L'Évangile du jour
Mardi 7 avril 2026
Mardi dans l’octave de Pâques
Solennité Temps pascal Année A Ornements blancs
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
« “J’ai vu le Seigneur !”, et elle raconta ce qu’il lui avait dit »
Alléluia. Alléluia.
Voici le jour que fit le Seigneur,
qu’il soit pour nous jour de fête et de joie !
Alléluia.
11Marie Madeleine se tenait près du tombeau, au-dehors, tout en pleurs. Et en pleurant, elle se pencha vers le tombeau.12Elle aperçoit deux anges vêtus de blanc, assis l’un à la tête et l’autre aux pieds, à l’endroit où avait reposé le corps de Jésus.13Ils lui demandent : « Femme, pourquoi pleures-tu ? » Elle leur répond : « On a enlevé mon Seigneur, et je ne sais pas où on l’a déposé. »14Ayant dit cela, elle se retourna ; elle aperçoit Jésus qui se tenait là, mais elle ne savait pas que c’était Jésus.15Jésus lui dit : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? » Le prenant pour le jardinier, elle lui répond : « Si c’est toi qui l’as emporté, dis-moi où tu l’as déposé, et moi, j’irai le prendre. »16Jésus lui dit alors : « Marie ! » S’étant retournée, elle lui dit en hébreu : « Rabbouni ! », c’est-à-dire : Maître.17Jésus reprend : « Ne me retiens pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père. Va trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. »18Marie Madeleine s’en va donc annoncer aux disciples : « J’ai vu le Seigneur ! », et elle raconta ce qu’il lui avait dit.
Acclamons la Parole de Dieu.
Les lectures de cette messe
- Lecture Ac 2, 36-41« Convertissez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus Christ »
- Psaume 32 (33), 4-5, 18-19, 20.22
Comprendre ce passage
L'apparition à Marie MadeleineJean 20, 11-18
Marie Madeleine, première à voir le Ressuscité
Après le départ de Pierre et de l'autre disciple, Marie demeure seule, en pleurs, devant le tombeau. Originaire de Magdala, sur la rive occidentale du lac de Galilée, elle avait été délivrée de « sept démons » (Lc 8, 2) et comptait parmi les femmes qui suivaient Jésus depuis la Galilée. En faisant d'elle la première à rencontrer le Ressuscité, l'évangile lui confère une place que la tradition résumera par le titre d'apôtre des apôtres (apostola apostolorum), repris notamment par saint Thomas d'Aquin : la première envoyée vers les Onze.
Le jardin, le tombeau et le « jardinier »
La scène se déroule dans un jardin où se trouvait le sépulcre neuf (Jn 19, 41), tout près du lieu de la crucifixion. Saint Jean, attentif aux symboles, n'évoque pas ce cadre par hasard : le jardin rappelle l'Éden où l'homme avait été perdu, et le Ressuscité, pris pour « le jardinier », s'y révèle comme le nouvel Adam qui rouvre le paradis. L'aube du premier jour de la semaine devient ainsi le matin d'une création recommencée, lavée de la mort.
Le témoignage d'une femme
Dans le monde juif du Ier siècle, le témoignage des femmes jouissait d'une faible valeur juridique et n'était guère reçu devant un tribunal. Que les quatre évangiles s'accordent à placer des femmes, et ici Marie Madeleine, comme premières messagères de la résurrection constitue un détail que nul n'aurait inventé pour convaincre : cette improbabilité même plaide pour l'historicité du récit. Dieu choisit les petits et renverse les hiérarchies humaines de l'honneur et de la crédibilité.
« Marie ! », « Rabbouni ! »
Marie ne reconnaît d'abord ni les anges ni Jésus : ses yeux sont voilés par les larmes et par l'attente d'un cadavre. Tout bascule lorsque le Ressuscité l'appelle par son nom : « Marie ! » C'est la voix du bon Pasteur, qui « appelle ses brebis chacune par son nom » et que les brebis reconnaissent (Jn 10, 3). La foi pascale naît ici d'un appel personnel, non d'un raisonnement. Elle se retourne et répond d'un seul mot araméen, « Rabbouni » (« mon Maître »), élan brûlant d'attachement et d'amour retrouvé.
