Matthieu 8, 8
Le centurion reprit : « Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit, mais dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri.
Le centurion reprit : « Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit, mais dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri.
Devant la grandeur de ce sacrement, le fidèle ne peut que reprendre humblement et avec une foi ardente la parole du Centurion (cf. Mt 8, 8) : " Domine, non sum dignus, ut intres sub tectum meum, sed tantum dic verbum, et sanabitur anima mea " (" Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir, mais dis seulement une parole et je serai guéri "). Et dans la Divine Liturgie de S. Jean Chrysostome, les fidèles prient dans le même esprit :
Comme la femme de l'onction à Béthanie, l'Église n'a pas craint de « gaspiller », plaçant le meilleur de ses ressources pour exprimer son admiration et son adoration face au don incommensurable de l'Eucharistie. De même que les premiers disciples chargés de préparer la « grande salle », elle s'est sentie poussée, au cours des siècles et dans la succession des cultures, à célébrer l'Eucharistie dans un contexte digne d'un si grand Mystère. La liturgie chrétienne est née dans le sillage des paroles et des gestes de Jésus, développant l'héritage rituel du judaïsme. Et en effet, comment pourrait- on jamais exprimer de manière adéquate l'accueil du don que l'Époux divin fait continuellement de lui-même à l'Église-Épouse, en mettant à la portée des générations successives de croyants le Sacrifice offert une fois pour toutes sur la Croix et en se faisant nourriture pour tous les fidèles? Si la logique du « banquet » suscite un esprit de famille, l'Église n'a jamais cédé à la tentation de banaliser cette « familiarité » avec son Époux en oubliant qu'il est aussi son Seigneur et que le « banquet » demeure pour toujours un banquet sacrificiel, marqué par le sang versé sur le Golgotha. Le Banquet eucharistique est vraiment un banquet « sacré », dans lequel la simplicité des signes cache la profondeur insondable de la sainteté de Dieu: « O Sacrum convivium, in quo Christus sumitur! ». Le pain qui est rompu sur nos autels, offert à notre condition de pèlerins en marche sur les chemins du monde, est « panis angelorum », pain des anges, dont on ne peut s'approcher qu'avec l'humilité du centurion de l'Évangile: « Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit » (Mt 8, 8; Lc 7, 6).
Ce furent les amis
personnels du centurion, envoyés par lui à Jésus au moment où le divin Maître approchait de sa maison, qui
portèrent cette réponse admirable. - Seigneur, je ne suis pas digne. Sentiment d’une profonde humilité. Lui
païen, lui pécheur, il ne se croit pas digne de recevoir une telle visite ; la démarche de Jésus le remplit d’une
sainte frayeur. Dans le texte grec le pronom placé en avant exprime très bien la pensée qui le domine et le
contraste qui l’épouvante. D’ailleurs, continue-t-il, outre que j’en suis indigne, cela n’est point du tout
nécessaire. - Mais dites seulement une parole et... C’est le sentiment d’une foi vive, toute spirituelle, qui lui
fait tenir un tel langage. « Dites… une parole », hébraïsme pour signifier « commandez par une parole ». - Le
centurion a mérité que sa belle réponse, insérée dans les prières liturgiques, fût répétée chaque jour au Saint
Sacrifice avant la communion du prêtre et des fidèles.
1045. Vient ensuite : LE CENTURION RÉPONDIT. La bonté du centurion associée à la foi avait été présentée ; maintenant, est abordée l’humilité associée à la foi. Premièrement, [Matthieu] présente donc l’humilité et la foi [8, 8 9] ; deuxièmement, la bonté du Christ, en cet endroit : ENTENDANT CELA, JÉSUS FUT DANS L’ADMIRATION [8, 10].
1046. À propos du premier point, [le centurion] fait trois choses : premièrement, il confesse son indignité, en cet endroit : MAIS DIS SEULEMENT UNE PAROLE [8, 8] ; deuxièmement, [il confesse] la puissance du Christ [8, 9] ; ensuite, il apporte une comparaison, en cet endroit : CAR MOI QUI NE SUIS QU’UN SUBALTERNE [8, 9].
