Matthieu 26, 31
Alors Jésus leur dit : « Cette nuit, je serai pour vous tous une occasion de chute ; car il est écrit : Je frapperai le berger, et les brebis du troupeau seront dispersées.
Alors Jésus leur dit : « Cette nuit, je serai pour vous tous une occasion de chute ; car il est écrit : Je frapperai le berger, et les brebis du troupeau seront dispersées.
Alors. D'après le
contexte, ce mot indiquerait que la prédiction de Jésus relative au prochain reniement de S. Pierre eut lieu sur
le chemin de Gethsémani ; mais S. Luc, 22, 31 et ss. et S. Jean 13, 36 ; cf. 14, 31, la placent au cénacle : d'où
il suit que la particule alors, ici comme en d'autres endroits, sert à S. Matthieu de formule générale pour
passer d'une scène à une autre, sans égard pour un ordre strictement chronologique. Patrizzi et d'autres
auteurs croient rétablir plus parfaitement l'harmonie entre les récits, en admettant qu'il y eut deux prédictions
successives du même fait, l'une pendant, l'autre après la cène. Mais il nous paraît difficile que Jésus ait répété
deux fois les mêmes choses à des intervalles si rapprochés. - Vous serez tous : tous sans exception, même S.
Pierre, S. Jacques et S. Jean. - Scandalisés. Ce n'est pas une apostasie proprement dite, mais seulement une
désertion momentanée, un lâche abandon, que Jésus prédit en ce moment. - A mon sujet, pour « à cause de
moi ». Je serai pour vous une occasion de chute ; ma Passion sera un obstacle contre lequel votre faiblesse
viendra se heurter, de manière à vous renverser pour un instant. - Car il est écrit. Cette triste conduite des
Apôtres avait été prévue de Dieu, et depuis longtemps l'Écriture l'avait annoncée. Cf. Zach. 13, 7. - Je
frapperai... Le texte de Zacharie n'est pas cité textuellement par S. Matthieu ; nous retrouvons du moins le
sens exact de la prophétie dans l'Évangile. Là, Jéhovah s'adressant à son glaive, lui disait : « Épée, lève-toi
sur mon pasteur ... Frappe le pasteur, et que les brebis se dispersent! » Ici, il annonce qu'il frappera
directement le pasteur. Ce pasteur est évidemment Notre-Seigneur Jésus-Christ, cf. Joan. 10, 11 : les brebis
sont le symbole des Apôtres qui, au premier danger, s'enfuirent et se dispersèrent comme un troupeau timide
et sans défense. Leur foi était vive sans doute, mais elle ne devait pas résister complètement au choc des
événements dont ils allaient bientôt être les témoins.
2691. ALORS IL LEUR DIT… : «VOUS TOUS, VOUS ALLEZ SUCCOMBER À CAUSE DE MOI.» Ici est présenté le scandale : premièrement, d’une manière générale ; deuxièmement, d’une manière particulière, en cet endroit : PRENANT LA PAROLE, PIERRE DIT [26, 33].
À propos du premier point, [le Seigneur] fait deux choses : premièrement, il annonce à l’avance ; deuxièmement, afin que cela ne paraisse pas dû au hasard, il apporte une autorité, en cet endroit : EN EFFET, IL A ÉTÉ ÉCRIT : «JE FRAPPERAI LE PASTEUR, ET LES BREBIS SERONT DISPESÉES» [26, 31].
2692. Par cette parole, le péché des disciples est aggravé pour plusieurs raisons. Premièrement, en raison de son caractère universel : VOUS TOUS. Is 1, 6 : De la plante des pieds au sommet de la tête, il ne se trouve rien de sain en lui, etc. De même, l’objet [du scandale] est abordé. 1 Co 1, 23 : Nous prêchons un Christ crucifié, scandale pour les Juifs. Parce qu’ils ne recherchaient que la faiblesse de la chair, les Juifs étaient sujets au scandale. De même, le péché est aggravé par l’approche du moment, car c’était après tant d’avertissements et après qu’ils eurent reçu le sacrement. Ils oubliaient donc déjà ce qu’il avait fait pour eux. C’est donc à juste titre qu’ils ont été comparés à un homme qui regarde dans un miroir le visage qu’il a reçu à la naissance : Il s’est regardé, puis s’en est allé et a aussitôt oublié qui il était, Jc 1, 24. De même, parce que c’était pendant la nuit, car ceux qui sont ivres s’endorment pendant la nuit, 1 Th 5, 7. Il en est de même de ceux qui sont scandalisés.
