L'Évangile du jour
Mardi 24 mars 2026
Mardi de la 5e semaine de Carême
Férie Temps du Carême Année A Ornements violets
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
« Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme, alors vous comprendrez que moi, JE SUIS »
Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus !
Fils de l’homme, élevé sur la croix,
tu attires à toi tous les hommes.
Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus !
21Jésus leur dit encore : « Je m’en vais ; vous me chercherez, et vous mourrez dans votre péché. Là où moi je vais, vous ne pouvez pas aller. »22Les Juifs disaient : « Veut-il donc se donner la mort, puisqu’il dit : “Là où moi je vais, vous ne pouvez pas aller” ? »23Il leur répondit : « Vous, vous êtes d’en bas ; moi, je suis d’en haut. Vous, vous êtes de ce monde ; moi, je ne suis pas de ce monde.24C’est pourquoi je vous ai dit que vous mourrez dans vos péchés. En effet, si vous ne croyez pas que moi, JE SUIS, vous mourrez dans vos péchés. »25Alors, ils lui demandaient : « Toi, qui es-tu ? » Jésus leur répondit : « Je n’ai pas cessé de vous le dire.26À votre sujet, j’ai beaucoup à dire et à juger. D’ailleurs Celui qui m’a envoyé dit la vérité, et ce que j’ai entendu de lui, je le dis pour le monde. »27Ils ne comprirent pas qu’il leur parlait du Père.28Jésus leur déclara : « Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme, alors vous comprendrez que moi, JE SUIS, et que je ne fais rien de moi-même ; ce que je dis là, je le dis comme le Père me l’a enseigné.29Celui qui m’a envoyé est avec moi ; il ne m’a pas laissé seul, parce que je fais toujours ce qui lui est agréable. »30Sur ces paroles de Jésus, beaucoup crurent en lui.
Acclamons la Parole de Dieu.
Les lectures de cette messe
- Lecture Nb 21, 4-9« Tous ceux qui auront été mordus, qu’ils regardent le serpent, alors ils vivront ! »
- Psaume 101 (102), 2-3, 16-18, 19-21
Comprendre ce passage
« Je suis la lumière du monde »Jean 8, 12-30
« Lumière du monde » et la fête des Tentes
La scène se déroule encore dans le sillage de Soukkot, la fête des Tentes. Chaque soir, on y allumait dans la cour des femmes quatre grands chandeliers d'or dont l'éclat, dit-on, illuminait toute la ville. C'est là, « près de la salle du Trésor » (v. 20), que Jésus enseigne. Lorsque ces lampes viennent de s'éteindre, il déclare : « Je suis la lumière du monde », la flamme passagère du Temple cédant la place à la vraie lumière qui ne meurt plus.
La colonne de feu et l'attente d'Israël
Derrière cette illumination se profile un souvenir fondateur : la colonne de feu qui guidait Israël au désert (Ex 13, 21), Dieu lui-même marchant devant son peuple. Les prophètes annonçaient un salut où « le Seigneur sera ta lumière éternelle » (Is 60, 19) et où le Serviteur deviendrait « lumière des nations » (Is 42, 6 ; 49, 6). En se disant lumière du monde, et non d'Israël seul, Jésus laisse entendre une portée universelle.
Le débat sur le témoignage
L'objection des pharisiens repose sur une règle juridique : la Loi exigeait au moins deux témoins concordants pour établir un fait (Dt 19, 15). « Tu te rends témoignage à toi-même », d'où la conclusion : « ton témoignage n'est pas recevable ». Mais cette controverse, fréquente chez Jean, n'est pas une simple querelle d'école : elle touche l'identité même de Jésus. Reconnaître ou rejeter son témoignage, c'est accueillir ou rejeter Celui qui l'a envoyé.
« Je suis la lumière du monde »
Voici le deuxième grand « Je suis » suivi d'un attribut, après « le pain de vie » (6, 35). Le thème johannique de la lumière et des ténèbres, ouvert dès le Prologue (1, 4-9), culmine ici. « Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres » : akolouthein, « suivre », est le verbe du disciple. Croire au Christ n'est pas adhérer à une idée, mais marcher derrière lui comme Israël suivait la nuée, pour recevoir la lumière de la vie.
