Matthieu 25, 13
Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure.
Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure.
Dans les paroles de cette antienne liturgique est exprimée aussi la vérité du «grand retournement» qui est déterminé pour l'homme par le mystère de l'Incarnation. C'est un retournement qui affecte toute son histoire, depuis le commencement qui nous est révélé par les premiers chapitres de la Genèse jusqu'à son terme ultime, dans la perspective de la fin du monde dont Jésus ne nous a révélé «ni le jour ni l'heure» (Mt 25, 13). C'est un revirement incessant, continuel, entre la chute et le relèvement, entre l'homme dans le péché et l'homme dans la grâce et la justice. La liturgie, surtout pendant l'Avent, se place au point névralgique de ce retournement et en touche l'incessant «aujourd'hui», alors qu'elle nous fait dire: «Viens au secours du peuple qui tombe, et qui cherche à se relever»!
C'est la
morale de la parabole. Jésus l'adresse à ses Apôtres et à tous les chrétiens, pour qu'ils évitent le malheureux
sort des vierges folles. - Vous ne savez ni le jour ni l'heure ; cf. 24, 42. « afin que la sollicitude de la foi soit
éprouvée par une attente pleine d'anxiété, les yeux constamment fixés sur ce jour, parce qu'elle l'ignore
constamment, craignant tous les jours parce qu'elle espère tous les jours », Tertullien de Anima, 33. Un
écrivain anglais, M. Arnot, fait remarquer le frappant contraste qui existe entre la nature insignifiante du trait
qui forme le fond de cette parabole et la sublimité de la leçon qui en ressort. « Quelques jeunes filles de la
campagne arrivant trop tard pour un mariage et se trouvant pour ce motif exclues de la fête, en soi ce n'est
assurément pas un grand événement ; et pourtant je connais à peine d'autres paroles écrites dans le langage
humain qui contiennent une leçon plus éclatante que la conclusion de ce récit. » - Il nous reste encore à ajouter quelques mots pour compléter l'application de la parabole. Au dire de S. Jean Chrysostôme et de
plusieurs autres commentateurs anciens, les dix vierges représenteraient seulement les personnes qui ont fait
profession de virginité, dans le sens strict et littéral de cette expression. Mais c'est là une erreur que réfutaient
déjà S. Augustin et S. Jérôme. Ce dernier écrit : « cette parabole me paraît avoir une signification différente
et se rapporter, non pas seulement à ceux qui sont vierges de corps, mais à tout le genre humain ». La
parabole convient donc sans exception à tous les hommes, ou du moins, d'après S. Augustin, « à toutes les
âmes qui possèdent la foi catholique ». - L'époux est évidemment le Christ, célébrant ses noces avec l'Église ;
la maison où on l'attend figure ce monde. Il viendra à la fin des temps pour conduire au ciel sa fiancée, mais
tous n'auront pas le bonheur de l'accompagner : les âmes vigilantes, dont les vierges sages sont le type,
participeront seules à l'éternel festin des noces. - Disons enfin pour être complet sur la Parabole des dix
vierges, que l'art chrétien en a fait au moyen âge un de ses sujets favoris. Elle a été souvent représentée parmi
les scènes du jugement dernier qui ornent le portail de nos vieilles cathédrales. « On rencontre, dit M. de
Caumont, Architecture relig. au moyen âge, p. 345, dans les voussures des portes dix statuettes de femmes,
les unes tenant soigneusement à deux mains une lampe en forme de coupe ; les autres tenant négligemment
d'une seule main la même lampe renversée. Le sculpteur a toujours eu soin de placer les vierges sages à
droite du Christ et du côté des bienheureux, les vierges folles à sa gauche, du côté des réprouvés ». Voir
l'ouvrage de M. l'abbé Cerf sur la cathédrale de Reims, description du portail du Nord, t. 2, p. 54 et ss.
2518. En conséquence, [le Seigneur] conclut : VEILLEZ DONC, CAR VOUS NE SAVEZ NI LE JOUR NI L’HEURE.
La GloseSous le coup de la douleur qu'elles éprouvent de se voir re poussées, elles l'appellent par deux fois: Seigneur, Seigneur, car elles n'osent donner le nom de père à celui dont elles ont méprisé la miséricorde pendant toute leur vie.
