L'Évangile du jour
Dimanche 13 avril 2025
Dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur
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Messe de la Passion
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc
Passion de notre Seigneur Jésus Christ
Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus.
Pour nous, le Christ est devenu obéissant,
jusqu’à la mort, et la mort de la croix.
C’est pourquoi Dieu l’a exalté :
il l’a doté du Nom qui est au-dessus de tout nom.
Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus.
14Quand l’heure fut venue, Jésus prit place à table, et les Apôtres avec lui.15Il leur dit : « J’ai désiré d’un grand désir manger cette Pâque avec vous avant de souffrir !16Car je vous le déclare : jamais plus je ne la mangerai jusqu’à ce qu’elle soit pleinement accomplie dans le royaume de Dieu. »17Alors, ayant reçu une coupe et rendu grâce, il dit : « Prenez ceci et partagez entre vous.18Car je vous le déclare : désormais, jamais plus je ne boirai du fruit de la vigne jusqu’à ce que le royaume de Dieu soit venu. »19Puis, ayant pris du pain et rendu grâce, il le rompit et le leur donna, en disant : « Ceci est mon corps, donné pour vous. Faites cela en mémoire de moi. »20Et pour la coupe, après le repas, il fit de même, en disant : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang répandu pour vous.21Et cependant, voici que la main de celui qui me livre est à côté de moi sur la table.22En effet, le Fils de l’homme s’en va selon ce qui a été fixé. Mais malheureux cet homme-là par qui il est livré ! »23Les Apôtres commencèrent à se demander les uns aux autres quel pourrait bien être, parmi eux, celui qui allait faire cela.24Ils en arrivèrent à se quereller : lequel d’entre eux, à leur avis, était le plus grand ?25Mais il leur dit : « Les rois des nations les commandent en maîtres, et ceux qui exercent le pouvoir sur elles se font appeler bienfaiteurs.26Pour vous, rien de tel ! Au contraire, que le plus grand d’entre vous devienne comme le plus jeune, et le chef, comme celui qui sert.27Quel est en effet le plus grand : celui qui est à table, ou celui qui sert ? N’est-ce pas celui qui est à table ? Eh bien moi, je suis au milieu de vous comme celui qui sert.28Vous, vous avez tenu bon avec moi dans mes épreuves.29Et moi, je dispose pour vous du Royaume, comme mon Père en a disposé pour moi.30Ainsi vous mangerez et boirez à ma table dans mon Royaume, et vous siégerez sur des trônes pour juger les douze tribus d’Israël.31Simon, Simon, voici que Satan vous a réclamés pour vous passer au crible comme le blé.32Mais j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas. Toi donc, quand tu seras revenu, affermis tes frères. »33Pierre lui dit : « Seigneur, avec toi, je suis prêt à aller en prison et à la mort. »34Jésus reprit : « Je te le déclare, Pierre : le coq ne chantera pas aujourd’hui avant que toi, par trois fois, tu aies nié me connaître. »35Puis il leur dit : « Quand je vous ai envoyés sans bourse, ni sac, ni sandales, avez-vous donc manqué de quelque chose ? »36Ils lui répondirent : « Non, de rien. » Jésus leur dit : « Eh bien maintenant, celui qui a une bourse, qu’il la prenne, de même celui qui a un sac ; et celui qui n’a pas d’épée, qu’il vende son manteau pour en acheter une.37Car, je vous le déclare : il faut que s’accomplisse en moi ce texte de l’Écriture : Il a été compté avec les impies. De fait, ce qui me concerne va trouver son accomplissement. »38Ils lui dirent : « Seigneur, voici deux épées. » Il leur répondit : « Cela suffit. »39Jésus sortit pour se rendre, selon son habitude, au mont des Oliviers, et ses disciples le suivirent.40Arrivé en ce lieu, il leur dit : « Priez, pour ne pas entrer en tentation. »41Puis il s’écarta à la distance d’un jet de pierre environ. S’étant mis à genoux, il