2693. Il ajoute alors une autorité : EN EFFET, IL EST ÉCRIT : «JE FRAPPERAI LE PASTEUR, ET LES BREBIS SERONT DISPERSÉES.» Il est écrit en Za 13, 7 et il est dit là : Frappe le pasteur, et les brebis seront dispersées ; mais ici on dit : JE FRAPPERAI, et de manière assez juste, car le prophète désirait que ceci arrive. C’est pourquoi il a dit : JE FRAPPERAI LE PASTEUR. Mais le Christ parle de lui-même et, ce jour-là, il annonce à l’avance d’abord sa passion et, en second lieu, le scandale [des disciples], lorsqu’il dit : JE FRAPPERAI LE PASTEUR. Ce pasteur est le Christ. Jn 10, 11 : Je suis le bon pasteur. Et 1 P 2, 25 : Vous vous êtes tournés vers le pasteur et le surveillant de vos âmes. Et celui-ci a été frappé parce que Dieu l’a livré, car Il n’a pas épargné son propre Fils, Rm 8, 32, et cela, à cause de nos péchés. Is 53, 8 : Je l’ai frappé à cause du crime de mon peuple. Il annonce aussi à l’avance le scandale : ET LES BREBIS SERONT DISPERSÉES. Les brebis sont les fidèles. Jn 10, 27 : Mes brebis entendent ma voix. Ainsi Dieu a-t-il enduré qu’elles soient dispersées afin de les rassembler par la suite. Ps 146[147], 2 : Il rassemblera [les tribus] dispersées d’Israël. Jn 10, 16 : J’ai d’autres brebis qui ne font pas partie de ce bercail, et il me faut les y amener.
À propos du premier point, [le Seigneur] fait deux choses : premièrement, il annonce à l’avance ; deuxièmement, afin que cela ne paraisse pas dû au hasard, il apporte une autorité, en cet endroit : EN EFFET, IL A ÉTÉ ÉCRIT : «JE FRAPPERAI LE PASTEUR, ET LES BREBIS SERONT DISPESÉES» [26, 31].
2692. Par cette parole, le péché des disciples est aggravé pour plusieurs raisons. Premièrement, en raison de son caractère universel : VOUS TOUS. Is 1, 6 : De la plante des pieds au sommet de la tête, il ne se trouve rien de sain en lui, etc. De même, l’objet [du scandale] est abordé. 1 Co 1, 23 : Nous prêchons un Christ crucifié, scandale pour les Juifs. Parce qu’ils ne recherchaient que la faiblesse de la chair, les Juifs étaient sujets au scandale. De même, le péché est aggravé par l’approche du moment, car c’était après tant d’avertissements et après qu’ils eurent reçu le sacrement. Ils oubliaient donc déjà ce qu’il avait fait pour eux. C’est donc à juste titre qu’ils ont été comparés à un homme qui regarde dans un miroir le visage qu’il a reçu à la naissance : Il s’est regardé, puis s’en est allé et a aussitôt oublié qui il était, Jc 1, 24. De même, parce que c’était pendant la nuit, car ceux qui sont ivres s’endorment pendant la nuit, 1 Th 5, 7. Il en est de même de ceux qui sont scandalisés.
2693. Il ajoute alors une autorité : EN EFFET, IL EST ÉCRIT : «JE FRAPPERAI LE PASTEUR, ET LES BREBIS SERONT DISPERSÉES.» Il est écrit en Za 13, 7 et il est dit là : Frappe le pasteur, et les brebis seront dispersées ; mais ici on dit : JE FRAPPERAI, et de manière assez juste, car le prophète désirait que ceci arrive. C’est pourquoi il a dit : JE FRAPPERAI LE PASTEUR. Mais le Christ parle de lui-même et, ce jour-là, il annonce à l’avance d’abord sa passion et, en second lieu, le scandale [des disciples], lorsqu’il dit : JE FRAPPERAI LE PASTEUR. Ce pasteur est le Christ. Jn 10, 11 : Je suis le bon pasteur. Et 1 P 2, 25 : Vous vous êtes tournés vers le pasteur et le surveillant de vos âmes. Et celui-ci a été frappé parce que Dieu l’a livré, car Il n’a pas épargné son propre Fils, Rm 8, 32, et cela, à cause de nos péchés. Is 53, 8 : Je l’ai frappé à cause du crime de mon peuple. Il annonce aussi à l’avance le scandale : ET LES BREBIS SERONT DISPERSÉES. Les brebis sont les fidèles. Jn 10, 27 : Mes brebis entendent ma voix. Ainsi Dieu a-t-il enduré qu’elles soient dispersées afin de les rassembler par la suite. Ps 146[147], 2 : Il rassemblera [les tribus] dispersées d’Israël. Jn 10, 16 : J’ai d’autres brebis qui ne font pas partie de ce bercail, et il me faut les y amener.
