L'Évangile du jour

Mardi 30 septembre 2025

Mardi de la 26e semaine du Temps ordinaire

S. Jérôme, prêtre et docteur de l'Église · Mémoire

Mémoire Temps ordinaire Année impaire Ornements blancs

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Luc 9, 51-56

« Jésus, le visage déterminé, prit la route de Jérusalem »

Alléluia. Alléluia.
Le Fils de l’homme est venu pour servir,
et donner sa vie en rançon pour la multitude.
Alléluia.

51Comme s’accomplissait le temps où il allait être enlevé au ciel, Jésus, le visage déterminé, prit la route de Jérusalem.52Il envoya, en avant de lui, des messagers ; ceux-ci se mirent en route et entrèrent dans un village de Samaritains pour préparer sa venue.53Mais on refusa de le recevoir, parce qu’il se dirigeait vers Jérusalem.54Voyant cela, les disciples Jacques et Jean dirent : « Seigneur, veux-tu que nous ordonnions qu’un feu tombe du ciel et les détruise ? »55Mais Jésus, se retournant, les réprimanda.56Puis ils partirent pour un autre village.

Acclamons la Parole de Dieu.

Lire le chapitre 9 de saint Luc avec ses commentaires

Les lectures de cette messe

  • Lecture Za 8, 20-23« Des peuples nombreux viendront à Jérusalem chercher le Seigneur »
  • Psaume Ps 86 (87), 1-3, 4, 5, 6-7

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Comprendre ce passage

Le grand départ de JésusLuc 9, 51

Contexte historique et social

Un tournant solennel dans l'évangile

Ce verset ouvre la grande « montée vers Jérusalem » (9, 51 – 19, 27), vaste section centrale propre à Luc, souvent appelée « récit de voyage ». Le ton se fait soudain plus grave : après la Galilée des guérisons et des foules, Jésus sait désormais où il va et pourquoi. La phrase a une ampleur quasi liturgique, comme une ouverture d'acte. À partir d'ici, tout l'enseignement se donnera en chemin, le regard fixé sur la Ville sainte, et le lecteur est convié à entrer dans cette marche résolue.

Jérusalem, ville du destin et de la gloire

Pour un Juif du Ier siècle, Jérusalem était bien plus qu'une capitale : cité de David, lieu du Temple et de la présence de Dieu, terme des pèlerinages des grandes fêtes. Mais elle est aussi, dans la tradition prophétique, la ville qui « tue les prophètes » (cf. Lc 13, 33-34). Luc charge donc ce nom d'une densité particulière : Jésus y montera comme on monte au sanctuaire, mais pour y offrir le sacrifice ultime. Vers cette ville convergent à la fois la mort annoncée et la glorification promise.

« Être enlevé de ce monde »

Le grec emploie un terme rare et solennel, analēmpsis, l'« enlèvement », qui désigne par avance le moment où Jésus sera retiré à la terre. Le mot englobe d'un seul regard la mort, la résurrection et l'Ascension, traitées comme un unique mystère pascal. L'arrière-plan vétérotestamentaire évoque l'enlèvement d'Élie ravi au ciel (2 R 2, 9-11). Ainsi Jérusalem n'est pas seulement le lieu du supplice, mais celui d'où le Fils sera élevé vers le Père : la croix ouvre déjà sur la gloire.

Lecture biblique et exégétique

« Il prit résolument la route »

L'expression est plus forte que nos traductions : Jésus « durcit son visage » (littéralement estērisen to prosōpon) pour aller à Jérusalem. C'est un écho direct du Serviteur souffrant d'Isaïe : « j'ai rendu mon visage dur comme un caillou… je sais que je ne serai pas confondu » (Is 50, 7). Loin d'une fatalité subie, le verbe dit la détermination libre de celui qui marche vers la croix non en victime résignée, mais en acteur souverain de son offrande, déjà tourné vers la victoire.

« Comme s'accomplissait le temps »

Luc note que cela survient « comme s'accomplissaient les jours » : le temps de Jésus n'est pas livré au hasard mais obéit à un dessein providentiel, à une « heure » fixée par le Père. Le terme grec (symplērousthai) suggère une mesure qui se remplit jusqu'au bord, une plénitude qui arrive à terme. Tout le ministère antérieur trouve ici son orientation : il n'était qu'une montée vers ce sommet, et chaque pas désormais s'inscrit dans l'accomplissement des Écritures et du plan de salut.

