L'Évangile du jour
Jeudi 29 mai 2025
Ascension du Seigneur (année C)
Solennité du Seigneur
Solennité Temps pascal Année C Ornements blancs
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc
« Tandis qu’il les bénissait, il était emporté au ciel »
Alléluia. Alléluia.
De toutes les nations, faites des disciples,
dit le Seigneur.
Moi, je suis avec vous tous les jours
jusqu’à la fin du monde.
Alléluia.
46Il leur dit : « Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait, qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour,47et que la conversion serait proclamée en son nom, pour le pardon des péchés, à toutes les nations, en commençant par Jérusalem.48À vous d’en être les témoins.49Et moi, je vais envoyer sur vous ce que mon Père a promis. Quant à vous, demeurez dans la ville jusqu’à ce que vous soyez revêtus d’une puissance venue d’en haut. »50Puis Jésus les emmena au dehors, jusque vers Béthanie ; et, levant les mains, il les bénit.51Or, tandis qu’il les bénissait, il se sépara d’eux et il était emporté au ciel.52Ils se prosternèrent devant lui, puis ils retournèrent à Jérusalem, en grande joie.53Et ils étaient sans cesse dans le Temple à bénir Dieu.
Acclamons la Parole de Dieu.
Les lectures de cette messe
- Première lecture Ac 1, 1-11« Tandis que les Apôtres le regardaient, il s’éleva »
- Psaume Ps 46 (47), 2-3, 6-7, 8-9
- Deuxième lecture He 9, 24-28 ; 10, 19-23« Le Christ est entré dans le ciel lui-même »
Comprendre ce passage
L'apparition aux DouzeLuc 24, 36-49
Le soir de Pâques, à Jérusalem
La scène se déroule le soir même du premier jour de la semaine, alors que les disciples d'Emmaüs viennent de rentrer raconter leur rencontre. Le groupe est rassemblé, sans doute dans une maison de Jérusalem, portes closes par crainte des autorités. Luc situe délibérément toutes les apparitions dans la ville sainte : c'est de là, centre du dessein de Dieu et lieu de la Passion, que partira l'annonce du salut. La communauté apeurée et dispersée va y être refondée autour du Ressuscité.
Une vraie résurrection corporelle
Surpris par cette présence soudaine, les disciples, effrayés, croient voir un esprit (pneuma), un fantôme, comme l'Antiquité en redoutait. Jésus écarte fermement cette idée : il se montre dans un corps réel, à la fois glorifié et portant les plaies de la croix, et va jusqu'à manger devant eux. Pour les Pères, ce réalisme est une réfutation anticipée du docétisme, qui prétendra que le Christ n'a souffert qu'en apparence : la chair du Sauveur n'est pas illusion, mais bien ressuscitée.
« La paix soit avec vous »
La première parole du Ressuscité est une salutation familière en Israël, le shalom que l'on échange en se rencontrant. Mais sur ses lèvres, au soir de Pâques, elle devient bien davantage : le don pascal de la paix promise, fruit de la victoire sur le péché et la mort. Cette parole apaise la frayeur, recrée le lien rompu par la fuite des disciples et ouvre la rencontre. Le salut habituel se charge ainsi de tout le poids de la réconciliation offerte par Dieu.
« C'est bien moi » : les plaies et le repas
« Touchez-moi, voyez : un esprit n'a ni chair ni os. » Jésus montre ses mains et ses pieds marqués par les clous, puis mange un morceau de poisson grillé. Le corps ressuscité tient ensemble continuité et nouveauté : c'est le même corps, reconnaissable à ses plaies, et pourtant transfiguré, libre des contraintes de l'espace. L'enjeu est l'identité entre le Crucifié et le Ressuscité : celui qui se tient vivant au milieu d'eux est bien celui-là même qu'on a cloué au bois et déposé au tombeau.
« Il leur ouvrit l'intelligence des Écritures »
Comme sur la route d'Emmaüs un peu plus tôt, Jésus rappelle que « tout ce qui est écrit de moi dans la Loi, les Prophètes et les Psaumes doit s'accomplir ». Cette triple mention recouvre l'ensemble des Écritures juives. Le Ressuscité « ouvre l'intelligence » des disciples : la résurrection devient la clé qui éclaire rétrospectivement toute la Bible. Ce que les prophètes annonçaient obscurément trouve en lui son sens plénier ; lire les Écritures, désormais, c'est y reconnaître partout le mystère pascal déjà inscrit.