priait en disant :42« Père, si tu le veux, éloigne de moi cette coupe ; cependant, que soit faite non pas ma volonté, mais la tienne. »43Alors, du ciel, lui apparut un ange qui le réconfortait.44Entré en agonie, Jésus priait avec plus d’insistance, et sa sueur devint comme des gouttes de sang qui tombaient sur la terre.45Puis Jésus se releva de sa prière et rejoignit ses disciples qu’il trouva endormis, accablés de tristesse.46Il leur dit : « Pourquoi dormez-vous ? Relevez-vous et priez, pour ne pas entrer en tentation. »47Il parlait encore, quand parut une foule de gens. Celui qui s’appelait Judas, l’un des Douze, marchait à leur tête. Il s’approcha de Jésus pour lui donner un baiser.48Jésus lui dit : « Judas, c’est par un baiser que tu livres le Fils de l’homme ? »49Voyant ce qui allait se passer, ceux qui entouraient Jésus lui dirent : « Seigneur, et si nous frappions avec l’épée ? »50L’un d’eux frappa le serviteur du grand prêtre et lui trancha l’oreille droite.51Mais Jésus dit : « Restez-en là ! » Et, touchant l’oreille de l’homme, il le guérit.52Jésus dit alors à ceux qui étaient venus l’arrêter, grands prêtres, chefs des gardes du Temple et anciens : « Suis-je donc un bandit, pour que vous soyez venus avec des épées et des bâtons ?53Chaque jour, j’étais avec vous dans le Temple, et vous n’avez pas porté la main sur moi. Mais c’est maintenant votre heure et le pouvoir des ténèbres. »54S’étant saisis de Jésus, ils l’emmenèrent et le firent entrer dans la résidence du grand prêtre. Pierre suivait à distance.55On avait allumé un feu au milieu de la cour, et tous étaient assis là. Pierre vint s’asseoir au milieu d’eux.56Une jeune servante le vit assis près du feu ; elle le dévisagea et dit : « Celui-là aussi était avec lui. »57Mais il nia : « Non, je ne le connais pas. »58Peu après, un autre dit en le voyant : « Toi aussi, tu es l’un d’entre eux. » Pierre répondit : « Non, je ne le suis pas. »59Environ une heure plus tard, un autre insistait avec force : « C’est tout à fait sûr ! Celui-là était avec lui, et d’ailleurs il est Galiléen. »60Pierre répondit : « Je ne sais pas ce que tu veux dire. » Et à l’instant même, comme il parlait encore, un coq chanta.61Le Seigneur, se retournant, posa son regard sur Pierre. Alors Pierre se souvint de la parole que le Seigneur lui avait dite : « Avant que le coq chante aujourd’hui, tu m’auras renié trois fois. »62Il sortit et, dehors, pleura amèrement.63Les hommes qui gardaient Jésus se moquaient de lui et le rouaient de coups.64Ils lui avaient voilé le visage, et ils l’interrogeaient : « Fais le prophète ! Qui est-ce qui t’a frappé ? »65Et ils proféraient contre lui beaucoup d’autres blasphèmes.66Lorsqu’il fit jour, se réunit le collège des anciens du peuple, grands prêtres et scribes, et on emmena Jésus devant leur conseil suprême.67Ils lui dirent : « Si tu es le Christ, dis-le nous. » Il leur répondit : « Si je vous le dis, vous ne me croirez pas ;68et si j’interroge, vous ne répondrez pas.69Mais désormais le Fils de l’homme sera assis à la droite de la Puissance de Dieu. »70Tous lui dirent alors : « Tu es donc le Fils de Dieu ? » Il leur répondit : « Vous dites vous-mêmes que je le suis. »71Ils dirent alors : « Pourquoi nous faut-il encore un témoignage ? Nous-mêmes, nous l’avons entendu de sa bouche. »1L’assemblée tout entière se leva, et on l’emmena chez Pilate.2On se mit alors à l’accuser : « Nous avons trouvé cet homme en train de semer le trouble dans notre nation : il empêche de payer l’impôt à l’empereur, et il dit qu’il est le Christ, le Roi. »3Pilate l’interrogea : « Es-tu le roi des Juifs ? » Jésus répondit : « C’est toi-même qui le dis. »4Pilate s’adressa aux grands prêtres et aux foules : « Je ne trouve chez cet homme aucun motif de condamnation. »5Mais ils insistaient avec force : « Il