L'Évangile du jour
Mercredi 6 août 2025
Transfiguration du Seigneur
Fête
Fête Temps ordinaire Année C Ornements blancs
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc
« Pendant qu’il priait, l’aspect de son visage devint autre »
Alléluia. Alléluia.
Celui-ci est mon Fils bien-aimé,
en qui je trouve ma joie :
écoutez-le !
Alléluia.
28Environ huit jours après avoir prononcé ces paroles, Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques, et il gravit la montagne pour prier.29Pendant qu’il priait, l’aspect de son visage devint autre, et son vêtement devint d’une blancheur éblouissante.30Voici que deux hommes s’entretenaient avec lui : c’étaient Moïse et Élie,31apparus dans la gloire. Ils parlaient de son départ qui allait s’accomplir à Jérusalem.32Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil ; mais, restant éveillés, ils virent la gloire de Jésus, et les deux hommes à ses côtés.33Ces derniers s’éloignaient de lui, quand Pierre dit à Jésus : « Maître, il est bon que nous soyons ici ! Faisons trois tentes : une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. » Il ne savait pas ce qu’il disait.34Pierre n’avait pas fini de parler, qu’une nuée survint et les couvrit de son ombre ; ils furent saisis de frayeur lorsqu’ils y pénétrèrent.35Et, de la nuée, une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi : écoutez-le ! »36Et pendant que la voix se faisait entendre, il n’y avait plus que Jésus, seul. Les disciples gardèrent le silence et, en ces jours-là, ils ne rapportèrent à personne rien de ce qu’ils avaient vu.
Acclamons la Parole de Dieu.
Les lectures de cette messe
- Lecture Dn 7, 9-10.13-14« Son habit était blanc comme la neige »
- Lecture 2 P 1, 16-19« Cette voix venant du ciel, nous l’avons nous-mêmes entendue »
- Psaume Ps 96, 1-2, 4-5, 6.9
Comprendre ce passage
La TransfigurationLuc 9, 28-36
La montagne et la prière
« Environ huit jours » après la confession de Pierre et la première annonce de la Passion, Jésus gravit la montagne avec Pierre, Jean et Jacques. Dans la Bible, le sommet est le lieu par excellence de la rencontre de Dieu : Moïse au Sinaï, Élie à l'Horeb. La tradition a souvent reconnu ici le mont Thabor, en Galilée, sans certitude topographique. Trait propre à Luc, c'est « pendant qu'il priait » que son visage se transforme : la Transfiguration jaillit de la prière, comme le baptême et le choix des Douze (cf. 3, 21 ; 6, 12).
Moïse et Élie, la Loi et les Prophètes
Aux côtés du Christ glorieux paraissent Moïse et Élie, figures de la Loi et des Prophètes : tout l'Ancien Testament rend témoignage à Jésus et trouve en lui son accomplissement. Tous deux, dans l'Écriture, ont rencontré Dieu sur une montagne et connu un terme mystérieux : Moïse enseveli par Dieu seul (Dt 34), Élie enlevé sur un char de feu (2 R 2). Une tradition juive attendait leur retour aux derniers temps ; leur présence signale donc l'entrée dans l'accomplissement des promesses.
Les trois témoins et le secret
Jésus ne prend avec lui que trois disciples, le cercle restreint qui l'accompagnera aussi à la résurrection de la fille de Jaïre et à Gethsémani. Selon la Loi, « sur la parole de deux ou trois témoins » une chose est établie (Dt 19, 15) : ces trois suffiront à attester la gloire entrevue. Luc note enfin qu'ils gardèrent d'abord le silence, conscients d'avoir touché un mystère qui ne se livre qu'à la lumière de Pâques.
La gloire qui transparaît
L'« aspect de son visage » devient autre et son vêtement d'une blancheur fulgurante : ce n'est pas une lumière reçue du dehors, comme le visage rayonnant de Moïse au Sinaï (Ex 34), mais la gloire même du Fils qui affleure de l'intérieur. Pierre y verra plus tard le gage de l'avènement glorieux (2 P 1, 16-18). La tradition y contemple un avant-goût de la divinité voilée sous l'humanité, révélée un instant aux yeux des disciples.
