Matthieu 26, 12
Si elle a fait cela, si elle a versé ce parfum sur mon corps, c’est en vue de mon ensevelissement.
Si elle a fait cela, si elle a versé ce parfum sur mon corps, c’est en vue de mon ensevelissement.
Jésus développe les dernières paroles du verset qui précède, afin de montrer sous son vrai
jour l'action mystérieuse de Marie et d'en dévoiler le symbolisme remarquable, l'éclatant mérite. Vous ne
m'aurez pas toujours et vous semblez ne pas vous en préoccuper : mais cette femme y pense, et c'est
pourquoi elle m'honore de la sorte. Ne voyez-vous pas que ce qu'elle vient de faire est un embaumement
anticipé ? - En vue de ma sépulture. Le verbe grec résume les nombreux devoirs funèbres (lavages, onctions,
embaumement, revêtement) que les anciens, et les Orientaux surtout, rendaient aux corps des trépassés avant
de les porter au tombeau. Ces devoirs, la sœur de Lazare les avait rendus par avance à Jésus -Christ en vertu
d'un pressentiment prophétique ; ou du moins, si elle n'avait pas songé à la signification figurative de son
onction, Dieu lui avait inspiré cet acte comme un type inconscient de la mort prochaine du Sauveur.
2625. Et qu’a-t-elle fait ? EN VERSANT CE PARFUM SUR MON CORPS, C’EST POUR L’ENSEVELIR QU’ELLE L’A FAIT. Mais qu’est-ce à dire ? Avait-elle l’intention d’ensevelir le Christ ? Non, mais, comme le dit Augustin, «de même que l’Esprit Saint pousse à parler, de même [pousse-t-il] parfois à agir». Aussi est-il écrit en Rm 8, 14 : Ceux qui sont mus par l’Esprit de Dieu ne sont pas sous la loi. Il arrive donc que quelqu’un soit mû par l’Esprit Saint dans un sens qu’il ne prévoyait pas. Ainsi, cette [femme] avait l’intention de faire une bonne action, mais l’Esprit Saint mit celle-ci en rapport avec la sépulture. [Le Seigneur] dit : ELLE A ACCOMPLI UNE BONNE ACTION ENVERS MOI.
«Car en répandant ce parfum»,etc. C'était un usage chez les Juifs d'embaumer avec divers parfums les corps des morts, pour les préserver plus longtemps de la corruption, et comme cette femme devait avoir la pensée d'embaumer le corps du Seigneur après sa mort, pensée qu'elle ne pourrait exécuter, prévenue qu'elle serait par la résurrection, Dieu permit, par une disposition providentielle, qu'elle couvrît de parfums le corps vivant de Jésus. C'est ce que signifient ces paroles: «En répandant ce parfum sur mon corps, elle l'a fait pour m'ensevelir», c'est-à-dire qu'en répandant ce parfum sur mon corps pendant ma vie, elle a comme annoncé ma mort et ma sépulture.