L'Évangile du jour

Vendredi 21 février 2025

Vendredi de la 6e semaine du Temps ordinaire

S. Pierre Damien, docteur de l'Église · Mémoire facultative

Mémoire Temps ordinaire Année impaire Ornements verts

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Marc 8, 34 – 9, 1

« Celui qui perdra sa vie à cause de moi et de l’Évangile la sauvera »

Alléluia. Alléluia.
Je vous appelle mes amis, dit le Seigneur,
car tout ce que j’ai entendu de mon Père,
je vous l’ai fait connaître.
Alléluia.

34Appelant la foule avec ses disciples, il leur dit : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive.35Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie à cause de moi et de l’Évangile la sauvera.36Quel avantage, en effet, un homme a-t-il à gagner le monde entier si c’est au prix de sa vie ?37Que pourrait-il donner en échange de sa vie ?38Celui qui a honte de moi et de mes paroles dans cette génération adultère et pécheresse, le Fils de l’homme aussi aura honte de lui, quand il viendra dans la gloire de son Père avec les saints anges. »1Et il leur disait : « Amen, je vous le dis : parmi ceux qui sont ici, certains ne connaîtront pas la mort avant d’avoir vu le règne de Dieu venu avec puissance. »

Acclamons la Parole de Dieu.

Lire le chapitre 8 de saint Marc avec ses commentaires

Les lectures de cette messe

  • Lecture Gn 11, 1-9« Allons ! descendons, et là, embrouillons leur langue »
  • Psaume Ps 32 (33), 10-11, 12-13, 14-15

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Comprendre ce passage

Comment suivre JésusMarc 8, 34 – 9, 1

Contexte historique et social

« Prendre sa croix » : une image terrible

Pour les auditeurs de Jésus, la croix n'était pas un symbole pieux, mais le supplice le plus infâme de Rome, réservé aux esclaves et aux rebelles. Le condamné portait lui-même la poutre transversale (le patibulum) jusqu'au lieu de l'exécution, à travers la foule. « Prendre sa croix » évoquait donc une marche vers la mort, dans la honte publique. La radicalité de l'appel est à la mesure de cette image.

« Cette génération adultère et pécheresse »

Jésus parle d'une « génération adultère ». Dans la Bible, l'adultère désigne souvent l'infidélité à l'Alliance, l'idolâtrie d'un peuple qui se détourne de son Dieu. L'expression situe l'appel dans un contexte de fidélité à maintenir au milieu d'un monde qui se dérobe.

Lecture biblique et exégétique

Les conditions du disciple

Trois verbes définissent le disciple : renoncer à soi-même (cesser de se mettre au centre), prendre sa croix (accepter le don de soi jusqu'au bout), suivre Jésus (marcher derrière lui, sur son chemin). On ne sépare pas le Christ de sa croix, ni le disciple de celle du Christ. L'appel s'adresse non aux seuls Douze, mais à « la foule avec ses disciples » : il est pour tous.

Le paradoxe de la vie sauvée en la perdant

« Qui veut sauver sa vie la perdra ; qui la perdra à cause de moi… la sauvera. » C'est le grand renversement évangélique : la vie repliée sur elle-même se dessèche et se perd ; la vie donnée se trouve et s'épanouit. Marc précise « à cause de moi et de l'Évangile » : le don de soi est pour le Christ et pour l'annonce de sa Bonne Nouvelle.

« Gagner le monde et perdre son âme »

« Que sert à l'homme de gagner le monde entier, s'il perd sa vie [son âme] ? » Aucune réussite, aucune possession ne vaut l'âme d'un homme. La question est un examen radical des priorités : à quoi est-ce que je consacre, finalement, ma vie ?

Avoir honte, ou confesser

« Qui aura honte de moi et de mes paroles… le Fils de l'homme aura honte de lui, quand il viendra dans la gloire de son Père. » Au refus discret (la honte de se dire chrétien) répond le jugement ; à la confession courageuse, la communion dans la gloire. Et 9, 1 ouvre une espérance : « certains ne goûteront pas la mort avant d'avoir vu le Royaume de Dieu venu avec puissance », parole que la Transfiguration, juste après, vient comme préfigurer.

Pour la vie spirituelle et pratique

Prendre sa croix, chaque jour

Suivre le Christ n'est pas une admiration de loin, mais un chemin qui épouse le sien : renoncement à l'égoïsme, acceptation des épreuves unies à sa croix, don de soi par amour. Non par goût de la souffrance, mais parce que l'amour vrai se donne. C'est l'humble fidélité du quotidien autant que les grands sacrifices.

Perdre pour trouver

Le paradoxe évangélique éclaire toute vie : ce que l'on garde jalousement (son temps, ses biens, sa vie) se perd ; ce que l'on donne par amour se retrouve, centuplé. La générosité n'appauvrit pas ; l'avarice du cœur, oui.

Ne pas avoir honte du Christ

Dans un monde souvent indifférent ou moqueur, la tentation est de taire sa foi pour ne pas déplaire. L'Évangile appelle au courage du témoignage, non par bravade, mais par fidélité à Celui qui ne rougit pas de nous. Et il promet la gloire au-delà de la croix : la voie du don débouche sur la vie.

Cette semaine

  1. Dimanche 16 6e dimanche du Temps ordinaire Lc 6, 17.20-26
  2. Lundi 17 Lundi de la 6e semaine du Temps ordinaire Mc 8, 11-13
  3. Mardi 18 Mardi de la 6e semaine du Temps ordinaire Mc 8, 14-21
  4. Mercredi 19 Mercredi de la 6e semaine du Temps ordinaire Mc 8, 22-26
  5. Jeudi 20 Jeudi de la 6e semaine du Temps ordinaire Mc 8, 27-33
  6. Vendredi 21 Vendredi de la 6e semaine du Temps ordinaire Mc 8, 34 – 9, 1
  7. Samedi 22 La Chaire de Saint Pierre Mt 16, 13-19

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