Ce sommeil, c'est la mort et l'assoupissement qui précède le sommeil, c'est, avant la mort, la langueur pour tout ce qui concerne le salut, car cet assoupis sement conduit directement à la mort.
Il est à remarquer que toutes ces vierges portent des lampes, mais qu'elles n'ont pas toutes de l'huile: «Mais les cinq vierges folles ayant pris leurs lampes, ne prirent pas d'huile avec elles».
Ou bien, toutes les vierges se lèvent, parce que les élus et les réprouvés sont réveillés du sommeil de la mort, et ils préparent leurs lampes, parce qu'ils font en eux-mêmes le dénombrement des oeuvres qui peuvent leur permettre d'espérer l'éternelle félicité.
Tout homme possède en double chacun des cinq sens, et le nombre cinq étant doublé donne le nombre dix. Or, comme les deux sexes concourent à former la multitude des fidèles, la sainte Église nous est représentée sous la figure de ces dix vierges, et, comme les bons s'y trouvent mêlés aux méchants, et les réprouvés avec les élus, elle est comparée avec raison aux vierges sages et aux vierges folles.
Ou bien, au milieu de la nuit, c'est-à-dire au moment où personne ne soupçonnera l'arrivée de l'époux et ne s'y attendra.
Les bons comme les mauvais parmi les hommes meurent dans l'intervalle du temps qui s'écoule jusqu'à la résurrection des morts, laquelle aura lieu à l'avènement du Seigneur.
Elles préparèrent leurs lampes, c'est-à-dire le compte qu'elles devaient rendre de leurs oeuvres.
Après qu'on a reçu ceux qui, par une bienheureuse transformation, sont appelés à la vie des anges, la porte du royaume des cieux est fermée, car, après le jugement, il n'y a plus de place, ni pour les prières, ni pour les mérites.
Non seulement nous ignorons le temps où doit venir l'époux, mais encore chacun de nous ignore le jour et l'heure de sa mort, et celui qui s'y tient toujours préparé le sera aussi lorsque retentira cette voix qui doit réveiller tous les morts dans leurs tombeaux.
Il en est qui ont voulu expliquer cette pa rabole des cinq vierges sages et des cinq vierges folles, en la rapportant à l'avènement qui s'accomplit tous les jours par le moyen de l'Église; mais il ne faut pas adopter témérairement cette explication, de peur de rencontrer, dans la parabole, quelques circonstances qui la contredisent formellement.
Il n'est point dit qu'elles achetèrent de l'huile, il faut donc supposer qu'ayant perdu toute la joie que leur donnaient les louanges des hommes, elles en sont réduites à implorer la bonté divine au milieu de leurs angoisses et de leurs afflictions. Mais, après le jugement, la sévérité de Dieu est égale à la miséricorde ineffable qui l'a précédé, comme l'indiquent les paroles qui suivent: «Mais il leur répondit: Je vous le dis en vérité, je ne vous connais point».Telle est en effet la règle du plan divin, ou plutôt de la sagesse divine, de ne point laisser entrer dans sa joie éternelle ceux qui, dans les efforts qu'ils ont faits pour accomplir ses commandements, n'ont eu pour but que de plaire aux hommes et non pas à Dieu.
Ou bien, les lampes qu'on porte à la main représentent les oeuvres, car il est écrit ( Mt 5,16 ): « Que vos oeuvres brillent aux yeux des hommes ».
Ou bien, les cinq vierges sages représentent la continence que nous devons pratiquer dans les cinq sens du corps, en les séparant des attraits de la chair, car nous devons interdire aux désirs de notre âme les plaisirs de la vue, de l'ouïe, de l'odorat, du goût et du toucher. Mais comme les uns observent cette continence sous les yeux de Dieu, dans le but unique de lui plaire par la joie intérieure de la conscience, et les au tres, devant les hommes, pour mériter leur estime, cinq d'entre ces vierges sont sages et cinq sont folles; toutes cependant sont vierges, parce que toutes gardent la continence, quoiqu'elles aient un foyer d'action différent.
