L'Évangile du jour

Vendredi 16 décembre 2022

Vendredi de la 3e semaine de l'Avent

Férie Temps de l'Avent Année A Ornements violets

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Jean 5, 33-36

« Jean était la lampe qui brûle et qui brille »

Alléluia, Alléluia.
Viens, Seigneur : que ta visite soit notre paix !
Que notre cœur trouve la joie parfaite en ta présence !
Alléluia.

33Vous avez envoyé une délégation auprès de Jean le Baptiste, et il a rendu témoignage à la vérité.34Moi, ce n’est pas d’un homme que je reçois le témoignage, mais je parle ainsi pour que vous soyez sauvés.35Jean était la lampe qui brûle et qui brille, et vous avez voulu vous réjouir un moment à sa lumière.36Mais j’ai pour moi un témoignage plus grand que celui de Jean : ce sont les œuvres que le Père m’a donné d’accomplir ; les œuvres mêmes que je fais témoignent que le Père m’a envoyé.

Acclamons la Parole de Dieu.

Lire le chapitre 5 de saint Jean avec ses commentaires

Les lectures de cette messe

  • Lecture Is 56, 1-3a.6-8« Ma maison s’appellera “Maison de prière pour tous les peuples” »
  • Psaume Ps 66 (67), 2-3, 5, 7-8

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Comprendre ce passage

L'œuvre du Fils et le témoignage du PèreJean 5, 17-47

Contexte historique et social

Le scandale : « il se faisait l'égal de Dieu »

Après la guérison du paralytique de Béthesda, les autorités cherchent à tuer Jésus, non plus seulement pour avoir violé le sabbat, mais parce qu'« il appelait Dieu son propre Père, se faisant l'égal de Dieu » (5, 18). Dire « mon Père » de façon si exclusive frôlait, aux oreilles juives, le blasphème châtié de mort (Lv 24, 16). Tout le discours qui suit déploie cette prétention sans la rétracter : la relation unique du Fils au Père.

Travailler le jour du sabbat

Le repos du septième jour faisait mémoire du repos du Créateur (Gn 2, 2-3) et scellait l'alliance d'Israël (Ex 31, 13-17). Or les rabbins eux-mêmes admettaient que Dieu ne cesse jamais d'agir : il soutient le monde, fait naître et mourir, juge même le jour saint. En se mettant à l'œuvre comme son Père, Jésus s'attribue cette activité divine ininterrompue, non l'excuse d'une nécessité humaine.

Un grand discours révélateur

Jn 5, 17-47 forme le premier grand discours de l'évangile selon saint Jean, modèle des suivants (le pain de vie en Jn 6, la lumière en Jn 8). Sa structure est dense : christologie du Fils, don de la vie, exercice du jugement, faisceau de témoignages. On passe du conflit sur le sabbat à une révélation universelle sur l'identité de Jésus et la foi qu'elle réclame.

Lecture biblique et exégétique

Le Fils agit comme le Père, et ne fait rien de lui-même

« Mon Père est toujours à l'œuvre, et moi aussi » (5, 17) : Jésus revendique d'agir comme Dieu, qui sans relâche maintient la création et donne la vie. Pourtant « le Fils ne peut rien faire de lui-même, sinon ce qu'il voit faire au Père » (5, 19). Les deux affirmations tiennent ensemble : dépendance filiale parfaite et égalité divine, « tout ce que fait le Père, le Fils le fait pareillement ». La tradition y reconnaît la vie trinitaire : le Fils reçoit tout du Père sans lui être inférieur.

Donner la vie et juger

Deux œuvres proprement divines sont confiées au Fils. « Comme le Père ressuscite les morts et donne la vie, le Fils donne la vie à qui il veut » ; et « le Père a remis tout jugement au Fils » (5, 21-22). Jean unit l'eschatologie présente et future : « qui écoute ma parole et croit… est passé de la mort à la vie » (la vie est déjà donnée), et « l'heure vient où ceux qui sont dans les tombeaux entendront sa voix ». Que tous honorent le Fils comme le Père.

Les quatre témoignages

Selon la Loi, un seul témoin ne suffit pas (Dt 19, 15) ; Jésus ne témoigne donc pas seul. Il invoque quatre attestations convergentes : Jean-Baptiste, « la lampe qui brûle et qui brille » ; les œuvres que le Père lui donne d'accomplir ; le Père lui-même ; enfin les Écritures, « Moïse a écrit de moi ». D'où le reproche : « vous scrutez les Écritures… et ce sont elles qui me rendent témoignage, et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie » (5, 39-40).

La gloire des hommes, obstacle à la foi

Jésus démasque enfin la racine de l'incrédulité : « Comment pourriez-vous croire, vous qui recevez votre gloire les uns des autres, et ne cherchez pas la gloire qui vient du Dieu unique ? » (5, 44). Le véritable obstacle n'est pas le manque de preuves, mais un cœur tourné vers l'estime humaine. Qui vit du regard des autres se ferme à la révélation ; seul celui qui cherche la gloire de Dieu reconnaît l'envoyé du Père.

Pour la vie spirituelle et pratique

Vivre en fils, sous le regard du Père

Le Fils « ne fait que ce qu'il voit faire au Père » : voilà le secret de toute vie chrétienne. À sa suite, le croyant agit en dépendance filiale, non par contrainte mais par amour, cherchant sans cesse la volonté du Père avant d'entreprendre. C'est l'attitude de la prière : se tenir tourné vers Dieu, accueillir ce qu'il montre, renoncer à l'autonomie orgueilleuse pour accorder sa vie au mouvement du Fils vers le Père.

Passer de la mort à la vie

« Qui écoute ma parole et croit… est passé de la mort à la vie » (5, 24). La foi n'est pas un simple espoir pour l'au-delà : elle introduit dès maintenant dans la vie éternelle, communion avec Dieu. Écouter vraiment la parole du Christ, c'est se laisser arracher à la mort du péché pour entrer dans une vie nouvelle. Cette résurrection intérieure, commencée au baptême, anticipe celle des corps au dernier jour.

Honorer le Fils comme le Père

« Que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père » : cette parole fonde le culte rendu à Jésus, vrai Dieu et vrai homme. La foi chrétienne est trinitaire : elle ne sépare jamais le Fils du Père, et refuser au Christ l'adoration revient à déshonorer le Père qui l'envoie. Adorer Jésus, le prier, lui remettre sa vie, c'est reconnaître l'unique Dieu tel qu'il s'est révélé dans son Fils.

Lire les Écritures pour venir au Christ

« Vous scrutez les Écritures… et ce sont elles qui me rendent témoignage » : on peut connaître la Bible sans rencontrer Celui vers qui elle conduit. Le danger demeure de s'arrêter à la lettre, à l'érudition ou aux pratiques, sans laisser la Parole mener jusqu'à la personne vivante de Jésus. Lire l'Écriture en chrétien, c'est y chercher le Christ pour « venir à lui et avoir la vie ».

Cette semaine

  1. Dimanche 11 3e dimanche de l'Avent, de Gaudete Mt 11, 2-11
  2. Lundi 12 Lundi de la 3e semaine de l'Avent Mt 21, 23-27
  3. Mardi 13 Mardi de la 3e semaine de l'Avent Mt 21, 28-32
  4. Mercredi 14 Mercredi de la 3e semaine de l'Avent Lc 7, 18b-23
  5. Jeudi 15 Jeudi de la 3e semaine de l'Avent Lc 7, 24-30
  6. Vendredi 16 Vendredi de la 3e semaine de l'Avent Jn 5, 33-36
  7. Samedi 17 17 décembre Mt 1, 1-17

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