Matthieu 26, 4

ils tinrent conseil pour arrêter Jésus par ruse et le faire mourir.

ils tinrent conseil pour arrêter Jésus par ruse et le faire mourir.
Louis-Claude Fillion
Ils tinrent conseil. Conseil ou plutôt conciliabule satanique, ainsi qu'il ressort de la ligne suivante. - La conjonction pour indique tout à la fois le but et le résultat de l 'assemblée. - Se saisir de Jésus par ruse. Tel fut l'objet principal de la discussion : arrêter Jésus par ruse, d'une façon clandestine, sans exciter aucun émoi parmi ses partisans. - Et le faire mourir. La mort du Sauveur avait déjà été décidée depuis assez longtemps, cf. 12, 14 ; Marc. 3, 6 ; récemment encore on était revenu sur ce projet d'une manière définitive, cf. Joan. 10, 47-53. Cette fois, il s'agit donc avant tout de son arrestation. Aussi le substantif « ruse » ne retombe-t-il que sur le premier des deux verbes. Quand Jésus sera tombé entre les mains des Sanhédristes, il n'auront plus besoin de ruse pour le faire disparaître : le principal est de se saisir de sa personne. Déjà l'on voit qu'il ne faudra pas s'attendre à un procès régulier : ces détails préliminaires laissent deviner que le Sanhédrin visait « à une exécution sommaire, si ce n'est à un assassinat ». Reuss, Hist. Évangél. p. 619.
Saint Thomas d'Aquin
2613. On aborde aussi ce dont ils s’entretenaient : AFIN D’ARRÊTER JÉSUS PAR RUSE. Il était impertinent de croire qu’ils l’arrêteraient par ruse, car il savait tout. Jr 9, 8 : Leur langue est comme une flèche aiguisée, elle raconte une ruse.
Saint Rémi
Or, ce qui les rend inexcusables, c'est cette double circonstance: qu'ils étaient grands prêtres, et qu'ils se réunissent pour faire le mal, car plus le nombre de ceux qui s'assemblent pour concerter un crime est grand, plus ils sont distingués par leur dignité, par leur position, par leur naissance, plus le crime qu'ils commettent devient énorme, et plus aussi le châtiment qui les attend est terrible. L'Évangéliste ajoute, pour montrer la simplicité et l'innocence du Seigneur: «Afin de se saisir de lui par ruse et de le faire mourir». Comme ils ne pouvaient trouver aucun motif légitime de le faire mourir, ils tinrent conseil pour se saisir de lui par la ruse et le mettre à mort.
Saint Jean Chrysostome
Ils tinrent donc conseil pour se saisir de lui secrètement et le faire mourir, car ils craignaient le peuple, et ils voulaient attendre que la fête de Pâque fut passée. «Et ils disaient: Il ne faut point que ce soit pendant la fête». Le démon ne voulait pas que le Christ souffrît pendant la fête de Pâque, pour ne point donner un trop grand éclat à son sup plice. Quant aux princes des prêtres, peu sensibles à la crainte de Dieu et à l'énormité bien plus grande d'un crime commis pendant cette grande fête, ils n'étaient préoccupés que d'une crainte toute humaine, c'est-à-dire que l'arrestation de Jésus ne suscitât quelque tumulte parmi le peuple».