L'Évangile du jour
Dimanche 23 novembre 2025
Notre Seigneur Jésus Christ Roi de l'Univers
Solennité
Solennité Temps ordinaire Année C Ornements blancs
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc
« Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume »
Alléluia. Alléluia.
Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur.
Béni soit le Règne qui vient, celui de David notre père.
Alléluia.
35Le peuple restait là à observer. Les chefs tournaient Jésus en dérision et disaient : « Il en a sauvé d’autres : qu’il se sauve lui-même, s’il est le Messie de Dieu, l’Élu ! »36Les soldats aussi se moquaient de lui ; s’approchant, ils lui présentaient de la boisson vinaigrée,37en disant : « Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même ! »38Il y avait aussi une inscription au-dessus de lui : « Celui-ci est le roi des Juifs. »39L’un des malfaiteurs suspendus en croix l’injuriait : « N’es-tu pas le Christ ? Sauve-toi toi-même, et nous aussi ! »40Mais l’autre lui fit de vifs reproches : « Tu ne crains donc pas Dieu ! Tu es pourtant un condamné, toi aussi !41Et puis, pour nous, c’est juste : après ce que nous avons fait, nous avons ce que nous méritons. Mais lui, il n’a rien fait de mal. »42Et il disait : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume. »43Jésus lui déclara : « Amen, je te le dis : aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. »
Acclamons la Parole de Dieu.
Les lectures de cette messe
- Première lecture 2 S 5, 1-3« Ils donnèrent l’onction à David pour le faire roi sur Israël »
- Psaume Ps 121 (122), 1-2, 3-4, 5-6
- Deuxième lecture Col 1, 12-20« Dieu nous a placés dans le Royaume de son Fils bien-aimé »
Comprendre ce passage
Marche vers le supplice, crucifixion et mort de JésusLuc 23, 26-48
Le chemin du supplice et Simon de Cyrène
Le condamné portait la traverse horizontale (patibulum), le poteau vertical restant fiché à demeure. Épuisé par la flagellation, Jésus défaille, et les soldats réquisitionnent un passant, droit romain de l'angaria. Simon de Cyrène, juif de la diaspora venu d'Afrique du Nord pour la Pâque, se trouve ainsi chargé de la croix « derrière » Jésus. Tout se passe hors les murs, car la Loi reléguait l'impur loin du camp (Lv 24, 14 ; He 13, 12).
La crucifixion, supplice infamant
La crucifixion était le châtiment romain le plus infamant, réservé aux esclaves et aux rebelles. L'agonie, lente, durait des heures, le supplicié exposé nu le long d'une voie passante. Pour un Juif s'ajoutait l'horreur de la malédiction attachée au pendu au bois (Dt 21, 23), que saint Paul retournera en mystère de salut (Ga 3, 13). Le Golgotha (« le Crâne », Calvaria en latin) désigne un tertre rocheux proche des portes.
Les femmes de Jérusalem
Propre à Luc, ce cortège de femmes qui se frappent la poitrine et se lamentent prolonge la place que le troisième évangile leur accorde. Jésus les retourne vers elles-mêmes et vers l'avenir tragique de la ville : « pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants ». Reprenant un langage prophétique (Os 10, 8), il annonce le jugement qui frappera Jérusalem en l'an 70. La sentence finale (« si l'on traite ainsi le bois vert, qu'adviendra-t-il du bois sec ? ») oppose l'innocent au coupable.
« Père, pardonne-leur »
Première des trois paroles en croix que rapporte Luc, cette prière révèle le cœur du mystère : Jésus intercède pour ses bourreaux au moment même où ils le clouent. Il accomplit ainsi son propre enseignement, « aimez vos ennemis » (Lc 6, 27-28), et inaugure la lignée des martyrs, qu'Étienne imitera (Ac 7, 60). L'ignorance invoquée n'excuse pas la faute, mais ouvre la porte du pardon et laisse place à la conversion.
