L'Évangile du jour
Dimanche 22 juin 2025
Le Saint Sacrement du corps et du sang du Christ
Solennité · (Si cette solennité ne vous concerne pas prendre la célébration de ce jour dans le : Calendrier romain)
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Évangile de Jésus Christ selon saint Luc
« Ils mangèrent et ils furent tous rassasiés »
Alléluia. Alléluia.
Moi, je suis le pain vivant qui est descendu du ciel, dit le Seigneur ;
si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement.
Alléluia.
11Les foules s’en aperçurent et le suivirent. Il leur fit bon accueil ; il leur parlait du règne de Dieu et guérissait ceux qui en avaient besoin.12Le jour commençait à baisser. Alors les Douze s’approchèrent de lui et lui dirent : « Renvoie cette foule : qu’ils aillent dans les villages et les campagnes des environs afin d’y loger et de trouver des vivres ; ici nous sommes dans un endroit désert. »13Mais il leur dit : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. » Ils répondirent : « Nous n’avons pas plus de cinq pains et deux poissons. À moins peut-être d’aller nous-mêmes acheter de la nourriture pour tout ce peuple. »14Il y avait environ cinq mille hommes. Jésus dit à ses disciples : « Faites-les asseoir par groupes de cinquante environ. »15Ils exécutèrent cette demande et firent asseoir tout le monde.16Jésus prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux au ciel, il prononça la bénédiction sur eux, les rompit et les donna à ses disciples pour qu’ils les distribuent à la foule.17Ils mangèrent et ils furent tous rassasiés ; puis on ramassa les morceaux qui leur restaient : cela faisait douze paniers.
Acclamons la Parole de Dieu.
Les lectures de cette messe
- Première lecture Gn 14, 18-20Melkisédek offre le pain et le vin
- Psaume Ps 109 (110), 1, 2, 3, 4
- Deuxième lecture 1 Co 11, 23-26« Chaque fois que vous mangez ce pain et buvez cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur »
Comprendre ce passage
Jésus nourrit cinq mille hommesLuc 9, 10-17
Le retour de mission et la retraite à Bethsaïde
Le récit s'ouvre au retour des Apôtres, qui rapportent à Jésus tout ce qu'ils ont fait au cours de leur première envoi en mission (9, 1-6). Jésus les emmène à l'écart, vers Bethsaïde, bourgade de pêcheurs sur la rive nord-est du lac de Galilée. Luc situe ainsi la multiplication dans un climat de repos et de formation des Douze. Mais la foule, avide d'enseignement et de guérison, les rejoint : le désert devient le théâtre d'une révélation, comme jadis pour Israël nourri de la manne.
Le lieu désert et l'heure tardive
Le jour baisse (l'expression grecque évoque le déclin du soleil vers le soir), et l'on se trouve « dans un lieu désert », loin des villages. Cette double mention, le temps et le lieu, dramatise la situation : ni provisions, ni auberge à portée. Les Douze, pris d'un souci tout pratique, proposent de renvoyer la foule pour qu'elle trouve gîte et nourriture aux alentours. Leur prudence raisonnable prépare, par contraste, le geste inouï que Jésus s'apprête à poser sous leurs yeux.
Cinq pains, deux poissons, cinq mille hommes
Les ressources sont dérisoires : « cinq pains et deux poissons », la maigre réserve d'un repas ordinaire en Galilée, où le pain d'orge et le poisson séché du lac formaient l'ordinaire des pauvres. En face, cinq mille hommes, et l'on ne compte ni les femmes ni les enfants. Acheter de quoi nourrir une telle multitude eût exigé près de deux cents deniers, soit plus de six mois de salaire d'un ouvrier (cf. Mc 6, 37). Humainement, la situation est sans issue.
« Donnez-leur vous-mêmes à manger »
L'ordre de Jésus, « Donnez-leur vous-mêmes à manger », renvoie d'abord les disciples à leur impuissance : ils n'ont rien, ou presque. Mais il les charge en même temps d'une vraie responsabilité. Le pain qu'ils ne peuvent produire passera pourtant par leurs mains pour atteindre la foule. Se dessine ici la mission de l'Église, qui ne crée pas la grâce mais la transmet fidèlement : intendante d'un don qui la dépasse, elle distribue ce qu'elle reçoit du Christ, sans jamais en être la source.