« Ne me retiens pas »
À l'étreinte spontanée de Marie, Jésus répond : « Ne me retiens pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père » (mē mou haptou). Loin d'un refus de tout contact, la parole annonce un mode nouveau de présence : on ne saisit plus le Ressuscité comme avant la Croix, selon la chair et la familiarité ancienne. La relation au Christ glorifié passera désormais par son Ascension vers le Père et par le don de l'Esprit, dans la foi, les sacrements et l'Église.
« Va trouver mes frères »
Jésus confie alors un message d'une densité unique : « Je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu » (Jn 20, 17). Pour la première fois, les disciples sont appelés ses frères : par la Pâque, ils deviennent fils dans le Fils, associés à sa filiation et à sa montée vers Dieu. La distinction subtile (« mon Père » et « votre Père ») préserve l'unicité de la relation du Fils éternel tout en y faisant entrer les croyants par adoption.
Le premier kérygme
Marie obéit aussitôt et porte aux disciples l'annonce la plus brève et la plus décisive : « J'ai vu le Seigneur » (Jn 20, 18). Cette formule rejoint celle de Paul (1 Co 9, 1 ; 15, 8) et constitue le noyau même du kérygme apostolique : le témoignage oculaire du Vivant. Le récit johannique unit ainsi expérience intime de la rencontre et mission publique : on ne garde pas pour soi le Ressuscité, on l'annonce.
Se laisser appeler par son nom
Comme Marie, chacun est connu et appelé personnellement par le Ressuscité. La foi ne se réduit pas à des idées : elle s'éveille le jour où l'on s'entend nommer, où l'on perçoit que Dieu nous connaît un par un. Y répondre « Rabbouni », « mon Maître », c'est passer du désarroi à la reconnaissance aimante. Prendre le temps de la prière, c'est tendre l'oreille à cette voix qui prononce notre nom et nous tire des larmes.
Chercher Jésus dans la nuit du deuil
Marie cherche le Seigneur en pleurant, dans l'apparente défaite du tombeau vide. Sa persévérance même (rester, scruter, demander) la dispose à la rencontre. Dans nos propres deuils et nos nuits spirituelles, où Dieu semble enlevé, la fidélité à le chercher n'est jamais vaine : il se laisse reconnaître au moment voulu, souvent là où nous l'attendions le moins, et change nos larmes en joie.
Accueillir une présence nouvelle
Le « ne me retiens pas » invite à ne pas enfermer le Christ dans nos images, nos consolations sensibles ou nos habitudes passées. Le Ressuscité veut être accueilli autrement : dans l'Esprit, dans l'Eucharistie où il se donne réellement, dans la communauté de l'Église et le visage du prochain. La maturité de la foi consiste à lâcher la possession pour s'ouvrir à cette présence plus libre et plus profonde.
Aller annoncer le Ressuscité
« Va trouver mes frères » : toute rencontre véritable avec le Christ vivant débouche sur l'envoi. Marie ne reste pas au jardin à savourer sa joie ; elle court porter la nouvelle. À sa suite, le croyant devient témoin : non par de longs discours, mais par cette parole simple et bouleversée, « j'ai vu le Seigneur ». La mission naît de l'amour, et l'Église tout entière est faite de ces messagers de Pâques.
Cette semaine
- Dimanche 5 Résurrection du Seigneur Jn 20, 1-9
- Lundi 6 Lundi dans l’octave de Pâques Mt 28, 8-15
- Mardi 7 Mardi dans l’octave de Pâques Jn 20, 11-18
- Mercredi 8 Mercredi dans l’octave de Pâques Lc 24, 13-35
- Jeudi 9 Jeudi dans l’octave de Pâques Lc 24, 35-48
- Vendredi 10 Vendredi dans l’octave de Pâques Jn 21, 1-14
- Samedi 11 Samedi dans l’octave de Pâques Mc 16, 9-15
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