Ou bien, l'huile, à mon avis, figure la joie elle-même, d'après ces paroles du Roi-prophète: « Votre Dieu vous a sacré d'une huile de joie » ( Ps 45,8 ). Celui donc dont la joie n'a point pour motif qu'il plaît intérieurement à Dieu, n'a pas d'huile avec lui, car il ne possède point la véritable joie, puisqu'il ne pratique la continence que pour obtenir les louanges des hommes. Les vierges sages, au contraire, prennent avec leurs lampes de l'huile dans leurs va ses, c'est-à-dire qu'elles portent dans leur coeur et dans leur conscience la joie des bonnes oeuvres, selon le conseil de l'Apôtre « Que l'homme examine ses propres actions, et alors il aura seulement de quoi se glorifier en lui-même et non dans un autre» ( Ga 6,4 ).
Je pense que ce qui est dit ici, que les vierges seules vont au-devant de l'époux, doit s'entendre en ce sens que ce sont les vierges elles-mêmes qui sont l'épouse. C'est ainsi que, lorsque tous les chrétiens se rendent dans le sein de l'Église, nous disons que ce sont des enfants qui accourent à leur mère, quoique cette mère n'est autre que la réunion des enfants eux-mêmes. Or, maintenant, l'Église est une vierge fiancée, et qui doit être unie à son époux, et elle célébrera ces noces divines au jour où, dépouillée de tout ce qu'elle avait de périssable et de mortel, Dieu l'appellera aux joies d'une nouvelle union.
Ces vierges folles, selon leur habitude, recherchent toujours ce qui fait le sujet ordinaire de leur joie. C'est pour cela qu'elles veulent porter devant Dieu, qui pénètre le fond des coeurs, le témoignage des hommes pour qui les secrets des coeurs sont invisibles; mais toutes ces actions, qui n'ont d'autre soutien que les louanges des hommes, tombent et disparaissent dès que ce soutien vient à leur manquer, et voilà pourquoi leurs lampes s'éteignent.
Ou bien, ce n'est pas un conseil qu'elles donnent, mais un reproche indirect qu'elles font aux vierges folles de leur négligence; car ceux qui vendent de l'huile sont les flatteurs, qui, en donnant des éloges aux fausses vertus ou aux actions qu'ils ignorent, jettent les âmes dans l'erreur, et qui, pour prix de la vaine joie qu'ils leur ont inspirée comme à des insensées, reçoivent des avantages temporels. Les vierges sages leur disent: «Allez à ceux qui en ven dent, et achetez-en ce qu'il vous faut», c'est-à-dire voyons quelle utilité vous retirerez de ceux qui s'étaient fait une habitude de vous vendre leurs louanges. Elles ajoutent: «De peur que ce que nous en avons ne suffise pas pour nous et pour vous»,car un témoignage étranger n'a aucune valeur auprès de Dieu, pour qui les secrets du coeur sont à découvert, et c'est à peine si le témoignage que la conscience rend à chacun de nous peut suffire devant lui.
Ou bien encore, pendant qu'elles allaient en acheter, c'est-à-dire pendant qu'elles se répandaient au dehors, pour y trouver le sujet ordinaire de leur joie, parce qu'elles ne connaissaient pas les joies intérieures, le juge vint, et celles qui étaient prêtes, c'est-à-dire celles à qui leur cons cience rendait témoignage devant Dieu, entrèrent avec lui aux noces, où l'âme pure s'unit, pour en être fécondée, au Verbe de Dieu, source de toute pureté et de toute perfection.
Cette huile se vend, elle s'achète à grand prix, et ne s'acquiert que par de pénibles travaux, c'est-à-dire non-seulement par les aumônes, mais par la pratique de toutes les vertus et des conseils enseignés par les maîtres spirituels.
Elles invoquent l'époux comme leur Seigneur, c'est une confession admirable et un témoignage redoublé de leur foi; mais que sert d'invoquer de bouche celui que vous niez par vos oeuvres?
