Matthieu 26, 19

Les disciples firent ce que Jésus leur avait prescrit et ils préparèrent la Pâque.

Les disciples firent ce que Jésus leur avait prescrit et ils préparèrent la Pâque.
Fulcran Vigouroux
Ils préparèrent la pâque, l’agneau pascal et tout ce qui était nécessaire pour le manger selon les rites. Voir Exode, 12, 3-20.
Louis-Claude Fillion
Nous savons par le témoignage de S. Luc, 22, 8, que les deux disciples choisis par Jésus furent S. Pierre et S. Jean. - Ils préparèrent la pâque. C'était une opération assez compliquée. Il fallait porter au temple l'agneau d'un an, sans tache et sans défaut, qui avait été mis en réserve quelques jours auparavant pour servir de victime pascale ; on l'immolait dans l'après-midi suivant un rite particulier dont les détails ont été conservés dans le Talmud, traité Pesachim, 5, 6-8. Les chefs de famille ou leurs délégués étaient introduits par groupes dans la cour du Temple : au signal donné, chacun égorgeait son agneau. Des prêtres rangés sur deux lignes recevaient le sang des victimes dans des bassins d'or ou d'argent, qu'ils faisaient parvenir de main en main à celui de leurs collègues qui était le plus rapproché de l'autel. Celui-ci vidait les coupes au pied de l'autel et les renvoyait aux sacrificateurs. Les agneaux étaient ensuite dépecés, mais avec les plus grandes précautions, car non n'en devait pas briser un seul os, cf. Ex. 12, 46. La graisse était mise en réserve pour être brûlée sur l'autel des holocaustes. Quand ces préparatifs préliminaires avaient été accomplis dans le Temple au chant des Psaumes, on emportait les agneaux dans les habitations particulières pour les faire rôtir au four. Deux pièces de bois de grenadier, attachées en forme de croix, cf. S. Justin, Dial. Cum Tryph. c. 40, les maintenaient dans une situation déterminée par la coutume. Voir Smith, Diction. of the Bible, Art. Passover. Préparer la Pâque, c'était encore se procurer des pains azymes, le vin, les herbes amères, le Charoceth, sorte de sauce épaisse et rougeâtre composée de dattes, de figues, d'amandes et d'épices reliées entre avec du vinaigre, et les divers mets qui devaient compléter le repas. Enfin il fallait organiser la table et orner la salle du festin : mais cette dernière opération était déjà faite quand les disciples se présentèrent à la maison que Jésus leur avait indiquée, cf. Marc. 14, 15 ; Luc, 22, 12.
Saint Thomas d'Aquin
2642. LES DISCIPLES FIRENT COMME JÉSUS LE LEUR AVAIT ORDONNÉ, etc. On trouve quelque chose de semblable en Ex 24, 3 : Nous ferons tout ce que le Seigneur a ordonné.
Rabanus Maurus
Ou bien encore, il passe son nom sous silence, pour nous apprendre qu'il donne à tous ceux qui le veulent, le pouvoir de célébrer la vraie Pâque, et de recevoir Jésus-Christ dans la demeure de leur âme.
Saint Rémi
Peut-être nous fera-t-on cette objection: Si cet agneau figuratif était le symbole du véritable agneau, pourquoi Jésus-Christ n'a-t-il pas souffert la nuit même où on immolait cet agneau? Nous répondons que c'est cette nuit là même qu'il a donné à ses disciples le pouvoir de célébrer les mystères de son corps et de son sang, et c'est immé diatement après que les Juifs se sont saisis de sa personne, l'ont chargé de chaînes, et qu'il a ainsi consacré le commencement de son immolation, c'est-à-dire de sa passion.

Il faut remarquer que, chez les Juifs, la Pâque se célébrait au premier jour, et les sept jours qui suivaient étaient les jours des azymes; mais maintenant le jour de Pâques est également appelé le jour des azymes ( Ac 12 ).
Saint Augustin
C'est celui que saint Marc et saint Luc appellent le père de famille ou le maître de la maison. Si donc saint Matthieu dit: «Allez chez un tel»,c'est de lui-même et pour abréger son récit; car chacun sait que personne ne peut formuler un ordre de cette manière: «Allez chez untel». Saint Matthieu, après avoir rapporté les paroles du Seigneur: «Allez dans la ville, ajoute donc de lui-même: «Chez un tel»,non que le Seigneur se soit exprimé de la sorte, mais pour nous faire entendre qu'il y avait un homme dans la ville à qui le Seigneur adressait ses disciples pour lui préparer la Pâque. Car il est hors de doute que les disciples du Sauveur ne furent pas adressés au premier venu, mais à un homme qu'il leur désignait d'une manière spéciale.
Saint Jérôme
Les écrivains du Nouveau Testament se conforment ici à l'usage suivi par les écrivains de l'Ancien Testament qui s'expriment souvent de cette manière: «Celui-ci lui dit: Dans ce lieu-ci, dans celui-là»,sans désigner autrement le nom des personnes et des lieux.