Matthieu 26, 54
Mais alors, comment s’accompliraient les Écritures selon lesquelles il faut qu’il en soit ainsi ? »
Mais alors, comment s’accompliraient les Écritures selon lesquelles il faut qu’il en soit ainsi ? »
A Dieu tous les moments du temps sont présents dans leur actualité. Il établit donc son dessein éternel de " prédestination " en y incluant la réponse libre de chaque homme à sa grâce : " Oui, vraiment, ils se sont rassemblés dans cette ville contre ton saint serviteur Jésus, que tu as oint, Hérode et Ponce Pilate avec les nations païennes et les peuples d’Israël (cf. Ps 2, 1-2), de telle sorte qu’ils ont accompli tout ce que, dans ta puissance et ta sagesse, tu avais prédestiné " (Ac 4, 27-28). Dieu a permis les actes issus de leur aveuglement (cf. Mt 26, 54 ; Jn 18, 36 ; 19, 11) en vue d’accomplir son dessein de salut (cf. Ac 3, 17-18).
Comment donc... En effet, dans le cas où son Père lui enverrait douze légions d'anges pour
l'arracher à ses bourreaux, comment s'accompliraient les Écritures, où il est prédit si clairement que le Christ
doit souffrir et mourir pour le salut du monde ? Cf. Is. 53 ; Dan. 9, 26 ; etc. Jésus ne saurait donner un
démenti aux divins oracles. - Ainsi... Il y a ici un hébraïsme évident, en même temps qu'une ellipse. « Il nous
faut comprendre, dit très bien Maldonat (Comm. in h.l) comment se réaliseront les Écritures qui disent :
parce qu’il faut qu’il en soit ainsi. Ce parce que des Hébreux joue habituellement le rôle d’un infinitif : qui
disent qu’il en sera ainsi ». « Ainsi », c'est-à-dire, comme cela a lieu en réalité. - Sur il doit en être ainsi, voir
16, 21 et l'explication.
2748. COMMENT ALORS S’ACCOMPLIRAIENT LES ÉCRITURES ? Ici est présentée la troisième raison pour laquelle [Pierre] ne devait pas s’opposer, car les Écritures l’ont dit, et donc, il faut que cela s’accomplisse. [Le Seigneur] ne dit pas quelles Écritures parce que tous les prophètes l’ont dit de manière occulte ou claire. Ainsi, Lc 24, 26 : Ne fallait-il pas que le Christ souffrît pour entrer dans sa gloire ?
Ou bien on peut dire que Pierre n'enlève pas à ceux qui écoutent, le sens de la perception de la vérité, mais qu'il ne fait que manifester le juste jugement de Dieu qui ôte ce sens à ceux qui négligent de s'en servir, tandis que l'usage de cette même oreille droite est rendu par un effet de la miséricorde divine à tous ceux qui, parmi le peuple juif, ont embrassé la foi.
Il fallait aussi que l'auteur de la grâce enseignât par son exemple la patience aux fidèles, et qu'il leur apprît à sup porter courageusement la persécution, plutôt que de les exciter à la vengeance.
Ou bien enfin, dans un autre sens, celui qui se sert du glaive pour tuer son semblable, périt tout le premier, victime du glaive de sa malice.
C'est-à-dire, quiconque se sera servi du glaive. Celui qui prend le glaive est celui qui le fait servir à répandre le sang sans l'ordre, le consentement ou la permission de l'autorité supérieure et légitime; car le Seig neur avait bien ordonné à ses disciples de porter un glaive, mais non pas de s'en servir pour frapper. En quoi donc est-ce une indignité qu'après cette faute, Pierre soit devenu le chef de l'Église, de même que Moïse devint le chef et le prince de la synagogue après avoir tué un Egyptien? ( Ex 2,11-14 ). L'un et l'autre outrepassèrent la règle, non par une cruauté détestable, mais par un sentiment de colère bien digne de pardon; l'un et l'autre agi rent sous l'impression de la haine contre l'injustice commise sous leurs yeux, bien que l'un ait péché par un excès d'amour fraternel, et le second par une affection vive, quoique charnelle encore, pour son Maître.
Or, quel est le glaive qui fera périr ce lui qui se sera servi du glaive? le glaive de feu qui flamboie à la porte du paradis ( Gn 3,24 ), et le glaive de l'esprit qui se trouve décrit dans l'armure de Dieu ( Ep 6,11 ).
Ces paroles prouvent combien il tardait à son âme de souffrir ce que les prophètes auraient inutilement prédit s'il n'avait confirmé par sa passion la vérité de leurs prophéties.
Ce n'est pas seulement par cette considération qu'il dissipe la crainte de ses Apôtres, mais encore en leur apportant le témoignage des Écritures: «Comment donc s'accomplirent les Écritures, qui dé clarent qu'il doit être fait ainsi ?»
Mais la mort par le glaive n'est point le châtiment de tous ceux qui se servent du glaive, car la fièvre ou d'autres accidents en emportent beaucoup de ceux qui ont fait usage du glaive, ou en remplissant les fonctions de juge, ou en résistant néces sairement aux voleurs. Si cependant, d'après la sentence du Sauveur, tout homme qui se sert du glaive doit périr par le glaive, c'est avec justice qu'on faisait mourir par le glaive ceux qui s'en servaient pour commettre quelque crime.
Le Seigneur ordonne que le glaive soit remis dans le fourreau, parce qu'il devait faire périr ses ennemis, non sous les coups d'un glaive matériel, mais par le glaive de sa bouche.
Car, bien que les Juifs paraissent encore entendre aujourd'hui la loi, ce n'est pas la vérité, mais l'ombre de la tradition de la loi qu'ils entendent de l'oreille gauche. Au contraire, le peuple qui a embrassé la foi parmi les Gentils est ici représenté par Pierre, et par le fait même qu'ils ont cru en Jésus-Christ, ils ont été cause que les Juifs ont cessé d'entendre de l'oreille droite.