L'Évangile du jour

Dimanche 18 mai 2025

5e dimanche de Pâques

Dimanche Temps pascal Année C Ornements blancs Semaine I du Psautier

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Jean 13, 31-33a.34-35

« Je vous donne un commandement nouveau : c’est de vous aimer les uns les autres »

Alléluia. Alléluia.
Je vous donne un commandement nouveau,
dit le Seigneur :
« Aimez-vous les uns les autres,
comme je vous ai aimés. »
Alléluia.

31Quand il fut sorti, Jésus déclara : « Maintenant le Fils de l’homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui.32Si Dieu est glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera ; et il le glorifiera bientôt.33Petits enfants, c’est pour peu de temps encore que je suis avec vous. Vous me chercherez, et, comme je l’ai dit aux Juifs : “Là où je vais, vous ne pouvez pas aller”, je vous le dis maintenant à vous aussi.34Je vous donne un commandement nouveau : c’est de vous aimer les uns les autres. Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres.35À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres. »

Acclamons la Parole de Dieu.

Lire le chapitre 13 de saint Jean avec ses commentaires

Les lectures de cette messe

  • Première lecture Ac 14, 21b-27« Ayant réuni l’Église, ils rapportèrent tout ce que Dieu avait fait avec eux »
  • Psaume Ps 144 (145), 8-9, 10-11, 12-13ab
  • Deuxième lecture Ap 21, 1-5a« Il essuiera toute larme de leurs yeux »

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Comprendre ce passage

Le commandement nouveauJean 13, 31-38

Contexte historique et social

Le seuil du discours d'adieu

Une fois Judas sorti dans la nuit, s'ouvre le grand discours après la Cène (Jn 13-17), véritable testament spirituel de Jésus. Le genre n'est pas inédit : l'Ancien Testament connaît les adieux des chefs, ainsi Jacob bénissant ses fils (Gn 49), Moïse au seuil de la Terre promise (Dt 32-33), Josué à Sichem (Jos 24). Avant de quitter les siens, le juste transmet l'essentiel. Jésus inscrit sa parole dans cette tradition, mais il la dépasse : ce n'est plus seulement une bénédiction léguée, c'est sa propre vie qu'il s'apprête à livrer.

L'heure de la glorification

« Maintenant le Fils de l'homme est glorifié » : ce maintenant (grec nyn) marque l'entrée dans l'Heure vers laquelle tout l'évangile tendait (cf. 2, 4 ; 12, 23). Pour Jean, la Passion n'est pas une défaite à compenser par Pâques ; la croix elle-même est élévation et gloire. Le verbe doxazein, répété en ces versets, tisse une réciprocité saisissante entre le Père et le Fils. Le supplice imminent devient le lieu où resplendit la doxa divine, la lumière de l'amour qui se donne jusqu'au bout.

« Mes petits enfants »

Jésus s'adresse aux Douze par une appellation rare et tendre : « petits enfants » (teknia), diminutif affectueux qu'on ne retrouve guère que sous la plume du même Jean, dans sa première lettre (1 Jn 2, 1). Le ton est celui d'un père qui rassemble ses fils au moment de partir, avec une gravité mêlée de douceur : « je ne suis plus avec vous que pour peu de temps ». Cette intimité prépare les disciples à recevoir, non un code de prescriptions, mais l'héritage d'un cœur.

Lecture biblique et exégétique

Le commandement « nouveau »

« Je vous donne un commandement nouveau : aimez-vous les uns les autres. » Aimer son prochain figure déjà dans la Loi (Lv 19, 18) ; en quoi ce précepte est-il neuf ? La nouveauté tient à la mesure donnée : « comme je vous ai aimés ». Le Christ devient à la fois la source et le modèle de la charité, jusqu'au don total de la vie. Le grec kainos désigne ce qui inaugure un ordre inédit : cet amour reçu du Christ et rendu entre frères appartient déjà au monde nouveau que sa Pâque ouvre.

Le signe distinctif des disciples

« À ceci tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l'amour les uns pour les autres. » Le critère n'est ni la doctrine professée ni les prodiges, mais l'amour mutuel rendu visible. Tertullien, au IIe siècle, rapportera l'étonnement des païens devant les chrétiens : « Voyez comme ils s'aiment. » La charité fraternelle est ainsi posée comme la carte d'identité de l'Église, le rayonnement par lequel le monde devine la présence du Ressuscité, et devient argument de crédibilité de l'Évangile.

Pierre et l'annonce du reniement

À l'annonce du départ, Pierre s'élance : « Pourquoi ne puis-je te suivre maintenant ? Je donnerai ma vie pour toi ! » Générosité sincère, mais présomptueuse, qui surestime ses propres forces. Jésus répond par une prophétie précise : « Avant que le coq chante, tu m'auras renié trois fois. » Le contraste est aigu entre l'élan du moment et la chute prochaine. La scène n'est pourtant pas sans espérance : selon Luc, Jésus a prié pour Pierre, afin que sa foi ne sombre pas et qu'il affermisse un jour ses frères (Lc 22, 32).

Pour la vie spirituelle et pratique

Aimer « comme » le Christ

La mesure de la charité chrétienne n'est plus l'amour de soi (« comme toi-même ») mais l'amour même du Christ : « comme je vous ai aimés ». C'est une barre infiniment plus haute, que nul ne peut atteindre par ses seules forces : il faut d'abord se laisser aimer pour aimer ainsi. Cet amour n'est pas un sentiment fluctuant, mais un agir concret, patient, qui pardonne et se sacrifie. Aimer de la sorte, c'est puiser sans cesse à la source ouverte de la Cène et de la croix, jusqu'à laisser le Christ aimer en nous.

La charité, premier témoignage

Si le monde reconnaît les disciples à leur amour mutuel, alors nos divisions et nos duretés entre chrétiens obscurcissent l'Évangile plus qu'aucun discours ne saurait le servir. Le premier apostolat n'est pas d'abord la parole, mais la charité fraternelle vécue jusque dans les détails de la vie commune, en famille, en paroisse, en communauté. Examiner honnêtement la qualité de notre amour entre croyants (y compris envers ceux qui nous coûtent) est une voie exigeante mais sûre de conversion et de fécondité missionnaire.

L'humilité devant sa propre faiblesse

L'élan de Pierre est généreux, mais il présume de ses forces, et la nuit même le verra tomber. Sa chute enseigne la défiance de soi et la confiance en Dieu seul : nul n'est fidèle par sa propre vertu. Pourtant le Christ ne se détourne pas de celui qui le reniera ; il a prié pour lui d'avance et le relèvera d'un seul regard. Reconnaître humblement sa fragilité, loin de décourager, ouvre le cœur à la grâce qui pardonne, restaure et fait du pécheur repenti un apôtre.

Cette semaine

  1. Dimanche 18 5e dimanche de Pâques Jn 13, 31-33a.34-35
  2. Lundi 19 Lundi de la 5e semaine du Temps pascal Jn 14, 21-26
  3. Mardi 20 Mardi de la 5e semaine du Temps pascal Jn 14, 27-31a
  4. Mercredi 21 Mercredi de la 5e semaine du Temps pascal Jn 15, 1-8
  5. Jeudi 22 Jeudi de la 5e semaine du Temps pascal Jn 15, 9-11
  6. Vendredi 23 Vendredi de la 5e semaine du Temps pascal Jn 15, 12-17
  7. Samedi 24 Samedi de la 5e semaine du Temps pascal Jn 15, 18-21

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