L'Évangile du jour
Mardi 3 février 2026
Mardi de la 4e semaine du Temps ordinaire
S. Blaise, évêque et martyr. Mémoire facultative · Saint Anschaire, évêque. Mémoire facultative
Mémoire Temps ordinaire Année paire Ornements verts
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc
« Jeune fille, je te le dis, lève-toi ! »
Alléluia. Alléluia.
Le Christ a pris nos souffrances,
il a porté nos maladies.
Alléluia.
21Jésus regagna en barque l’autre rive, et une grande foule s’assembla autour de lui. Il était au bord de la mer.22Arrive un des chefs de synagogue, nommé Jaïre. Voyant Jésus, il tombe à ses pieds23et le supplie instamment : « Ma fille, encore si jeune, est à la dernière extrémité. Viens lui imposer les mains pour qu’elle soit sauvée et qu’elle vive. »24Jésus partit avec lui, et la foule qui le suivait était si nombreuse qu’elle l’écrasait.25Or, une femme, qui avait des pertes de sang depuis douze ans… –26elle avait beaucoup souffert du traitement de nombreux médecins, et elle avait dépensé tous ses biens sans avoir la moindre amélioration ; au contraire, son état avait plutôt empiré –…27cette femme donc, ayant appris ce qu’on disait de Jésus, vint par-derrière dans la foule et toucha son vêtement.28Elle se disait en effet : « Si je parviens à toucher seulement son vêtement, je serai sauvée. »29À l’instant, l’hémorragie s’arrêta, et elle ressentit dans son corps qu’elle était guérie de son mal.30Aussitôt Jésus se rendit compte qu’une force était sortie de lui. Il se retourna dans la foule, et il demandait : « Qui a touché mes vêtements ? »31Ses disciples lui répondirent : « Tu vois bien la foule qui t’écrase, et tu demandes : “Qui m’a touché ?” »32Mais lui regardait tout autour pour voir celle qui avait fait cela.33Alors la femme, saisie de crainte et toute tremblante, sachant ce qui lui était arrivé, vint se jeter à ses pieds et lui dit toute la vérité.34Jésus lui dit alors : « Ma fille, ta foi t’a sauvée. Va en paix et sois guérie de ton mal. »35Comme il parlait encore, des gens arrivent de la maison de Jaïre, le chef de synagogue, pour dire à celui-ci : « Ta fille vient de mourir. À quoi bon déranger encore le Maître ? »36Jésus, surprenant ces mots, dit au chef de synagogue : « Ne crains pas, crois seulement. »37Il ne laissa personne l’accompagner, sauf Pierre, Jacques, et Jean, le frère de Jacques.38Ils arrivent à la maison du chef de synagogue. Jésus voit l’agitation, et des gens qui pleurent et poussent de grands cris.39Il entre et leur dit : « Pourquoi cette agitation et ces pleurs ? L’enfant n’est pas morte : elle dort. »40Mais on se moquait de lui. Alors il met tout le monde dehors, prend avec lui le père et la mère de l’enfant, et ceux qui étaient avec lui ; puis il pénètre là où reposait l’enfant.41Il saisit la main de l’enfant, et lui dit : « Talitha koum », ce qui signifie : « Jeune fille, je te le dis, lève-toi ! »42Aussitôt la jeune fille se leva et se mit à marcher – elle avait en effet douze ans. Ils furent frappés d’une grande stupeur.43Et Jésus leur ordonna fermement de ne le faire savoir à personne ; puis il leur dit de la faire manger.
Acclamons la Parole de Dieu.
Les lectures de cette messe
- Lecture 2 S 18, 9-10.14b.24-25a.30 – 19, 4« Mon fils Absalom ! Pourquoi ne suis-je pas mort à ta place ? »
- Psaume Ps 85, 1-2, 3-4, 5-6
Comprendre ce passage
Une jeune fille rendue à la vie et une femme guérieMarc 5, 21-43
Jaïre, un notable aux pieds de Jésus
Jaïre est chef de synagogue : un homme en vue, responsable du lieu de prière, respecté. Qu'un tel notable se jette aux pieds de Jésus, le suppliant publiquement, dit la gravité de sa détresse (sa petite fille se meurt) et l'humilité à laquelle l'amour d'un père peut conduire.
La femme et l'impureté du sang
La femme souffre de pertes de sang depuis douze ans. Au-delà de la maladie, c'est une exclusion rituelle continuelle : selon le Lévitique (Lv 15), un tel flux rend impure, et rend impur tout ce que la personne touche ; d'où une vie en marge, tenue à distance du Temple et des contacts ordinaires. Marc note qu'elle a « dépensé tout son bien » chez les médecins, sans résultat, allant plutôt en empirant : les remèdes humains ont échoué. En touchant Jésus, elle aurait dû lui transmettre son impureté ; c'est l'inverse qui se produit.
La mort et le deuil
À la maison de Jaïre, on entend déjà les pleureurs et le tumulte du deuil : dès le décès, on manifestait bruyamment la douleur, souvent avec des pleureuses et des joueurs de flûte. Toucher un cadavre rendait également impur (Nb 19). Là encore, Jésus va franchir la barrière : il prend la main de la morte.
