Matthieu 7, 27
La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, les vents ont soufflé, ils sont venus battre cette maison ; la maison s’est écroulée, et son écroulement a été complet. »
La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, les vents ont soufflé, ils sont venus battre cette maison ; la maison s’est écroulée, et son écroulement a été complet. »
Seconde partie de la parabole. - Et quiconque... Quel contraste ! Ici
encore nous entendons l’orage qui gronde violemment ; mais au fracas de la pluie, des torrents, des vents,
s’ajoute celui de la maison qui s’écroule. - Elle s'est écroulée ! Pourquoi n’a-t-elle tenu bon comme la
première ? Parce que son constructeur insensé l’avait bâtie sur le sable, fondement mobile qui, cédant bientôt
aux chocs de la tempête, a entraîné dans sa ruine tout ce qu’il soutenait. - Sa ruine a été grande. Ce dernier
trait est d’un très bel effet : toute la maison gît misérablement sur le sol, il n’en reste pas pierre sur pierre. -
La ruine morale figurée par cette parabole est plus grande encore car, dit S. Jean Chrysostôme, « ce n’est pas
peu de chose qui est en danger, mais l’âme, le ciel et les biens éternels ». - Quelle impression durent
ressentir, en entendant ces comparaisons, les auditeurs de Jésus, accoutumés aux tempêtes de l’Orient et à
leurs terribles résultats !
Ou bien cette grande ruine c'est celle à laquelle Notre-Seigneur condamne ceux qui auront écouté ses enseignements sans les pratiquer, lorsqu'il leur dira : « Allez au feu éternel. » (Mt 25)
Ou bien encore la pluie, lorsqu'elle est prise au figuré, en mauvaise part, représente la superstition couverte de ténèbres ; les bruits confus du monde sont comparés aux vents ; et les fleuves aux passions charnelles qui s'écoulent aussi sur la terre ; et celui qui se laisse entraîner par la prospérité, se laisse aussi briser par le malheur. Au contraire rien de tout cela n'est à craindre pour celui dont la maison est bâtie sur la pierre, c'est-à-dire qui, non content d'écouter les préceptes du Seigneur, se fait un devoir de les accomplir. Dans toutes ces circonstances on s'expose à de grands dangers lorsqu'on écoute la parole de Dieu sans la pratiquer, car on ne peut affermir dans son âme les vérités que Dieu nous fait connaître, ou les préceptes qu'il nous donne que par la pratique. Or remarquez qu'en disant : « Celui qui entend ces paroles que je viens de dire, » Jésus-Christ nous fait suffisamment entendre que ce discours comprend tous les préceptes destinés à former à la vie chrétienne, à toute perfection, de manière que ceux qui voudront en faire la règle de leur vie sont comparés avec raison à celui qui bâtit sur la pierre.
Il devait s'en trouver qui tout en admirant la doctrine du Sauveur refuseraient de se déclarer ses disciples par les oeuvres ; il leur inspire donc par avance une salutaire frayeur par ces paroles : « Tout homme donc qui entend mes paroles, et les pratique, sera comparé à l'homme sage. »
Ou bien les pluies sont une figure des séductions flatteuses des voluptés qui se glissent insensiblement par toutes les fentes ouvertes, et commencent par rendre la foi moins ferme ; puis vient le choc impétueux des fleuves ou des torrents, c'est-à-dire des passions plus criminelles ; puis enfin les vents se déchaînent dans toute leur violence, c'est-à-dire que le souffle de la puissance du démon entre tout entier dans l'âme.