Les outrages et la tentation finale
Chefs, soldats et l'un des crucifiés se moquent en triple vague : « qu'il se sauve lui-même s'il est le Messie ! » Le verbe sōzein (sauver) revient comme un refrain ironique, car Jésus sauve précisément en ne se sauvant pas. L'écriteau (« Celui-ci est le roi des Juifs ») proclame une vérité royale. Le « sauve-toi toi-même » fait écho aux tentations du désert (Lc 4, 9-12) : dernière offensive du Tentateur, invitant le Fils à refuser la Croix.
Le bon larron
Scène propre à Luc et sommet de sa théologie de la miséricorde. L'un des malfaiteurs reconnaît sa faute, confesse l'innocence de Jésus, puis supplie : « souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume », acte de foi en un crucifié comme roi. La réponse dépasse la demande : « aujourd'hui (sēmeron), tu seras avec moi dans le paradis ». Cet « aujourd'hui » cher à Luc dit l'immédiateté du salut ; le paradeisos, jardin retrouvé, ouvre l'Éden perdu.
La mort de Jésus
Trois signes scellent ce moment : les ténèbres sur tout le pays (Am 8, 9), le voile du Temple déchiré, l'ancien culte achevé, l'accès à Dieu désormais ouvert (He 10, 19-20), et la dernière parole. Là où Marc rapporte un cri de déréliction, Luc place une citation paisible du psaume : « Père, entre tes mains je remets mon esprit » (Ps 31, 6). Jésus meurt dans la confiance filiale, maître de l'heure. Le centurion païen confesse : « vraiment, cet homme était juste » ; les foules s'en retournent en se frappant la poitrine.
Pardonner comme Jésus
Du haut de la croix, Jésus ne maudit pas mais pardonne : suprême révélation de l'amour qui ne se reprend pas. Demander la grâce de pardonner ceux qui nous blessent, jusqu'à prier pour eux, est le sommet de la charité chrétienne et la marque la plus sûre du disciple. Là où l'instinct réclame vengeance, l'Esprit du Crucifié rend capable de bénir.
« Aujourd'hui, avec moi dans le paradis »
Le bon larron est la grande espérance des pécheurs : il n'est jamais trop tard, et la miséricorde accueille quiconque se tourne vers le Christ, fût-ce au dernier souffle. Une vie d'égarements peut s'achever en un instant de foi vraie. Cette scène interdit pourtant la présomption autant que le désespoir : nul repentir sincère n'est rejeté, mais nul ne diffère sa conversion sans péril.
« Entre tes mains je remets mon esprit »
La dernière parole de Jésus devient le modèle de l'abandon confiant au Père. L'Église en a fait la prière du soir et de l'agonie (complies), remettant chaque jour et finalement toute la vie entre les mains de Dieu. Mourir ainsi suppose d'avoir d'abord vécu dans cette confiance, déposant ses peurs et son avenir en Celui qui nous garde. La mort devient alors un acte de foi.
Porter sa croix avec Simon
D'abord contraint, Simon de Cyrène devient l'image du disciple qui porte la croix derrière Jésus, selon l'appel du Seigneur (Lc 9, 23). La tradition voit en lui un converti, dont les fils seront connus de la première Église (Mc 15, 21). Nos épreuves, subies malgré nous, peuvent se changer en chemin de grâce lorsqu'on les accueille à sa suite : la croix imposée devient alors croix portée par amour.
Cette semaine
- Dimanche 23 Notre Seigneur Jésus Christ Roi de l'Univers Lc 23, 35-43
- Lundi 24 Lundi de la 34e semaine du Temps Ordinaire Lc 21, 1-4
- Mardi 25 Mardi de la 34e semaine du Temps Ordinaire Lc 21, 5-11
- Mercredi 26 Mercredi de la 34e semaine du Temps Ordinaire Lc 21, 12-19
- Jeudi 27 Jeudi de la 34e semaine du Temps Ordinaire Lc 21, 20-28
- Vendredi 28 Vendredi de la 34e semaine du Temps Ordinaire Lc 21, 29-33
- Samedi 29 Samedi de la 34e semaine du Temps Ordinaire Lc 21, 34-36
Calendrier et lectures selon l'AELF, ordo de la zone Luxembourg. Zone : RomeFranceCanadaBelgiqueSuisseLuxembourgAfrique