soulève le peuple en enseignant dans toute la Judée ; après avoir commencé en Galilée, il est venu jusqu’ici. »6À ces mots, Pilate demanda si l’homme était Galiléen.7Apprenant qu’il relevait de l’autorité d’Hérode, il le renvoya devant ce dernier, qui se trouvait lui aussi à Jérusalem en ces jours-là.8À la vue de Jésus, Hérode éprouva une joie extrême : en effet, depuis longtemps il désirait le voir à cause de ce qu’il entendait dire de lui, et il espérait lui voir faire un miracle.9Il lui posa bon nombre de questions, mais Jésus ne lui répondit rien.10Les grands prêtres et les scribes étaient là, et ils l’accusaient avec véhémence.11Hérode, ainsi que ses soldats, le traita avec mépris et se moqua de lui : il le revêtit d’un manteau de couleur éclatante et le renvoya à Pilate.12Ce jour-là, Hérode et Pilate devinrent des amis, alors qu’auparavant il y avait de l’hostilité entre eux.13Alors Pilate convoqua les grands prêtres, les chefs et le peuple.14Il leur dit : « Vous m’avez amené cet homme en l’accusant d’introduire la subversion dans le peuple. Or, j’ai moi-même instruit l’affaire devant vous et, parmi les faits dont vous l’accusez, je n’ai trouvé chez cet homme aucun motif de condamnation.15D’ailleurs, Hérode non plus, puisqu’il nous l’a renvoyé. En somme, cet homme n’a rien fait qui mérite la mort.16Je vais donc le relâcher après lui avoir fait donner une correction. »
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18Ils se mirent à crier tous ensemble : « Mort à cet homme ! Relâche-nous Barabbas. »19Ce Barabbas avait été jeté en prison pour une émeute survenue dans la ville, et pour meurtre.20Pilate, dans son désir de relâcher Jésus, leur adressa de nouveau la parole.21Mais ils vociféraient : « Crucifie-le ! Crucifie-le ! »22Pour la troisième fois, il leur dit : « Quel mal a donc fait cet homme ? Je n’ai trouvé en lui aucun motif de condamnation à mort. Je vais donc le relâcher après lui avoir fait donner une correction. »23Mais ils insistaient à grands cris, réclamant qu’il soit crucifié ; et leurs cris s’amplifiaient.24Alors Pilate décida de satisfaire leur requête.25Il relâcha celui qu’ils réclamaient, le prisonnier condamné pour émeute et pour meurtre, et il livra Jésus à leur bon plaisir.26Comme ils l’emmenaient, ils prirent un certain Simon de Cyrène, qui revenait des champs, et ils le chargèrent de la croix pour qu’il la porte derrière Jésus.27Le peuple, en grande foule, le suivait, ainsi que des femmes qui se frappaient la poitrine et se lamentaient sur Jésus.28Il se retourna et leur dit : « Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi ! Pleurez plutôt sur vous-mêmes et sur vos enfants !29Voici venir des jours où l’on dira : “Heureuses les femmes stériles, celles qui n’ont pas enfanté, celles qui n’ont pas allaité !”30Alors on dira aux montagnes : “Tombez sur nous”, et aux collines : “Cachez-nous.”31Car si l’on traite ainsi l’arbre vert, que deviendra l’arbre sec ? »32Ils emmenaient aussi avec Jésus deux autres, des malfaiteurs, pour les exécuter.33Lorsqu’ils furent arrivés au lieu dit : Le Crâne (ou Calvaire), là ils crucifièrent Jésus, avec les deux malfaiteurs, l’un à droite et l’autre à gauche.34Jésus disait : « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font. » Puis, ils partagèrent ses vêtements et les tirèrent au sort.35Le peuple restait là à observer. Les chefs tournaient Jésus en dérision et disaient : « Il en a sauvé d’autres : qu’il se sauve lui-même, s’il est le Messie de Dieu, l’Élu ! »36Les soldats aussi se moquaient de lui ; s’approchant, ils lui présentaient de la boisson vinaigrée,37en disant : « Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même ! »38Il y avait aussi une inscription au-dessus de lui : « Celui-ci est le roi des Juifs. »39L’un des malfaiteurs suspendus en croix