Matthieu 7, 7
« Demandez, on vous donnera ; cherchez, vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira.
« Demandez, on vous donnera ; cherchez, vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira.
Le cœur ainsi décidé à se convertir, apprend à prier dans la foi. La foi est une adhésion filiale à Dieu, au-delà de ce que nous sentons et comprenons. Elle est devenue possible parce que le Fils bien-aimé nous ouvre l’accès auprès du Père. Il peut nous demander de " chercher " et de " frapper ", puisqu’il est lui-même la porte et le chemin (cf. Mt 7, 7-11. 13-14).
Les Pères spirituels, paraphrasant Mt 7, 7, résument ainsi les dispositions du cœur nourri par la Parole de Dieu dans la prière : " Cherchez en lisant, et vous trouverez en méditant ; frappez en priant, et il vous sera ouvert par la contemplation " (cf. Guigue le Chartreux, scala : PL 184, 476C).
Notre-Seigneur avait déjà parlé de la prière, 6, 5-13. Il y revient pour l’envisager sous
une nouvelle face. Depuis le moment où il enseignait le « Notre-Père » à ses auditeurs, il leur a prescrit des
obligations si importantes, si difficiles, qu’il croit devoir les encourager en leur indiquant un moyen tout à
fait infaillible de succès. « Il a donné sa doctrine qui est complète et parfaite. Il enseigne ici comment on peut
la mettre en pratique », S. Thomas. - Demandez, cherchez, frappez. Il y a là une gradation ascendante facile à
reconnaître ; de même dans les trois idées corrélatives, on vous donnera, vous trouverez, on vous ouvrira.
C’est une triple assurance, de plus en plus forte, de l’efficacité de la prière. Tandis que les sujets des rois de
ce monde sont exposés à voir souvent leurs demandes rejetées, même quand elles sont très légitimes, les
sujets du Roi-Messie sont sûrs que leurs requêtes seront toujours favorablement accueillies. S’il arrive
parfois qu’elles ne sont pas exaucées, c’est notre faute, soit que nous ayons mal prié, Jac. 4, 3, soit que nous
ayons demandé des choses qui nous eussent été nuisibles, 1 Joan. v. 14, et, dans ce cas, selon la pensée de S.
Augustin, « Dieu n'écoute pas avec compassion », ou bien il nous accorde d’autres grâces plus avantageuses.
973. DEMANDEZ ET L’ON VOUS DONNERA. [Le Seigneur] a livré son enseignement, qui est complet et parfait ; ici, il enseigne comment [cet enseignement] peut être observé. Or, pour cela, la prière est nécessaire ainsi qu’une attention diligente. Il enseigne donc d’abord à demander [7, 7] ; ensuite, il donne l’assurance d’être exaucé, en cet endroit : LEQUEL D’ENTRE VOUS, etc. [7, 9].
974. Et par ceci, vois comment deux fausses opinions sont écartées. La première est celle des orgueilleux, qui pensent accomplir les commandements par leurs propres forces. Mais [le Seigneur] dit qu’il est nécessaire de [le] demander à Dieu : Qu’as-tu que tu n’aies reçu ? 1 Co 4, 7. De même, [le Seigneur] écarte l’opinion de plusieurs qui disent que Dieu ne tient pas compte des prières et qu’ils n’obtiennent pas ce qu’ils demandent. C’est pourquoi il ajoute : ET VOUS RECEVREZ. Et ceci s’interprète, premièrement, de façon que rien ne soit ajouté à ces deux choses, mais que seule la manière soit exprimée. En effet, pour demander, il faut une attention concentrée, de même qu’une dévotion fervente. Et [le Seigneur] indique ces deux choses lorsqu’il dit : CHERCHEZ, c’est-à-dire priez. Ou bien : DEMANDEZ, comme ceux qui cherchent quelque chose lui accordent toute leur attention. C’est de celui-là que parle l’épouse dans le Cantique, 3, 1 : J’ai cherché celui qu’aime mon âme. ET VOUS TROUVEREZ, Ps 26[27], 4 : J’ai demandé une seule chose au Seigneur, c’est celle-là que je chercherai. De même : CHERCHEZ à la façon de celui qui frappe à la porte, car celui qui frappe à la porte, s’il n’est pas entendu, frappe fort, Ct 7, 12 : Viens, mon bien-aimé, sortons au champ, demeurons dans les villages.
975. Deuxièmement, ceci s’interprète, selon Augustin, par rapport à ce que le Christ dit de lui-même : «Je suis la voie, la vérité et la vie» [Jn 14, 6]. Si tu veux suivre cette voie, demande-lui d’orienter tes voies, en disant avec le psalmiste, 24[25], 4 : Seigneur, montre-moi tes voies et enseigne-moi tes sentiers. Si tu veux connaître la vérité, cherche et tu trouveras. Mais il ne suffit pas de connaître la voie et de chercher la vérité si tu ne parviens pas à la vie. Pour y entrer, frappe, comme le dit Ex 15, 17 : Il les fera entrer et les plantera sur la montagne de ton héritage. Mais, encore selon [Augustin] et beaucoup mieux, tout ceci se rapporte à une demande très insistante. On l’interprète aussi autrement en le mettant en rapport avec divers actes : DEMANDEZ, en priant ; CHERCHEZ, en étudiant ; FRAPPEZ, en agissant.
