Matthieu 25, 6

Au milieu de la nuit, il y eut un cri : “Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre.”

Au milieu de la nuit, il y eut un cri : “Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre.”
Catéchisme de l'Église catholique
Le Christ est le centre de toute vie chrétienne. Le lien avec Lui prend la première place devant tous les autres liens, familiaux ou sociaux (cf. Lc 14, 26 ; Mc 10, 28-31). Dès le début de l’Église, il y a eu des hommes et des femmes qui ont renoncé au grand bien du mariage pour suivre l’Agneau partout où il va (cf. Ap 14, 4), pour se soucier des choses du Seigneur, pour chercher à Lui plaire (cf. 1 Co 7, 32), pour aller au devant de l’Epoux qui vient (cf. Mt 25, 6). Le Christ lui-même a invité certains à le suivre en ce mode de vie dont Il demeure le modèle :
Louis-Claude Fillion
« Ce sera donc tout d'un coup, au milieu du calme de la nuit, alors que tous se livrent paisiblement au repos et que le sommeil est le plus profond », S. Jérôme, h. l. L'époux arrive tout à coup à une heure où l'on a en quelque sorte cessé de l'attendre. - Un cri se fait entendre : ce sont les gardiens qui poussent ce cri, ou bien ceux qui font partie du cortège du fiancé. Il existe à Jérusalem, chez les chrétiens du rite latin, un usage singulier dont l'origine semble remonter à ce verset. Quand il y a un mariage à célébrer, c'est à minuit que la procession nuptiale sort de la maison du fiancé, au son d'une bruyante musique qu'accompagnent des cris violents, pour se rendre chez la fiancée, et de là, par le plus long chemin, à l'Église du S. Sépulcre où a lieu la cérémonie religieuse. Cf. Tobler, Denkblætter, p. 320. - Voici l'époux... Ces acclamations correspondent au bruit de la trompette angélique qui annoncera l'arrivée du Christ pour le jugement général. Cf. 24, 31.
Saint Thomas d'Aquin
2502. Puis suit le réveil ; en second lieu, l’effet [du sommeil] ; en troisième lieu, la demande des vierges insensées ; en quatrième lieu, la réponse des [vierges] sages.

[Le Seigneur] dit donc : AU MILIEU DE LA NUIT, UN CRI RETENTIT : «VOICI L’ÉPOUX QUI VIENT !» Origène parle de ceci autrement que les autres, et d’une manière plus littérale. Tous les autres interprètent le réveil en le mettant en rapport avec le jugement dernier. Selon [cette interprétation], ce cri est la trompette ou la voix du Christ. 1 Th 4, 15 : Car le Seigneur lui-même, par le commandement et la voix de l’Archange et la trompette de Dieu, descendra du ciel. 1 Co 15, 52 : La trompette sonnera…et ceux qui sont morts dans le Christ ressusciteront les premiers.

2503. Et pourquoi À MINUIT ? Jérôme dit que le texte hébreu dit que, de même que l’ange descendit au milieu de la nuit pour tuer les premiers-nés d’Égypte, de même le Seigneur viendra-t-il au milieu de la nuit. C’était donc la coutume chez eux que le peuple ne se retire pas avant le milieu de la nuit. Augustin dit que ce n’est pas pour une question de temps, mais seulement pour se cacher. 1 Th 5, 2 : Le jour du Seigneur est comme un voleur pendant la nuit.

2504. Mais que veut dire : VOICI L’ÉPOUX QUI VIENT ! SORTEZ À SA RENCONTRE ? C’est que tous ressusciteront devant lui. Jn 5, 25 : L’heure vient où tous ceux qui sont dans les tombeaux entendront sa voix. Am 4, 12 : Prépare-toi, Israël à l’arrivée de ton Dieu. Origène met cela en rapport avec la vie présente, et cela, lorsque l’homme est retenu par la vaine gloire et que le prédicateur lance un cri, ou à la suite d’une inspiration intérieure. Alors, il revient au Christ. Is 40, 9 : Élève la voix avec force, toi qui annonces à Jérusalem.
Saint Jérôme
Ce sera donc tout d'un coup, au milieu du calme de la nuit, alors que tous se livrent paisiblement au repos et que le sommeil est le plus profond, que le cri des anges, et les trompettes des puissances qui précéderont le Christ, annonceront son avènement, comme il le dit lui-même: «Voici l'époux qui vient, allez au-devant de lui».

Suivant la tradition des Juifs, le Christ doit venir au milieu de la nuit comme au temps de la délivrance de la servitude d'Egypte, alors que la Pâque fut célébrée, que l'ange exterminateur fut envoyé, que le Seigneur passa au-dessus des tentes, et que le seuil de nos portes fut consacré par le sang de l'agneau. Je pense que c'est de là qu'est venue cette tradi tion apostolique, qui subsiste encore, de ne point permettre aux fidèles, la veille de Pâques, de quitter l'Église avant le milieu de la nuit, pour leur faire attendre l'arrivée et la résurrection de Jésus-Christ, afin que, après l'accomplissement de cet heureux événement, ils puissent célébrer en toute sécurité ce grand jour de fête. C'est en vue de cette nuit solennelle que le Psalmiste disait: « Je me levais au milieu de la nuit pour chanter vos louanges» ( Ps 119 ).
Saint Jean Chrysostome
Ou bien, dans un autre sens, non-seulement ces vierges étaient folles, parce qu'elles ont quitté la terre sans avoir avec elle l'huile de la miséricorde, mais parce qu'elles espéraient qu'on leur donnerait de cette huile là où elles se sont adressées mal à pro pos pour en obtenir. Car bien que personne ne soit plus miséricordieux que ces vierges sages, qui ont surtout brillé par la pratique de la miséricorde, cependant elles n'ont pu accéder à la demande des vierges folles: «Les sages leur répondirent Non, de peur que ce que nous en avons ne suffise pas pour vous et pour nous». Apprenons de là qu'aucun d'entre nous ne peut espérer de soutien que des oeuvres au milieu desquelles la mort le surprendra.
Origène
Ou bien, c'est au milieu de la nuit, alors que le sommeil est le plus profond, qu'on entendra un grand cri, le cri des anges venant tirer tous les hommes de leur sommeil, car ce sont les ministres du Seigneur ( He 1,14 ) qui viendront faire entendre à l'oreille de tous ceux qui dorment ce cri: «Voici l'époux qui vient; allez au-devant de lui». Tous ont entendu cet appel et tous se sont levés; mais tous n'ont pas préparé convenablement leurs lampes: «Aussitôt toutes ces vierges se levèrent et préparèrent leurs lampes».L'ornement de ces lampes spirituelles, conformément à l'esprit de l'Évangile, c'est le bon et légitime usage des sens; quant à ceux qui font un mauvais usage de leurs sens, ils ne peuvent les relever par aucun ornement.