1047. Le Seigneur s’était montré bienveillant. Mais parce que [le centurion] était un Gentil, il s’estimait indigne, disant : SEIGNEUR, JE NE MÉRITE PAS, etc. Pierre aussi avait dit, Lc 5, 8 : Éloigne-toi de moi, car je suis un pécheur. Et Augustin dit qu’ «en se reconnaissant indigne, il s’est rendu digne.» Et ce qu’a dit celui-là, nous aussi nous devons le dire : «Je ne suis pas digne que tu entres dans mon corps.»
1048. Ensuite, est abordée la foi du centurion qui confesse la puissance du Christ : DIS SEULEMENT UNE PAROLE ET MON ENFANT SERA GUÉRI, car, comme le dit Sg 16, 12 : Ce n’est ni une herbe ni un émollient qui leur a rendu la santé, mais ta parole, Seigneur. Et en Ps 106[107], 20 : Il a envoyé sa parole et il les a guéris.
1046. À propos du premier point, [le centurion] fait trois choses : premièrement, il confesse son indignité, en cet endroit : MAIS DIS SEULEMENT UNE PAROLE [8, 8] ; deuxièmement, [il confesse] la puissance du Christ [8, 9] ; ensuite, il apporte une comparaison, en cet endroit : CAR MOI QUI NE SUIS QU’UN SUBALTERNE [8, 9].
1047. Le Seigneur s’était montré bienveillant. Mais parce que [le centurion] était un Gentil, il s’estimait indigne, disant : SEIGNEUR, JE NE MÉRITE PAS, etc. Pierre aussi avait dit, Lc 5, 8 : Éloigne-toi de moi, car je suis un pécheur. Et Augustin dit qu’ «en se reconnaissant indigne, il s’est rendu digne.» Et ce qu’a dit celui-là, nous aussi nous devons le dire : «Je ne suis pas digne que tu entres dans mon corps.»
1048. Ensuite, est abordée la foi du centurion qui confesse la puissance du Christ : DIS SEULEMENT UNE PAROLE ET MON ENFANT SERA GUÉRI, car, comme le dit Sg 16, 12 : Ce n’est ni une herbe ni un émollient qui leur a rendu la santé, mais ta parole, Seigneur. Et en Ps 106[107], 20 : Il a envoyé sa parole et il les a guéris.
Le centurion nous fait voir la sagesse qui l'anime en pénétrant au delà de l'enveloppe du corps pour voir la divinité qu'elle recouvrait ; c'est pour cela qu'il ajoute : « Mais dites seulement une parole, et mon serviteur sera guéri. »
En effet, si le Sauveur ne lui avait pas dit : « J'irai et je le guérirai, » jamais le centurion n'eût répondu : « Je ne suis pas digne. » C'est aussi parce qu'il le prie pour son serviteur, que Notre-Seigneur promet d'aller le visiter, et il nous apprend ainsi à ne pas cultiver l'amitié des grands en méprisant les petits, mais à honorer également les pauvres et les riches. Nous trouvons admirable la foi du centurion qui crut que son serviteur paralytique pouvait être guéri par le Sauveur ; son humilité n'est pas moins éclatante lorsqu'il se reconnaît indigne que le Seigneur entre dans sa maison. Et le centurion lui répondit : « Seigneur, je ne suis pas digne que vous entriez sous mon toit. »
Et maintenant encore lorsque de saints et vertueux prêtres entrent dans votre maison, le Seigneur y entre avec eux, et c'est lui-même que vous devez considérer dans leur personne. Et encore lorsque vous mangez le corps du Seigneur et que vous buvez son sang, c'est également le Seigneur qui entre sous votre toit ; humiliez-vous donc en sa présence, et dites : « Seigneur, je ne suis pas digne, » etc. Car lorsqu'il entre dans une âme qui est indigne de le recevoir, il n'y entre que pour sa condamnation.