« Talitha koum » : l'araméen de Jésus
Marc conserve les mots araméens mêmes de Jésus, Talitha koum, qu'il traduit pour ses lecteurs. Ce détail, comme Ephphata (7, 34) ou Abba (14, 36), porte la fraîcheur d'un témoignage de première main, celui de Pierre, et la tendresse d'une parole adressée à une enfant.
Deux récits enchâssés qui s'éclairent
Marc emploie sa technique du « sandwich » : il commence l'histoire de la fille de Jaïre, l'interrompt par celle de la femme, puis la reprend. Les deux scènes se répondent : deux « filles » ; le chiffre douze (douze ans de maladie pour l'une, douze ans d'âge pour l'autre) ; la foi ; le toucher ; et, dans les deux cas, le franchissement de l'impureté (le sang, la mort). L'entrelacement invite à les lire ensemble : la foi qui sauve et la vie plus forte que la mort.
La femme : d'un toucher furtif à une rencontre
La femme s'approche par-derrière, en cachette : « Si je touche au moins ses vêtements, je serai sauvée. » Sa foi est encore mêlée de timidité, presque de pensée magique. Guérie aussitôt, elle voudrait disparaître. Mais Jésus, sentant qu'« une force était sortie de lui », la cherche, non pour la confondre, mais pour transformer ce contact anonyme en relation personnelle. Tremblante, elle dit « toute la vérité ». Et Jésus la nomme « ma fille », la rendant à la communauté : « Ta foi t'a sauvée ; va en paix. » Le verbe « sauver » dit plus qu'une guérison du corps.
« Ne crains pas, crois seulement »
Survient la nouvelle terrible : l'enfant est morte ; « pourquoi déranger encore le Maître ? » C'est le moment où tout semble fini. Jésus oppose à la mort la seule parole qui tienne : « Ne crains pas, crois seulement » (v. 36). La foi de Jaïre, mise à l'épreuve par la mort même, est invitée à aller plus loin que l'espérance d'une guérison.
« Elle n'est pas morte, elle dort »
Jésus écarte la foule, ne garde que les parents et Pierre, Jacques et Jean. Sa parole (« l'enfant n'est pas morte, elle dort ») provoque les rires : on sait qu'elle est morte. Mais dans sa bouche, la mort devient un sommeil dont il va la réveiller. Il prend la main (de la morte !) et dit avec douceur : « Talitha koum », « lève-toi ». L'enfant se lève et marche. Détail très concret et tendre : « qu'on lui donne à manger », elle est bien vivante.
Jésus, source de vie et de pureté
Le fil théologique des deux scènes : Jésus est touché par l'impureté (la femme) et touche la mort (l'enfant), deux contacts qui auraient dû le rendre impur. Or, de lui ne sort pas la contamination, mais la vie et la purification. Là où la Loi craignait la contagion du mal, le Christ communique la sainteté et la vie.
Parmi les synoptiques
Matthieu (9, 18-26) condense ; Luc (8, 40-56), le médecin, adoucit la remarque sur les médecins. Marc garde le récit le plus vivant, avec l'araméen, les douze ans, le rire des pleureurs et le « donnez-lui à manger ».
Oser toucher le Christ
La femme nous apprend l'audace de la foi : malgré la honte, l'exclusion, l'échec de tous les remèdes, elle tend la main vers Jésus. Et même une foi imparfaite, timide, presque cachée, est accueillie, puis appelée à devenir une relation personnelle. Le Christ ne se contente pas de nous guérir : il veut nous connaître et nous nommer « mon enfant ».
« Ne crains pas, crois seulement »
Cette parole est donnée pour les heures où il est « trop tard », où la mort ou l'échec semblent avoir le dernier mot. La foi chrétienne ne nie pas la mort, mais croit en Celui qui peut relever. C'est le mot à se redire dans les détresses où tout paraît perdu.
Jésus et nos impuretés
Le Christ n'est pas souillé par nos blessures : il les guérit. Nul besoin de se rendre « pur » avant de l'approcher ; c'est en le touchant que l'on est purifié et rendu à la dignité. De quoi encourager à venir tels que nous sommes, surtout dans le sacrement de la réconciliation.
La mort comme un sommeil
« Elle dort. » Pour le chrétien, la mort des baptisés est un sommeil dont le Christ réveillera (cf. la foi en la résurrection). La tendresse de Jésus (prendre la main, ordonner qu'on la nourrisse) révèle un Dieu attentif jusqu'aux plus petits détails de notre vie rendue.
Cette semaine
- Dimanche 1 4e dimanche du Temps ordinaire Mt 5, 1-12a
- Lundi 2 Présentation du Seigneur au Temple Lc 2, 22-40
- Mardi 3 Mardi de la 4e semaine du Temps ordinaire Mc 5, 21-43
- Mercredi 4 Mercredi de la 4e semaine du Temps ordinaire Mc 6, 1-6
- Jeudi 5 Jeudi de la 4e semaine du Temps ordinaire Mc 6, 7-13
- Vendredi 6 Vendredi de la 4e semaine du Temps ordinaire Mc 6, 14-29
- Samedi 7 Samedi de la 4e semaine du Temps ordinaire Mc 6, 30-34
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