974. Et par ceci, vois comment deux fausses opinions sont écartées. La première est celle des orgueilleux, qui pensent accomplir les commandements par leurs propres forces. Mais [le Seigneur] dit qu’il est nécessaire de [le] demander à Dieu : Qu’as-tu que tu n’aies reçu ? 1 Co 4, 7. De même, [le Seigneur] écarte l’opinion de plusieurs qui disent que Dieu ne tient pas compte des prières et qu’ils n’obtiennent pas ce qu’ils demandent. C’est pourquoi il ajoute : ET VOUS RECEVREZ. Et ceci s’interprète, premièrement, de façon que rien ne soit ajouté à ces deux choses, mais que seule la manière soit exprimée. En effet, pour demander, il faut une attention concentrée, de même qu’une dévotion fervente. Et [le Seigneur] indique ces deux choses lorsqu’il dit : CHERCHEZ, c’est-à-dire priez. Ou bien : DEMANDEZ, comme ceux qui cherchent quelque chose lui accordent toute leur attention. C’est de celui-là que parle l’épouse dans le Cantique, 3, 1 : J’ai cherché celui qu’aime mon âme. ET VOUS TROUVEREZ, Ps 26[27], 4 : J’ai demandé une seule chose au Seigneur, c’est celle-là que je chercherai. De même : CHERCHEZ à la façon de celui qui frappe à la porte, car celui qui frappe à la porte, s’il n’est pas entendu, frappe fort, Ct 7, 12 : Viens, mon bien-aimé, sortons au champ, demeurons dans les villages.
975. Deuxièmement, ceci s’interprète, selon Augustin, par rapport à ce que le Christ dit de lui-même : «Je suis la voie, la vérité et la vie» [Jn 14, 6]. Si tu veux suivre cette voie, demande-lui d’orienter tes voies, en disant avec le psalmiste, 24[25], 4 : Seigneur, montre-moi tes voies et enseigne-moi tes sentiers. Si tu veux connaître la vérité, cherche et tu trouveras. Mais il ne suffit pas de connaître la voie et de chercher la vérité si tu ne parviens pas à la vie. Pour y entrer, frappe, comme le dit Ex 15, 17 : Il les fera entrer et les plantera sur la montagne de ton héritage. Mais, encore selon [Augustin] et beaucoup mieux, tout ceci se rapporte à une demande très insistante. On l’interprète aussi autrement en le mettant en rapport avec divers actes : DEMANDEZ, en priant ; CHERCHEZ, en étudiant ; FRAPPEZ, en agissant.
Ou bien encore Notre-Seigneur vient de donner à ses disciples quelques préceptes qui ont rapport à la prière, tels que celui-ci : « Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés, » il ajoute donc très à propos : « Demandez et il vous sera donné ; » comme s'il disait : « Si vous montrez cette clémence à l'égard de vos ennemis, partout où une porte sera fermée, frappez et on vous ouvrira. » Demandez par les prières que vous ferez jour et nuit, cherchez par vos efforts et par votre travail. Ce travail sans la grâce de Dieu ne vous donnera pas la science des Écritures, et cette grâce vous ne l'aurez pas non plus sans l'application à l'étude, car le don de Dieu ne s'accorde pas à ceux qui ne font rien pour l'obtenir. Frappez donc par la prière, par les jeûnes, et par les aumônes. Car de même que celui qui frappe à une porte, non-seulement élève la voix pour se faire entendre, mais encore frappe de la main, ainsi celui qui fait des bonnes oeuvres, frappe par ces bonnes oeuvres elles-mêmes. Mais vous me direz peut-être : Ce que je demande, c'est de savoir ce que je dois faire, et la grâce de le faire ; comment donc puis-je le faire avant d'avoir reçu cette grâce ? faîtes d'abord ce que vous pouvez, afin de pouvoir plus encore ; pratiquez ce que vous savez, pour savoir encore davantage. Ou bien encore, il avait commandé plus haut à tous les chrétiens et surtout aux docteurs, d'aimer leurs ennemis ; il leur avait ensuite défendu de donner aux chiens les choses saintes sous prétexte de charité, il leur donne maintenant ce sage conseil : Priez Dieu pour vos ennemis et vous obtiendrez ce que vous demandez ; cherchez ceux qui sont morts dans leurs péchés, et vous les trouverez ; frappez à la porte de ceux qui sont dans l'erreur, et le Seigneur vous l'ouvrira. Ou bien enfin comme les préceptes qu'il a donnés plus haut dépassent les forces humaines, il élève ses disciples jusqu'à Dieu dont la grâce ne connaît rien d'impossible, en leur disant : « Demandez et vous recevrez », de manière que ce qui surpasse les forces de l'homme soit rendu possible par la grâce de Dieu. Dieu a placé la force des autres animaux ou dans l'agilité de leur course, ou dans la rapidité de leur vol, dans leurs serres, dans leurs dents, ou dans leurs cornes ; mais il a voulu être lui-même la seule force de l'homme (cf. Ps 17, 1 ; 30, 4 ; 42, 2 ; 45, 1 ; 117, 14 ; 129, 1), afin que pressé par le sentiment de sa faiblesse, il ne pût un seul instant se passer de Dieu.