Car Dieu connaît ceux qui sont à lui, et celui qui a voulu ignorer sera lui-même ignoré ( 1Co 14,38 ). Et bien que ces vierges folles soient vierges par la pureté du corps, et par la profession de la vraie foi, cependant elles ne seront pas reconnues par l'époux, parce qu'elles n'ont pas d'huile dans leurs lampes. Ces paroles: «Veillez donc, parce que vous ne savez ni le jour ni l'heure», nous apprennent que tout ce qui précède a pour but de nous exciter à préparer avec soin la lumière de nos bon nes oeuvres, parce que nous ignorons le jour du jugement.
Il en est qui appliquent exclusivement aux vierges cette parabole des vierges folles et des vierges prudentes; les unes, d'après l'Apôtre, sont vierges d'esprit et de corps ( 1Co 7 ); les autres n'ont en partage que la virginité du corps, sans les oeuvres de la virginité; ou bien, tout en demeurant sous la garde de leurs parents, elles ne laissent pas d'être mariées par les désirs de leur coeur. Mais, d'après les antécédents, cette parabole me paraît avoir une signification différente et se rapporter, non pas seulement à ceux qui sont vierges de corps, mais à tout le genre humain.
Il y a en nous cinq sens qui aspirent aux choses célestes et qui désirent les biens du ciel. Il a été dit en particulier du sens de la vue, de l'ouïe et du toucher: «Ce que nous avons vu, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, et ce que nos mains ont touché» ( 1Jn 1,1 ); du sens du goût: « Goûtez et voyez combien le Seigneur est doux» ( Ps 34,9 ); du sens de l'odorat: « Nous courrons sur tes pas à l'odeur de tes parfums» ( Ct 1,2-4 ). Mais il y aussi cinq autres sens qui soupirent avec ardeur après les plaisirs fangeux de la terre.
Ou bien, ces vierges qui se plaignent de voir leurs lampes éteintes, montrent qu'elles ont encore quelque lumière; mais cette lumière n'est pas persévérante, et leurs oeuvres n'ont aucun caractère de durée. Celui donc qui a le bonheur d'avoir une âme virginale et d'aimer la pureté ne doit point placer sa joie dans les choses vaines et futile s qui passent et qui se dessèchent si vite aux premières ardeurs du soleil, et il s'attache à la pratique des vertus parfaites, pour jouir d'une lumière éternelle.
Vous voyez donc quel riche commerce nous pouvons faire avec les pauvres, et ce n'est pas dans l'autre vie que nous trouverons les pauvres, mais ici-bas; c'est donc pendant cette vie qu'il nous faut faire provision de cette huile, pour alimenter notre lampe lorsque Jésus-Christ nous appellera.
Notre-Seigneur choisit des vierges pour en faire le sujet de cette para bole, afin de nous apprendre que la virginité est sans doute une chose excellente, mais que ce pendant, si elle est dépourvue des oeuvres de miséricorde, elle sera jetée dehors avec les adul tères.
Ou bien l'huile, dans la pensée du Sauveur, c'est la charité, c'est l'aumône et tout autre secours donné aux indigents; les lampes, sont les grâces de la virginité, et il appelle folles ces vierges qui, après avoir pratiqué ce qu'il y a de plus pénible, ont perdu tout le fruit de leurs efforts dans des épreuves beaucoup moins importantes, car il est bien plus difficile de vaincre la concupiscence de la chair que l'amour des richesses.
Ou bien, cette distinction des cinq vierges sages et des cinq vierges folles établit la séparation qui existe entre les fidèles et les infidèles.
Ou bien, l'action de reprendre leurs lampes, c'est le retour des âmes dans les corps, et leur lumière, c'est la cons cience des bonnes oeuvres qui brille dans notre corps comme dans le vase qui la contient.
Ces noces, c'est le jour où nous revêtirons l'immortalité, c'est l'union qui s'établira par une nouvelle société entre la corruption et l'incorruptibilité.
Le Sauveur dit: «Alors», car toute cette parabole se rapporte au grand jour du Seigneur ( So 1,14 Ml 4,5 Jud 6 ), dont il vient de parler.
Ou bien, l'époux et l'épouse, c'est Notre-Seigneur Dieu, uni à un corps semblable au nôtre, car la chair est comme l'épouse de l'esprit. Ces lampes, que les vierges ont prises, sont la lumière de ces âmes en qui brille la blancheur éclatante du baptême.