L'« exode » de Jérusalem
Détail unique chez Luc, Moïse et Élie parlent de son « départ » (en grec exodos) « qu'il allait accomplir à Jérusalem ». Le mot évoque le grand Exode d'Israël : la Passion sera la véritable sortie qui libère le peuple, non d'Égypte, mais du péché et de la mort. La gloire de la montagne est donc tout entière tournée vers la croix ; elle relie cette scène au « grand départ » de 9, 51. La gloire éclaire la croix, et la croix conduit à la gloire.
La nuée et la voix du Père
Une nuée survient et les couvre de son ombre : c'est la Shekinah, la présence de Dieu qui jadis remplissait la Tente et le Temple (Ex 40 ; 1 R 8). Du sein de la nuée, le Père parle, comme au baptême, mais avec un ordre nouveau : « Celui-ci est mon Fils, mon Élu : écoutez-le ! » La formule renvoie au prophète semblable à Moïse qu'il faudra écouter (Dt 18, 15) et au Serviteur « élu » d'Isaïe (Is 42, 1). Elle atteste la divinité du Fils et commande l'obéissance à sa parole.
Le sommeil, les tentes et « Jésus seul »
Les disciples sont « accablés de sommeil », comme ils le seront à Gethsémani : l'homme peine à se tenir éveillé devant le mystère. Réveillés, ils voient la gloire ; et Pierre, ébloui, veut « dresser trois tentes » pour fixer l'instant, « ne sachant ce qu'il disait ». Son désir mêle la nostalgie de la fête juive des Tentes et la tentation de retenir la consolation. Puis tout s'efface : « Jésus seul ». La vision est donnée non pour s'y installer, mais pour fortifier en vue de l'épreuve.
La prière transfigure
C'est en priant que Jésus resplendit, et c'est la prière qui transforme peu à peu celui qui s'y livre. Saint Paul le dira : « nous sommes transfigurés en cette même image, de gloire en gloire » (2 Co 3, 18). L'oraison persévérante est le lieu où, déjà, transparaît la gloire des enfants de Dieu, où le cœur s'ajuste au Christ et se laisse intérieurement remodeler à son image, dans l'attente de la ressemblance plénière.
« Écoutez-le »
L'unique consigne du Père est d'écouter le Fils. Toute la vie chrétienne tient dans cette écoute obéissante de sa Parole, jusque dans ce qui dérange, l'annonce de la croix que Pierre, peu avant, refusait d'entendre. Écouter, dans la Bible, c'est aussi obéir ; il ne suffit pas d'admirer la lumière du Thabor, il faut suivre Celui qui, du haut de la montagne, redescend résolument vers Jérusalem et sa Passion.
Descendre de la montagne
On ne campe pas sur le Thabor : après la lumière, il faut redescendre vers la vallée, où attend déjà l'enfant tourmenté (la scène suivante). Les grâces de la prière et des consolations spirituelles ne sont pas données pour elles-mêmes, mais pour soutenir dans l'épreuve et le service du prochain. La contemplation s'achève dans la charité ; vouloir s'y arrêter, comme Pierre, serait méconnaître le sens même du don reçu.
L'espérance de la gloire
La Transfiguration est un avant-goût de notre destinée : être un jour, corps et âme, transfigurés avec le Christ ressuscité, configurés « à son corps de gloire » (Ph 3, 21). Cette espérance affermit dans les combats du chemin et donne sens à la croix : la souffrance présente n'est pas sans terme, mais ordonnée à la gloire promise. Entrevoir, fût-ce un instant, cette lumière, c'est recevoir de quoi tenir bon dans la nuit.
Cette semaine
- Dimanche 3 18e dimanche du Temps ordinaire Lc 12, 13-21
- Lundi 4 Lundi de la 18e semaine du Temps ordinaire —
- Mardi 5 Mardi de la 18e semaine du Temps ordinaire —
- Mercredi 6 Transfiguration du Seigneur Lc 9, 28b-36
- Jeudi 7 Jeudi de la 18e semaine du Temps ordinaire Mt 16, 13-23
- Vendredi 8 Vendredi de la 18e semaine du Temps ordinaire Mt 16, 24-28
- Samedi 9 Samedi, de la férie, 18e semaine du Temps ordinaire Mt 17, 14-20
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