l’injuriait : « N’es-tu pas le Christ ? Sauve-toi toi-même, et nous aussi ! »40Mais l’autre lui fit de vifs reproches : « Tu ne crains donc pas Dieu ! Tu es pourtant un condamné, toi aussi !41Et puis, pour nous, c’est juste : après ce que nous avons fait, nous avons ce que nous méritons. Mais lui, il n’a rien fait de mal. »42Et il disait : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume. »43Jésus lui déclara : « Amen, je te le dis : aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. »44C’était déjà environ la sixième heure (c’est-à-dire : midi) ; l’obscurité se fit sur toute la terre jusqu’à la neuvième heure,45car le soleil s’était caché. Le rideau du Sanctuaire se déchira par le milieu.46 Alors, Jésus poussa un grand cri : « Père, entre tes mains je remets mon esprit. » Et après avoir dit cela, il expira.47À la vue de ce qui s’était passé, le centurion rendit gloire à Dieu : « Celui-ci était réellement un homme juste. »48Et toute la foule des gens qui s’étaient rassemblés pour ce spectacle, observant ce qui se passait, s’en retournaient en se frappant la poitrine.49Tous ses amis, ainsi que les femmes qui le suivaient depuis la Galilée, se tenaient plus loin pour regarder.50Alors arriva un membre du Conseil, nommé Joseph ; c’était un homme bon et juste,51qui n’avait donné son accord ni à leur délibération, ni à leurs actes. Il était d’Arimathie, ville de Judée, et il attendait le règne de Dieu.52Il alla trouver Pilate et demanda le corps de Jésus.53Puis il le descendit de la croix, l’enveloppa dans un linceul et le mit dans un tombeau taillé dans le roc, où personne encore n’avait été déposé.54C’était le jour de la Préparation de la fête, et déjà brillaient les lumières du sabbat.55Les femmes qui avaient accompagné Jésus depuis la Galilée suivirent Joseph. Elles regardèrent le tombeau pour voir comment le corps avait été placé.56Puis elles s’en retournèrent et préparèrent aromates et parfums. Et, durant le sabbat, elles observèrent le repos prescrit.
Acclamons la Parole de Dieu.
Les lectures de cette messe
- Première lecture Is 50, 4-7« Je n’ai pas caché ma face devant les outrages, je sais que je ne serai pas confondu »
- Psaume 21 (22), 8-9, 17-18a, 19-20, 22c-24a
- Deuxième lecture Ph 2 6-11« Il s’est abaissé : c’est pourquoi Dieu l’a exalté »
Les autres évangiles de ce jour
- Forme brève Luc 23, 1-49
Comprendre ce passage
Le repas du Seigneur (la Cène)Luc 22, 7-38
La préparation de la Pâque
« Le jour des azymes arriva », où l'on devait immoler l'agneau pascal. Jésus envoie en éclaireurs Pierre et Jean, leur donnant un signe : un homme portant une cruche d'eau (tâche d'ordinaire féminine, donc repérable) les mènera à la grande salle à l'étage, déjà disposée. Ce souci du détail rappelle l'entrée à Jérusalem (19, 30) et montre Jésus, loin de subir les événements, maître de l'heure de sa Pâque, qu'il prépare en Seigneur.
Le repas pascal juif
La Pâque (pesah) faisait mémoire de la sortie d'Égypte (Ex 12) : on mangeait l'agneau rôti, les pains azymes et les herbes amères, en récitant la haggadah qui racontait la libération. Le seder s'articulait autour de plusieurs coupes de vin bénies et d'une suite de bénédictions. Sur cette trame chargée de tout l'espoir d'Israël, Jésus va inscrire un sens nouveau et définitif : la délivrance figurée par l'Exode trouve son accomplissement dans le don de sa propre vie.
La salle haute et les Douze
Le repas se prend dans une vaste chambre haute, dans l'intimité réservée aux Douze, que Jésus nomme ici ses apôtres (22, 14). Jadis on mangeait la Pâque debout, prêt au départ (Ex 12, 11) ; au Ier siècle on la prenait étendu à la manière des banquets, signe d'hommes désormais libres. Ce cadre à la fois familial et solennel fait de la Cène le testament que le Maître laisse aux siens, la veille de sa Passion.