L'huile, c'est le fruit des bonnes oeuvres; les vases, sont les corps dans les entrailles desquels il faut cacher le trésor d'une bonne conscience. Les vierges qui ont pris de l'huile avec elles sont celles dont la foi est relevée par les oeuvres, et les vierges qui n'en ont pas sont celles qui paraissent professer la même foi, mais ne se met tent pas en peine de pratiquer les oeuvres des vertus.
Les marchands sont ceux qui, ayant besoin de la charité des fidèles, se prêtent au commerce qu'on leur demande, et qui, pour prix des secours donnés à leur indigence, nous vendent la conscience d'avoir fait une bonne oeuvre, car c'est là une source abondante de lumière qui ne s'éteint pas, qu'il faut acheter par les oeuvres de miséricorde et conserver avec soin.
Les vertus s'attirent et se suivent les unes les autres, de manière que celui qui en possède une a toutes les autres; ainsi, tous les sens marchent à la suite les uns des autres, et, par conséquent, tous les cinq sens sont nécessaire ment, ou doués de la sagesse, ou livrés à la folie.
Ou bien, ces vierges sont les sens de tous ceux qui ont reçu la parole de Dieu, car cette parole, par sa pureté, se prête et s'accommode à tous ceux que ses enseignements ont détachés du culte des idoles, pour les consacrer au culte du vrai Dieu par Jésus-Christ: «Et ayant pris leurs lampes, elles s'en allèrent»,etc. Ceux dont ces vierges sont la figure prennent leurs lampes, c'est-à-dire leurs sens extérieurs, sortent du monde et de ses erreurs, pour venir au-devant du Sauveur, qui est toujours prêt à entrer dans la maison de son épouse, la sainte Église, avec ceux qui sont dignes de l'accompagner.
Ou bien, l'huile, c'est la parole de la doctrine, qui remplit les âmes comme autant de vases. Rien, en effet, ne donne autant de force à l'âme qu'un discours moral sur une vertu quelconque, et qui est ici figuré par l'huile de la lampe. Or, les vierges sages ont pris avec elles autant de cette huile qu'il leur en fallait, même en supposant que leur mort fût éloignée, et que le Verbe dût tarder à venir pour consommer leur salut. Les vierges folles ont pris aussi avec elles leurs lam pes, qui étaient d'abord allumées; mais elles n'ont pas pris assez d'huile pour les entretenir jusqu'à la fin, parce qu'elles n'ont eu que de la négligence pour recueillir la parole divine qui fortifie la foi et entretient la lumière des bonnes oeuvres.
Ou bien, l'époux tardant à venir, et le Verbe ne venant pas aussitôt mettre un terme à notre vie, les sens, par suite de la faiblesse qui leur est naturelle, s'assoupissent comme enseve lis dans la nuit du monde. Elles s'endormirent ensuite, en négligeant de suivre les mouvements de l'esprit de vie; cependant elles ne perdirent pas leurs lampes, et les vierges sages ne déses pérèrent pas de conserver leur huile: «Mais, sur le minuit, on entendit un grand cri», etc.
Ou bien, dans un autre sens, quoique folles, les vierges comprenaient qu'elles ne pouvaient aller au-devant de l'époux sans lumière, et qu'il fallait tenir allumées les lampes de leurs sens; mais elles s'apercevaient en même temps qu'ayant une très petite quantité de cette huile spiri tuelle, leurs lampes allaient s'éteindre au milieu des ténèbres qui approchaient. Or, les vierges sages renvoient les folles à ceux qui vendent de l'huile, parce qu'elles voient que la provision qu'elles ont faite de cette huile (c'est-à-dire de la doctrine) ne peut suffire pour entretenir en elles la vie, et pour enseigner les autres; c'est pour cela qu'elles leur disent: «Allez plutôt trouver ceux qui en vendent», c'est-à-dire les docteurs, «et achetez-en pour vous», c'est-à-dire recevez-en de leurs mains. Or, le prix auquel s'achète cette huile, c'est la persévérance, l'amour de la doctrine, le zèle et les efforts qu'inspire le désir d'apprendre.