Deux témoins : Jésus et le Père
À l'objection juridique, Jésus répond sur son terrain : « Je ne suis pas seul ; il y a moi, et le Père qui m'a envoyé. » Les deux témoins requis sont donc le Fils et le Père, unis dans une même œuvre. Cette validité tient à ce que Jésus seul connaît son origine et son terme : « Je sais d'où je viens et où je vais », alors qu'eux jugent « selon la chair ». Leur regard, prisonnier du visible, n'atteint pas le mystère du Fils.
« Vous mourrez dans votre péché »
L'avertissement est solennel : « Si vous ne croyez pas que Je Suis (egō eimi), vous mourrez dans vos péchés. » Employé absolument, sans attribut, ce « Je Suis » reprend le Nom divin révélé à Moïse (Ex 3, 14) et la formule par laquelle Dieu se dit unique chez Isaïe (43, 10). Jésus s'attribue le Nom même du Seigneur : la foi en son identité divine devient ainsi un enjeu de vie ou de mort.
« Quand vous aurez élevé le Fils de l'homme »
À la question « Qui es-tu ? », Jésus renvoie à l'événement qui dévoilera tout : « Quand vous aurez élevé le Fils de l'homme, vous connaîtrez que Je Suis. » Le verbe hupsoō, « élever », désigne à la fois l'élévation sur la croix et la glorification : c'est au Calvaire que se manifestera son identité. Et il ajoute : « Je fais toujours ce qui lui plaît », communion parfaite avec le Père. À ces mots, « beaucoup crurent en lui ».
Suivre la lumière
Le Christ ne se contente pas d'éclairer du dehors : il invite à le suivre pas à pas. Marcher derrière lui, c'est sortir des ténèbres du doute, du péché et du non-sens pour avancer dans la clarté. Concrètement, cela engage nos choix quotidiens : laisser sa Parole éclairer nos décisions, nos jugements, nos relations. Qui se règle sur cette lumière ne trébuche pas dans la nuit : il reçoit peu à peu la lumière de la vie.
Croire qu'« il est »
Tout se joue dans la foi en la divinité du Christ, ce « Je Suis » qui est le Nom même de Dieu. Le croire vraiment n'est pas une opinion parmi d'autres : c'est l'adorer comme Seigneur et lui remettre sa vie. À l'inverse, juger « selon la chair », réduire Jésus à un sage, conduit à passer à côté de l'essentiel. Reconnaître en lui le Dieu fait homme transforme le regard et ouvre, dès maintenant, à la vie éternelle.
Vivre sous le regard du Père
« Je fais toujours ce qui plaît au Père » : telle est la règle intérieure de Jésus. À sa suite, le chrétien est appelé à chercher en tout la volonté de Dieu plutôt que l'approbation des hommes. Cette recherche apporte une paix profonde, car celui qui veut plaire au Père n'est jamais seul : Dieu demeure avec lui, comme il était avec son Fils. Vivre sous ce regard libère de la peur du jugement d'autrui.
Reconnaître le Crucifié élevé
C'est paradoxalement à la croix, dans l'humiliation extrême, que se révèle qui est Jésus. Contempler le Christ élevé (sur le bois, puis dans la gloire) devient le chemin pour le connaître en vérité. Le disciple est invité à lever les yeux vers ce Crucifié comme Israël regardait le serpent de bronze pour vivre (cf. 3, 14). Là où le monde ne voit qu'un échec, la foi reconnaît le Seigneur de gloire.
Cette semaine
- Dimanche 22 5e dimanche de Carême Jn 11, 1-45
- Lundi 23 Lundi, de la férie, 5e semaine de Carême Jn 8, 1-11
- Mardi 24 Mardi de la 5e semaine de Carême Jn 8, 21-30
- Mercredi 25 Annonciation du Seigneur Lc 1, 26-38
- Jeudi 26 Jeudi de la 5e semaine de Carême Jn 8, 51-59
- Vendredi 27 Vendredi de la 5e semaine de Carême Jn 10, 31-42
- Samedi 28 Samedi de la 5e semaine de Carême Jn 11, 45-57
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