Matthieu 7, 19

Tout arbre qui ne donne pas de beaux fruits est coupé et jeté au feu.

Tout arbre qui ne donne pas de beaux fruits est coupé et jeté au feu.
Louis-Claude Fillion
Parlant des mauvais arbres, Notre-Seigneur annonce en passant et par parenthèse leur châtiment final. - Coupé et jeté au feu. Le Précurseur avait autrefois prononcé, dans des circonstances analogues, une sentence tout-à-fait semblable ; Cf. 3, 10.
Saint Thomas d'Aquin
995. Mais qu’adviendra-t-il de l’arbre mauvais ? TOUT ARBRE QUI NE PORTE PAS DE FRUITS SERA COUPÉ, car s’il n’en produit pas ou s’il omet d’en produire alors qu’il le peut, il sera coupé. C’est [ce que dit] Jn 15, 6 : Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il sera jeté dehors comme des branches, il se desséchera et on le ramassera pour l’envoyer au feu, et il brûlera. C’est pourquoi, en Lc 13, 7, il est dit du figuier que le maître a ordonné de couper et d’arracher : Que l’impie soit enlevé afin qu’il ne voie pas la gloire de Dieu !
Saint Jean Chrysostome
Le Seigneur n'a point ordonné de châtiment contre les faux prophètes ; il les pénètre d'un effroi salutaire en les menaçant du supplice que Dieu leur réserve : « Tout arbre qui n'est pas bon, dit-il, sera coupé et jeté au feu. » Ce sont les Juifs qu'il paraît avoir en vue dans ces paroles ; c'est pourquoi il se sert des paroles de Jean-Baptiste et leur annonce dans les mêmes termes (cf. Mt 3, 10 ; Lc 9, 9) le châtiment qui les attend. Le saint précurseur, en effet, emploie les mêmes figures de hache, d'arbre et de feu qui ne s'éteint pas. Pour celui qui examine sérieusement les choses, ce sont deux peines différentes, d'être coupé et d'être brûlé. Celui qui est jeté au feu est retranché tout à fait du royaume, peine qui est la plus terrible. Il en est qui ne craignent que l'enfer ; pour moi, je déclare que la perte de cette gloire éternelle est mille fois plus amère que la peine de l'enfer. En effet, quelles souffrances, petites ou grandes, n'accepterait pas un père pour jouir de la vue d'un fils bien-aimé ? Tels doivent être nos sentiments à l'égard de cette gloire, car il n'est point de fils dont la vue soit si douce pour son père que doit l'être pour nous le repos au sein des honneurs et la dissolution du corps pour être éternellement avec Jésus-Christ (cf. Ph 1, 23). C'est un supplice intolérable que le supplice de l'enfer ; mais que l'on ajoute dix mille enfers à la suite les uns des autres, jamais ce supplice ne sera comparable à la peine d'être à jamais exclu de la gloire des bienheureux et d'être éternellement haï de Jésus-Christ.