Matthieu 6, 28

Et au sujet des vêtements, pourquoi se faire tant de souci ? Observez comment poussent les lis des champs : ils ne travaillent pas, ils ne filent pas.

Et au sujet des vêtements, pourquoi se faire tant de souci ? Observez comment poussent les lis des champs : ils ne travaillent pas, ils ne filent pas.
Fulcran Vigouroux
« Regardez les oiseaux du ciel. Voyez les lis des champs. Jésus-Christ nous apprend dans ce sermon admirable, à considérer la nature, les fleurs, les oiseaux, les animaux, notre corps, notre âme, notre accroissement insensible, afin d’en prendre occasion de nous élever à Dieu. Il nous fait voir toute la nature d’une manière plus relevée, d’un œil plus perçant, comme l’image de Dieu. Le ciel est son trône ; la terre est l’escabeau de ses pieds ; la capitale du royaume est le siège de son empire ; son soleil se lève, la pluie se répand pour nous assurer de sa bonté. Tout nous en parle : il ne s’est pas laissé sans témoignage. » (BOSSUET.)
Saint Thomas d'Aquin
952. OBSERVEZ LES LIS DES CHAMPS, etc. [Le Seigneur] nous a donné son enseignement au sujet de la nourriture et du vêtement. Ainsi, si vous avez de quoi vous nourrir et de quoi vous vêtir, soyez-en satisfaits.

953. Il dit donc : OBSERVEZ LES LIS DES CHAMPS. L’observation des créatures doit exister pour la gloire de Dieu, Ps 142[143], 5 : Je méditerai sur toutes tes œuvres, etc. ILS NE TRAVAILLENT NI NE FILENT. En effet, pour le vêtement, le travail des hommes et des femmes est nécessaire. Ainsi, pour écarter le travail des hommes, il dit : ILS NE TRAVAILLENT ; pour exclure le travail des femmes, il dit : NI NE FILENT.
Saint Jean Chrysostome
Après nous avoir enseigné à bannir toute sollicitude pour la nourriture, Notre-Seigneur passe à une autre nécessité moins importante, le vêtement ; car le vêtement n'est pas d'une aussi pressante nécessité que la nourriture. « Et pourquoi vous inquiétez-vous pour le vêtement ? » il ne se sert plus ici de la comparaison tirée des oiseaux, bien que quelques-uns, comme le paon et le cygne, eussent pu lui servir d'exemple, mais il choisit les lis en disant : « Considérez les lis des champs. » Il veut faire ressortir l'inépuisable richesse de la Providence divine à l'aide de ces deux choses : la magnificence et l'éclat des lis, et la faiblesse de ces êtres que Dieu revêt d'une si éclatante splendeur.

Au temps marqué par la Providence, les lis déploient leurs feuilles, se revêtent de blancheur, se remplissent de parfums, et ce que la terre n'avait pu donner à la racine, Dieu le lui communique par une opération invisible. Tous reçoivent avec une égale abondance, pour qu'on n'y voie pas un effet du hasard, mais le résultat d'une disposition de la Providence de Dieu. Par ces paroles : « Ils ne labourent pas, »Notre-Seigneur encourage les hommes ; par ces autres : « Ni ils ne filent point, » il ranime la confiance des femmes (cf. Pv 30).
Saint Hilaire de Poitiers
Ou bien, par les lis, on peut entendre les célestes clartés des anges, que Dieu lui-même revêt d'une gloire éblouissante. Ils ne travaillent ni ne filent, car la grâce qui a, dès leur origine, assuré le bonheur des anges, se répand sur tous les moments de leur existence, et comme après la résurrection les hommes seront semblables aux anges, Notre-Seigneur, en faisant briller à nos yeux l'éclat des vertus célestes, a voulu nous faire espérer ce vêtement de gloire éternelle.