Le centre de l'évangile

À partir de ce verset, la géographie devient théologie : chaque rencontre, chaque parabole, chaque controverse se situe sur le chemin de la Passion, comme autant d'étapes d'un long pèlerinage. Luc structure ainsi son récit autour de cette tension vers Jérusalem, qu'il rappellera (9, 53 ; 13, 22 ; 17, 11 ; 18, 31). Le disciple est invité à se mettre en route à la suite du Maître : comprendre l'évangile, c'est accepter de marcher avec lui vers la Ville où tout s'accomplira.

Un nouvel Exode

Quelques versets plus haut, lors de la Transfiguration, Moïse et Élie parlaient de son « départ » (exodos) qui allait s'accomplir à Jérusalem (Lc 9, 31). Ce vocabulaire n'est pas neutre : Jésus est le nouveau Moïse conduisant un nouvel Exode, non plus de l'Égypte vers la Terre promise, mais de la mort vers la vie, par sa Pâque. Le grand départ de 9, 51 prolonge cette annonce : la montée vers Jérusalem est la traversée pascale qui libère l'humanité et ouvre le passage vers le Père.

Pour la vie spirituelle et pratique

Vouloir, avec le Christ, la volonté du Père

Jésus avance librement vers ce qui lui coûte, par amour et par obéissance, sans se dérober ni attendre passivement les événements. À sa suite, le chrétien est appelé à vouloir ce que Dieu demande, même quand la route est rude et l'issue redoutée. La sainteté n'est pas d'abord une affaire de sentiment, mais d'une volonté livrée : faire sienne, jour après jour, la prière du Fils, « non pas ma volonté, mais la tienne » (cf. Lc 22, 42), et marcher d'un cœur uni à celui du Père.

Tourner résolument son visage

Il y a, dans chaque vie, une « Jérusalem » : un appel exigeant, un don à faire, une épreuve à traverser, une fidélité qui demande du courage. La résolution de Jésus, ce visage tourné sans retour vers la croix, inspire la fermeté de s'y engager sans tergiverser ni regarder en arrière. Décider une fois pour toutes, puis tenir le cap dans les détails de chaque jour : telle est la constance des saints, qui transforme une bonne intention en chemin réellement parcouru.

Marcher à sa suite, en chemin

Toute la vie chrétienne est une montée vers la Jérusalem d'en haut (cf. Ga 4, 26 ; Ap 21), en compagnie du Christ qui ouvre la route. Se savoir en chemin, et non arrivé, donne sens aux étapes, aux lenteurs et aux épreuves : chaque jour devient un pas de pèlerin. Cette conscience préserve à la fois de l'impatience et du découragement, car le terme est sûr et c'est le Seigneur lui-même qui précède et accompagne le voyageur jusqu'à la cité promise.

Vivre sous le regard de l'heure de Dieu

Comme Jésus voyait « s'accomplir le temps », le croyant est invité à lire sa propre vie sous le signe d'une heure voulue par Dieu, et non d'un hasard sans direction. Reconnaître que nos jours ont un terme et un dessein délivre de l'agitation comme de la résignation : il s'agit d'accueillir le moment présent comme une étape du plan divin. Cette confiance dans la providence donne à l'existence sa gravité paisible et oriente le cœur vers l'espérance du face-à-face final.

Cette semaine

  1. Dimanche 28 26e dimanche du Temps ordinaire Lc 16, 19-31
  2. Lundi 29 Saint Michel, Saint Gabriel et Saint Raphaël, Archanges Jn 1, 47-51
  3. Mardi 30 Mardi de la 26e semaine du Temps ordinaire Lc 9, 51-56
  4. Mercredi 1 Mercredi de la 26e semaine du Temps ordinaire Lc 9, 57-62
  5. Jeudi 2 Jeudi de la 26e semaine du Temps ordinaire Mt 18, 1-5.10
  6. Vendredi 3 Vendredi de la 26e semaine du Temps ordinaire Lc 10, 13-16
  7. Samedi 4 Samedi de la 26e semaine du Temps ordinaire Lc 10, 17-24

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