Les gestes de l'Eucharistie
Jésus fait asseoir la foule « par groupes de cinquante », ordre qui rappelle l'organisation d'Israël au désert (Ex 18, 21) et la communauté rassemblée. Puis il « prit les cinq pains…, leva les yeux au ciel, prononça la bénédiction, les rompit et les donnait aux disciples ». Cette série de quatre verbes reproduit exactement les gestes de la Cène (Lc 22, 19) et de chaque Eucharistie. Le récit ne se contente pas de raconter un prodige : il annonce par avance le mystère du Pain rompu pour la multitude.
Le pain de la Pâque et l'arrière-plan vétérotestamentaire
La scène se lit sur la trame de l'Ancien Testament. Comme Moïse vit le peuple nourri de la manne au désert (Ex 16), Jésus rassasie la foule en un lieu sans ressources. Plus encore, le miracle évoque Élisée multipliant vingt pains d'orge pour cent hommes, avec des restes (2 R 4, 42-44) : Jésus accomplit et surpasse les prophètes. Le désert, lieu de l'Alliance, redevient le lieu où Dieu prend soin de son peuple affamé, révélant en Jésus le Pasteur attendu d'Israël.
Les douze paniers
« Tous furent rassasiés », note Luc : le verbe dit la satiété pleine, non la simple subsistance. Et l'on recueille douze paniers de morceaux, un par Apôtre. Ce chiffre n'est pas fortuit : il signe la surabondance du don et sa destination aux douze tribus d'Israël rassemblé autour du Christ. Loin d'épuiser ses réserves, le Seigneur laisse un excédent : Dieu donne sans mesure, et ce qui reste figure déjà l'inépuisable largesse du Royaume confié aux mains des Douze.
Offrir son peu
Tout le miracle part de cinq pains et deux poissons remis entre les mains de Jésus. Rien n'eût été multiplié si rien n'avait d'abord été donné. Notre vie spirituelle obéit à la même loi : offrir notre peu (temps, talents, pauvres moyens, faiblesses même) et le déposer avec confiance devant le Seigneur. Lui seul multiplie au-delà de tout calcul. Rien d'offert avec amour n'est trop petit pour Dieu ; et rien de gardé pour soi ne fructifie vraiment.
L'Eucharistie, pain de la foule
Ce pain partagé au désert prophétise le Pain de vie que Jésus donnera en sa chair (Jn 6). Comme la foule rassasiée, le croyant est aujourd'hui nourri par le Christ au cœur de la Messe, où se renouvellent les gestes mêmes de la multiplication. L'Église ne cesse de rompre et de distribuer ce pain à un monde affamé, affamé de pain, mais plus encore de sens, d'espérance et de Dieu. Communier, c'est s'asseoir parmi cette foule que le Seigneur veut combler.
Coopérer au don de Dieu
« Donnez-leur vous-mêmes à manger » : Dieu veut nos mains. La grâce ne nous dispense pas d'agir ; au contraire, elle se sert de notre collaboration pour rejoindre les autres. Le Seigneur aurait pu nourrir la foule sans intermédiaire ; il a voulu passer par les disciples. Ainsi de toute œuvre de charité et d'évangélisation : Dieu agit, mais à travers des serviteurs qui se prêtent à son action. Refuser cette coopération, c'est laisser le pain inutile entre ses mains.
Croire au-delà du calcul
Devant la multitude et leurs maigres ressources, les disciples ne voient qu'impasse. La leçon est de ne pas s'arrêter au calcul humain quand le Seigneur commande. Là où nos forces s'avouent vaincues commence souvent l'œuvre de Dieu. La foi consiste à présenter notre indigence sans la mesurer, à oser le geste demandé même s'il paraît dérisoire. Le chrétien apprend ici à espérer contre toute évidence, certain que le peu confié au Christ suffit toujours pour ce qu'il veut accomplir.
Cette semaine
- Dimanche 22 Le Saint Sacrement du corps et du sang du Christ Lc 9, 11b-17
- Lundi 23 Lundi de la 12e semaine du Temps ordinaire Mt 7, 1-5
- Mardi 24 Nativité de Saint Jean Baptiste Lc 1, 57-66.80
- Mercredi 25 Mercredi de la 12e semaine du Temps ordinaire Mt 7, 15-20
- Jeudi 26 Jeudi de la 12e semaine du Temps ordinaire Mt 7, 21-29
- Vendredi 27 Sacré-Cœur de Jésus Lc 15, 3-7
- Samedi 28 Samedi de la 12e semaine du Temps ordinaireLe Cœur immaculé de Marie Lc 2, 41-51
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