L'annonce universelle
« Il fallait (edei) que le Christ souffre et ressuscite le troisième jour. » Ce il faut exprime la nécessité du dessein divin, non une fatalité aveugle. À la Passion et à la Résurrection s'ajoute aussitôt leur fruit : que « la conversion et le pardon des péchés soient proclamés à toutes les nations, à commencer par Jérusalem ». On reconnaît là, en germe, le programme des Actes des Apôtres : l'Évangile rayonnant de la ville sainte jusqu'aux extrémités de la terre, selon l'horizon universel cher à Luc.
« Vous êtes témoins » et la promesse du Père
« Vous êtes témoins de ces choses. » Les disciples ne sont pas de simples spectateurs : ils deviennent garants de ce qu'ils ont vu et touché, fondement de la prédication apostolique. Mais ce témoignage dépasse leurs forces : « J'envoie sur vous ce que mon Père a promis », l'Esprit Saint. D'où la consigne : « restez à la ville jusqu'à ce que vous soyez revêtus de la force d'en haut ». Ainsi s'annoncent déjà la Pentecôte et le temps de l'attente priante qui la prépare.
La paix du Ressuscité
La première chose que le Christ offre aux siens est sa paix, et c'est elle qu'il continue d'offrir. Cette paix pascale n'est pas l'absence d'épreuves, mais une assurance qui dissipe la peur jusqu'au fond même des troubles. Accueillir ce don, le laisser pénétrer nos craintes et nos blessures, c'est consentir à ce que la victoire du Ressuscité touche le cœur. Au milieu de nos portes closes et de nos angoisses, le Vivant se tient toujours là, redisant : « La paix soit avec vous. »
La foi en la résurrection de la chair
En montrant ses plaies et en partageant un repas, Jésus atteste qu'il est ressuscité « en chair », et non comme un pur souvenir ou un symbole. Cette vérité fonde une espérance très concrète : son corps glorifié est le gage de la résurrection promise à nos propres corps. La foi chrétienne ne méprise pas la chair ni ne la réduit à une enveloppe : elle attend sa transfiguration. Croire au Ressuscité, c'est espérer pour tout ce que nous sommes, corps et âme.
L'Écriture comprise dans le Christ
Comme aux disciples, il nous faut demander au Ressuscité l'intelligence des Écritures. La Bible n'est pleinement comprise que lue orientée vers lui, qui en est le centre et l'accomplissement. Sans cette lumière pascale, la Loi, les Prophètes et les Psaumes restent une lettre obscure ; éclairés par lui, ils deviennent chemin vers le salut. Prier sur la Parole, c'est laisser le Christ « ouvrir notre intelligence » et brûler notre cœur, comme sur la route d'Emmaüs.
Témoins, dans la force de l'Esprit
À la suite des Douze, nous sommes envoyés témoins de la conversion et du pardon offerts à tous. Mais cette mission ne s'accomplit pas par nos seules ressources : il faut être « revêtus de la force d'en haut ». Avant d'annoncer, les Apôtres doivent attendre et prier. À nous de même de demander sans cesse l'Esprit Saint, source de toute fécondité apostolique, et de ne rien entreprendre pour le Royaume qui ne s'enracine d'abord dans la prière.
Cette semaine
- Dimanche 25 6e dimanche de Pâques Jn 14, 23-29
- Lundi 26 Lundi de la 6e semaine du Temps pascal Jn 15, 26 – 16, 4a
- Mardi 27 Mardi de la 6e semaine du Temps pascal Jn 16, 5-11
- Mercredi 28 Mercredi de la 6e semaine du Temps pascal Jn 16, 12-15
- Jeudi 29 Ascension du Seigneur (année C) Lc 24, 46-53
- Vendredi 30 Vendredi de la 6e semaine du Temps pascal Jn 16, 20-23a
- Samedi 31 Visitation de la Bienheureuse Vierge Marie Lc 1, 39-56
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