Cette prophétie se trouve dans le prophète Zacharie en d'autres termes; le prophète s'adresse lui-même à Dieu et lui dit: «Frappez le pasteur, et les brebis seront dispersées»
Cette prédiction était confirmée par une ancienne prophétie, car il est écrit: «Je frapperai le pasteur, et les brebis du troupeau seront dispersées».
C'est par une raison pleine de sagesse que Jésus choisit le mont de la miséricorde pour y faire connaître le scandale de la faiblesse des apôtres, déjà prêt à ne pas repousser ceux de ses disciples qui se sont séparés de lui, et à les accueillir lorsqu'ils reviendront à lui. «Alors Jésus leur dit: Je vous serai à tous cette nuit une occasion de scandale». Il leur prédit la faiblesse à laquelle ils doivent succomber, afin qu'après avoir fait cette triste expérience, ils ne désespèrent pas de leur salut, mais qu'ils cherchent leur délivrance dans un sincère repentir.
Il leur fait encore cette prédiction, afin qu'ils sachent qu'après avoir été dispersés pour un moment à la suite du scandale qu'ils avaient souffert, il les réunirait aussitôt sa résurrection, et les précéderait dans la Galilée des nations. - Ou bien encore, si l'on demande com ment les disciples, après avoir vu tant de miracles et de prodiges, ont pu être scandalisés par une seule parole, nous répondrons que Notre-Seigneur veut nous apprendre par là que de même que personne ne peut dire: «Jésus est le Seigneur, Sinon par l'Esprit saint», ainsi personne ne peut être sans scandale, c'est-à-dire inaccessible au scandale, sans le secours de l'Esprit saint. Mais lorsque ces paroles du Sauveur: «Je vous serai à tous cette nuit un sujet de scandale», reçurent leur accomplissement, l'Esprit saint n'était pas encore donné, parce que Jésus n'était pas encore glorifié. Pour nous, au contraire, si après avoir confessé le Seigneur Jésus par l'Esprit saint, il nous devient un sujet de scandale ou que nous venions à le renoncer, nous sommes tout à fait inexcusables. Ajoutons que les disciples ont été scandalisés, comme des hommes qui étaient encore au milieu de la nuit, tandis que pour nous, la nuit a disparu pour faire place au jour qui s'est approché. Enfin, les disciples ont été scandalisés pendant la nuit, parce que le Père n'a pas épargné son Fils unique, mais l'a livré pour nous à la mort, de ma nière que les brebis du troupeau ont été dispersées pour un peu de temps, après avoir été scan dalisées, mais pour être ensuite réunies par Jésus-Christ dans la Galilée, où il précédera ceux qui voudront le suivre, afin que le peuple des Gentils qui, auparavant, «était assis dans les té nèbres, voie briller une grande lumière», etc.
Vous demanderez peut-être s'il était possible que Pierre ne fût pas scandalisé après cette déclaration du Sauveur: «Je vous serai à tous une occasion de scandale». Les uns répondent que ce que Jésus avait prédit devait nécessairement arriver; les autres, que celui qui, à la prière de Jonas, consentit à ne pas accomplir la prédiction qu'il avait faite par ce prophète, aurait pu aussi, si Pierre l'en eût prié, éloigner de lui ce scandale; tandis que cette promesse téméraire, faite sous l'impression d'un amour généreux, mais irréfléchi, fut cause qu'à la honte du scan dale il joignit le crime d'un triple renoncement. Mais, dira-t-on, puisque Jésus, lui avait affirmé avec serment qu'il le renoncerait, il fallait nécessairement que ce renoncement eût lieu. Car si ces paroles du Sauveur: «Je vous le dis en vérité», renfermaient un serment, ce serment eût confirmé un mensonge si Pierre avait pu dire vrai en affirmant: «Pour moi, je ne vous renon cerai pas». Or, à mon avis, les autres disciples me paraissent. préoccupés de ces premières paroles: «Je vous serai à tous une occasion de scandale». Il s'adresse ensuite à Pierre en par ticulier et lui fait cette prédiction qui ne comprenait pas les autres disciples: «Je te le dis en vérité», etc. Et Pierre lui répond: «Quand il me faudrait mourir avec vous, je ne vous renierai point. Et tous les autres disciples dirent la même chose». Ici encore, Pierre ne sait pas ce qu'il dit ( Lc 9,33 ), car il n'appartenait pas aux hommes de mourir avec Jésus, qui donnait sa vie pour tous les hommes. En effet, tous les hommes étaient ensevelis dans leurs péchés; tous avaient donc besoin qu'un autre mourût pour eux, et eux-mêmes ne pouvaient mourir pour leurs semblables.