontrer, présent réellement quoique d'une manière voilée. La messe unit ce que cette route a joint : la Parole qui prépare et le Pain qui révèle. Communier, c'est laisser nos yeux s'ouvrir sur Celui qui se donne, et qui demeure quand toute consolation sensible s'efface.
Repartir témoigner
À peine reconnu, le Seigneur disparaît, mais les disciples repartent « à l'instant même » vers Jérusalem, malgré la nuit et la fatigue. Rencontrer le Ressuscité fait du disciple un témoin : on ne garde pas pour soi pareille joie. La communauté qu'ils avaient quittée, ils la rejoignent pour confesser avec elle : « Le Seigneur est ressuscité ». Toute vraie rencontre du Christ relance ainsi vers les frères et vers l'annonce.
Cette semaine
- Dimanche 5 Résurrection du Seigneur Jn 20, 1-9
- Lundi 6 Lundi dans l’octave de Pâques Mt 28, 8-15
- Mardi 7 Mardi dans l’octave de Pâques Jn 20, 11-18
- Mercredi 8 Mercredi dans l’octave de Pâques Lc 24, 13-35
- Jeudi 9 Jeudi dans l’octave de Pâques Lc 24, 35-48
- Vendredi 10 Vendredi dans l’octave de Pâques Jn 21, 1-14
- Samedi 11 Samedi dans l’octave de Pâques Mc 16, 9-15
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