Matthieu 27, 6

Les grands prêtres ramassèrent l’argent et dirent : « Il n’est pas permis de le verser dans le trésor, puisque c’est le prix du sang. »

Les grands prêtres ramassèrent l’argent et dirent : « Il n’est pas permis de le verser dans le trésor, puisque c’est le prix du sang. »
Fulcran Vigouroux
Le trésor était l’endroit du temple où le peuple mettait ses présents et ses offrandes.
Louis-Claude Fillion
M. Langen, die letzten Lebenstage Jesu, p. 260, a raison de dire que la mort accompagna de toutes manières l'odieuse trahison de Judas. Mort du traître lui-même ; mort de Notre-Seigneur Jésus-Christ ; enfin achat d'un champ de repos pour les morts. L'évangéliste nous montre d'abord l'embarras des princes des prêtres lorsqu'ils eurent trouvé les trente pièces d'argent que le traître avait jetées avant son suicide. Ces hommes qui ont trempé sans hésiter leurs mains dans le sang de Jésus sont saisis tout à coup de scrupules : « Vous filtrez le moucheron, et vous avalez le chameau ! » 23, 24. Le « trésor » désigne ici le trésor du temple, formé des sommes offertes par la piété des fidèles pour l'entretien du culte. Dieu avait expressément interdit de faire entrer dans ce trésor l'argent provenant de sources impures en elles-mêmes, ou censées impures chez les Juifs. Cf. Deut. 23, 18 ; Sanhedr. f. 112. Les prêtres argumentent et jugent qu'il n'est pas convenable de verser dans le trésor sacré ce qu'ils nomment justement le prix du sang. Les trente deniers étaient pour ainsi dire tout entachés du sang qu'ils avaient servi à acheter.
Saint Thomas d'Aquin
2804. AYANT RAMASSÉ L’ARGENT, LES GRANDS PRÊTRES DIRENT, etc. [Matthieu] montre ce qu’on a fait de l’argent de Judas. Premièrement, on montre comment il a été écarté du trésor ; deuxièmement, on dit comment il a été dépensé.

[Matthieu] dit donc : AYANT RAMASSÉ L’ARGENT, LES GRANDS PRÊTRES DIRENT : «IL N’EST PAS PERMIS DE LE VERSER DANS LE TRÉSOR, etc.» Il faut noter qu’on plaçait les offrandes d’action de grâce et les dons gratuits dans le trésor. Certaines des offrandes étaient donc volontaires, et d’autres étaient des dettes : les [offrandes] volontaires étaient placées dans le trésor, et les autres ailleurs. Si 34, 23 : Le Très-Haut n’approuve pas les dons des impies. IL N’EST PAS PERMIS DE LE VERSER DANS LE TRÉSOR, CAR C’EST LE PRIX DU SANG. Et par là est confirmée la parole que le Seigneur a dite plus haut, 23, 24 : Ils avalent un chameau et filtrent un moustique. Ils ne voulaient pas verser cet argent dans le trésor, mais ils s’entretenaient volontiers de la mort du Fils de Dieu.
Rabanus Maurus
Or, Judas se pendit pour témoigner par ce genre de mort qu'il était en horreur au ciel et à la terre.

Remarquons cependant qu'ils ne l'enchaînèrent pas alors pour la première fois; ils l'avaient lié et enchaîné aussitôt qu'ils se furent saisis de lui, comme le rapporte saint Jean ( Jn 18,12 ).
Saint Augustin
Le récit qui précède comprend tout ce que Notre-Seigneur a eu à souffrir depuis le soir jus-qu'au matin; l'Évangéliste revient ensuite sur ses pas, pour raconter le renoncement de Pierre, et il reprend son récit au matin du même jour pour le continuer. «Or, le matin étant venu, tous les princes des prêtres et les anciens du peu ples tinrent conseil contre Jésus pour le faire mourir».

Mais puisque les princes des prêtres étaient occupés depuis le matin jusqu'à la neuvième heure à presser l'exécution de la mort du Sauveur, comment peut-on admettre que Judas leur aurait reporté avant la passion du Seigneur le prix de sa trahison, et qu'il leur aurait dit dans le temple: «J'ai péché, en livrant le sang innocent ? » Il est constant, en effet, que tous les princes des prêtres et les anciens du peuple ne se trouvaient pas dans le temple avant la mort du Sauveur, et la preuve, c'est qu'ils l'insultaient lorsqu'il était sur la croix. On ne peut pas le conclure non plus de ce que ce fait est raconté avant la passion de Notre-Seigneur, puisqu'il est certain qu'il est un grand nombre de faits qui, bien que s'étant passés antérieurement, sont cependant ra contés en dernier lieu. Peut-être pourrait-on dire que ce fait a eu lieu à la neuvième heure, et que Judas, voyant le Sauveur mis à mort, le voile du temple déchiré, la terre trembler, les ro chers se briser, les éléments dans la consternation, il aurait conçu, sous l'inspiration de la crainte, le repentir de son crime. Mais après la neuvième heure, les anciens et les princes des prêtres étaient tout entiers, ce me semble, à la célébration de la Pâque. D'ailleurs la loi défen dait de porter de l'argent le jour du sabbat. Je crois donc qu'on ne peut fixer d'une manière vraisemblable ni le jour ni l'heure où Judas mit fin à sa vie en se pendant.
Saint Jérôme
Voyez la criminelle sollicitude des prêtres: ils se concertent pendant toute la nuit sur les moyens de commettre cet homicide, et ils envoient Jésus chargé de chaînes à Pilate, car c'était leur cou tume de livrer ainsi garrotté au gouverneur celui qu'ils avaient condamné à morte
Saint Jean Chrysostome
Remarquez qu'il se repent lorsque son crime est consommé et qu'il a produit tous ses effets, car le démon ne permet pas à ceux qui ne veillent pas sur eux-mêmes de voir le mal avant qu'il soit consommé.