« J'ai désiré d'un grand désir manger cette Pâque »
Un désir ardent ouvre le repas : « j'ai désiré d'un grand désir manger cette Pâque avec vous avant de souffrir ». L'hébraïsme (désir... désir) en redouble l'intensité : tout l'amour du Christ pour les siens, à l'heure de se livrer, s'y exprime. Deux fois il annonce qu'il ne mangera ni ne boira plus « jusqu'à » l'accomplissement « dans le Royaume de Dieu » : la Cène, déjà, est tendue vers le banquet des noces de l'Agneau.
L'institution de l'Eucharistie
Sur le pain rompu : « ceci est mon corps, donné (didomenon) pour vous » ; sur la coupe, après le repas, « cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang, versé pour vous ». Les mots renvoient à l'Alliance scellée par le sang au Sinaï (Ex 24, 8) et à celle, nouvelle, promise par Jérémie (Jr 31, 31). « Faites cela en mémoire (anamnēsis) de moi » : Jésus institue ainsi le sacrifice de la croix rendu présent et le sacerdoce qui le perpétue. Le récit de Luc rejoint celui de Paul (1 Co 11, 23-25).
Le traître à la table ; servir, non dominer
Aussitôt, une ombre : « la main de celui qui me livre est avec moi, à cette table ». La trahison naît au cœur même de la communion. Survient alors, par contraste cruel, la dispute pour savoir « qui est le plus grand ». Jésus la renverse : chez les païens les chefs dominent, mais « que le plus grand devienne comme le plus jeune, et celui qui commande comme celui qui sert ». Et il se donne en exemple : « je suis au milieu de vous comme celui qui sert ».
Le Royaume promis ; Pierre passé au crible
À ces hommes qui ont persévéré dans ses épreuves, Jésus dispose le Royaume : ils mangeront à sa table et siégeront sur des trônes pour juger les douze tribus. Puis il se tourne vers Simon : « Satan a réclamé de vous cribler comme le blé ; mais j'ai prié pour toi, pour que ta foi ne défaille pas ; et toi, quand tu seras revenu, affermis tes frères. » Suit l'annonce du triple reniement, « avant que le coq chante » : la mission de Pierre repose non sur sa force, mais sur la prière du Christ.
Les deux glaives
Le discours se clôt sur une parole déroutante : naguère envoyés sans bourse ni sac, les disciples doivent désormais en prendre une, et « que celui qui n'a pas de glaive vende son manteau pour en acheter un ». « Seigneur, en voici deux » ; « c'est assez ». Loin d'un appel à la violence, peu après, Jésus guérit l'oreille tranchée (22, 51), ces mots annoncent l'heure où le Maître sera « compté parmi les malfaiteurs » (Is 53, 12).
L'Eucharistie, mémorial du don
« Faites cela en mémoire de moi » : la messe n'est pas un simple souvenir, mais le mémorial qui rend réellement présent l'unique sacrifice du Christ. Communier au corps livré et au sang versé, c'est entrer dans son offrande et en recevoir le fruit, toujours dans l'action de grâce (le mot même d'eucharistie) et la foi en sa présence réelle, source et sommet de toute la vie chrétienne (CEC 1324).
Servir, non dominer
Au seuil de sa Passion, Jésus fait de l'abaissement la loi de son Royaume : « je suis au milieu de vous comme celui qui sert ». Toute autorité dans l'Église se mesure désormais à cette aune. Là où le monde cherche les premières places et la domination, le disciple est appelé à se faire petit et serviteur, non par faiblesse, mais à l'image de son Maître qui s'est livré pour tous.
La prière du Christ pour notre foi
« J'ai prié pour toi, pour que ta foi ne défaille pas » : avant même que Pierre ne tombe, le Christ a intercédé pour lui. Notre foi, fragile et toujours criblée par l'épreuve, tient non à notre seule constance, mais à cette prière du Sauveur. Et comme Pierre, une fois relevés de nos chutes, nous sommes envoyés à notre tour pour affermir nos frères dans leur combat.
Communier dignement
La table de la Cène mêle étrangement le don suprême et la trahison de Judas. Avant de s'approcher du Seigneur, le chrétien est invité à s'examiner (1 Co 11, 28), à ne pas communier dans la duplicité ni le péché grave, mais avec un cœur droit. Reconnaître son indignité n'éloigne pas de l'autel : c'est la condition pour y accueillir vraiment la miséricorde offerte sans mesure.
Cette semaine
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