Matthieu 7, 24

Ainsi, celui qui entend les paroles que je dis là et les met en pratique est comparable à un homme prévoyant qui a construit sa maison sur le roc.

Ainsi, celui qui entend les paroles que je dis là et les met en pratique est comparable à un homme prévoyant qui a construit sa maison sur le roc.
Saint Thomas d'Aquin
1007. QUICONQUE ÉCOUTE, etc. [Le Seigneur] montre que, sans les œuvres, rien ne suffit, pas même l’écoute de la parole de Dieu, car l’écoute est ordonnée à la foi, Rm 10, 17 : La foi vient de l’écoute. En effet, l’écoute ne suffit pas. Et il monte cela de deux façons, car il présente sous forme de comparaison la situation de celui qui écoute et accomplit, et [celle de] celui qui écoute et n’accomplit pas. À propos du premier, il fait trois choses. Premièrement, il présente la construction [7, 24] ; deuxièmement, l’assaut, en cet endroit : ET LA PLUIE VIENT, etc. [7, 25] ; troisièmement, l’immuabilité, en cet endroit : ET [LA MAISON] NE S’EST PAS ÉCROULÉE [7, 25].

1008. [Le Seigneur] dit donc que l’écoute ne suffit pas. En effet, l’écoute est nécessaire, Jn 8, 47 : Car celui qui est de Dieu écoute les paroles de Dieu, mais elle ne suffit pas, Rm 2, 13 : En effet, ce ne sont pas ceux qui écoutent la parole de Dieu qui seront justifiés, mais ceux qui l’accomplissent. De même, il dit à juste titre : CES PAROLES, car tout ce qui concerne le salut y est contenu. Ainsi, CELUI QUI ÉCOUTE CES PAROLES ET LES MET EN PRATIQUE SERA COMPARÉ À UN HOMME SAGE. Et il ne dit pas qu’il est un homme sage, mais qu’il SERA COMPARÉ [à un homme sage]. Et cette comparaison peut s’entendre d’un constructeur corporel, et ainsi la lettre est claire. Ou bien on peut l’entendre spirituellement, et ainsi cet homme est le Christ, Qo 7, 29 : J’ai trouvé un homme entre mille. La maison du Christ est l’Église : en effet, il sait comment il faut la construire. À ce sujet, Pr 9, 1 [dit] : La sagesse s’est édifié une maison. Et Pr 14, 1 : La femme sage construit sa maison sur le roc. 1 Co 10, 1 : La pierre était le Christ. Ainsi, le Christ construit sur lui-même. En effet, lui-même est le fondement ; pour cette raison, 1 Co 3, 11 [dit] : Personne ne peut établir un autre fondement en-dehors de celui qui a été établi, qui est le Christ Jésus. En effet, tel est le fondement de la vérité éternelle. [Ce fondement] est tout à fait immuable, Ps 124[125], 4 : Ceux qui mettent leur confiance dans le Seigneur comme dans le mont Sion.
Saint Jean Chrysostome
Il ne dit pas : Je tiendrai pour un homme sage celui qui entend ces paroles et les pratique, mais il sera comparé à un homme sage. Donc celui qui est comparé, c'est l'homme. A qui est-il comparé ? Au Christ. Le Christ est donc cet homme sage qui a bâti sa maison, son Église, sur la pierre, c'est-à-dire sur la force de la foi. L'insensé, c'est le démon, qui a bâti sa maison, l'assemblée des impies, sur le sable, c'est-à-dire sur la terre sans consistance de l'infidélité, ou sur les hommes charnels, qu'il a comparés au sable à cause de leur stérilité, de leur défaut d'union entre eux, de la diversité des opinions qui les divisent, comme aussi de leur multitude innombrable. La pluie, c'est la doctrine dont l'esprit de l'homme est comme arrosé ; les nuages sont les sources qui répandent la pluie. Ces nuages sont souvent poussés par l'Esprit saint comme les apôtres et les prophètes ; d'autres suivent l'impulsion du démon, ce sont les hérétiques. Les vents favorables sont les esprits qui inspirent les différentes vertus, ou bien les anges qui agissent d'une manière invisible sur les sens de l'homme pour les amener à faire le bien. Les vents mauvais sont les esprits impurs, les fleuves salutaires sont les évangélistes et les docteurs, et les fleuves dont les eaux sont désastreuses, ceux qui sont remplis de l'esprit immonde, dont toute la science consiste dans des discours sans fin, comme les philosophes et les maîtres de la science profane, du sein desquels coulent des fleuves d'une eau morte. Or l'Église que le Christ a fondée n'est ni corrompue par la pluie d'une doctrine de mensonge, ni ébranlée par le souffle du démon, ni agitée par la violence des fleuves impétueux. On ne peut pas opposer à cette doctrine que plusieurs de ceux qui sont dans l'Église s'en séparent et tombent : car tous ceux qui portent le nom de chrétiens n'appartiennent pas à Jésus-Christ, mais le Seigneur connaît ceux qui lui appartiennent (cf. 2 Tm 2, 19). Quant à la maison bâtie par le démon, la pluie de la vraie doctrine est tombée sur elle ; les vents, c'est-à-dire les anges ou les grâces spirituelles ; les fleuves, c'est-à-dire les quatre évangélistes et les autres sages sont venus fondre sur elle, et cette maison, c'est-à-dire la gentilité, est tombée pour faire place à Jésus-Christ qui s'est élevé sur ses ruines ; et sa ruine a été grande, toutes les erreurs ayant été dissipées, le mensonge confondu, et les idoles détruites sur toute la face de la terre. Celui donc qui écoute les paroles de Jésus-Christ et les met en pratique est semblable au Christ, car il bâtit sur la pierre, c'est-à-dire sur le Christ, qui est le principe de tout bien ; de manière que tout homme qui construit sur le bien de quelque nature qu'il soit, construit sur Jésus-Christ. Or de même que l'Église bâtie par Jésus-Christ ne peut être renversée, de même le chrétien dont nous parlons qui a construit sur Jésus-Christ ne peut être renversé par aucune adversité d'après ces paroles : « Qui nous séparera de la charité de Jésus-Christ. » Au contraire, celui qui entend les paroles du Sauveur et ne les met pas en pratique, est semblable au démon. Les paroles qu'on écoute sans les mettre en pratique sont bientôt séparées et dispersées, et c'est pour cela qu'on les compare au sable. Le sable, c'est toute espèce de malice, ou encore tous les biens de la terre ; or de même que la maison du démon est bientôt renversée, ainsi tombent et sont détruits ceux qui ont assis les fondements de leur édifice sur le sable. La ruine est grande si elle atteint les fondements de la foi ; elle est moins grande si on s'est rendu coupable de fornication et d'homicide, car on peut alors se relever par la pénitence, à l'exemple de David.