Matthieu 23, 2
et il déclara : « Les scribes et les pharisiens enseignent dans la chaire de Moïse.
et il déclara : « Les scribes et les pharisiens enseignent dans la chaire de Moïse.
Jésus commence par reconnaître et par établir de la manière la plus forte l’autorité de ces hommes dont il va
ensuite attaquer les abus. Il tient à montrer pour le présent et pour l’avenir qu’il ne faut pas mépriser le divin
ministère, à cause de l’indignité de ceux qui l’exercent. Obéissance et respect à l’autorité légitime, quelle que
soit la valeur morale des hommes qui en ont été revêtus : voilà un grand principe chrétien que l’on oublie
trop facilement. - Sur la chaire de Moïse. Le grec a « Moysis » au génitif, ce qui est plus régulier. - Sont
assis, au prétérit dans le texte latin, pour désigner un acte ancien et qui persévère. L’image contenue dans ces
mots est facile à comprendre ; nous l’employons nous-mêmes tous les jours quand nous disons par exemple
du vénéré Léon 13 qu’il est assis sur la chaire de Pierre. C’est une métaphore tirée de la coutume qu’ont les
docteurs d’enseigner du haut d’une chaire. Moïse étant le Législateur, le Docteur par excellence des
Hébreux, tous ses successeurs autorisés étaient censés l’avoir remplacé à tour de rôle dans la chaire qui
symbolisait sa mission divine. Du reste, l’expression, être assis sur son siège, était devenue, dans le langage
rabbinique, un terme technique pour signifier « succéder à quelqu’un ». Or, à l’époque du Sauveur, les
successeurs de Moïse étaient les Scribes et les Pharisiens, chargés de commenter, d’interpréter la Loi. - Les
Scribes et les Pharisiens. Il arrive souvent à Jésus de réunir ces deux noms, qui méritaient en effet, à plus
d’un titre, d’être associés. Nous avons vu, Cf. 3, 7 et la note correspondante, que les Docteurs de la Loi
appartenaient pour la plupart au parti pharisaïque, dont ils étaient les chefs et les régulateurs. « Pharisiens »
exprime donc le genre, « Scribes » une espèce particulière de ce genre.
2296. LES SCRIBES ET LES PHARISIENS SE SONT ASSIS SUR LA CHAIRE DE MOÏSE. La chaire appartient en propre aux maîtres. Ainsi, on dit que ceux-là se sont assis sur la chaire, qui ont succédé à Moïse. Si 24, 33 : Moïse a promulgué la loi selon des commandements pleins de justice. Ainsi, ceux qui enseignaient la loi de Moïse étaient assis sur la chaire de Moïse. Dans la loi, on trouvait certaines choses qui se rapportaient à la foi, et certaines aux bonnes mœurs. Se rapportaient à la foi celles par lesquelles le Christ était préfiguré. [Le Seigneur] lui-même dit donc, Jn 5, 46 : Si vous aviez cru à Moïse, vous auriez peut-être cru en moi. Si 24, 33 : Moïse a promulgué la loi selon des commandements pleins de justice.
Mais il faut remarquer que sont assis sur la chaire [de Moïse] les scribes, les Pharisiens et les disciples du Christ : les scribes, qui ne tiennent compte que de la seule lettre ; les Pharisiens, qui parfois [tiennent compte] de son sens intérieur ; les disciples du Christ, qui évaluent tout avec soin, et qui ne sont pas appelés les disciples de Moïse, mais ceux du Christ. Lc 24, 27 : En commençant par la loi et les prophètes, il leur expliqua toutes les Écritures qui parlaient de lui.
Mais il faut remarquer que sont assis sur la chaire [de Moïse] les scribes, les Pharisiens et les disciples du Christ : les scribes, qui ne tiennent compte que de la seule lettre ; les Pharisiens, qui parfois [tiennent compte] de son sens intérieur ; les disciples du Christ, qui évaluent tout avec soin, et qui ne sont pas appelés les disciples de Moïse, mais ceux du Christ. Lc 24, 27 : En commençant par la loi et les prophètes, il leur expliqua toutes les Écritures qui parlaient de lui.
Ils sont d'ailleurs coupables encore de se mêler aux disputes de la place publique, eux qui, assis sur la chaire de Moïse, ambitionnent le titre de docteur dans la synagogue et qui veulent être appelés maîtres par les hommes.
Il faut cependant considérer de quelle manière un homme occupe la chaire de l'enseignement, car ce n'est pas la chaire qui fait le prêtre, mais le prêtre qui donne l'autorité à sa chaire; ce n'est pas le lieu qui sanctifie l'homme, mais l'homme qui sanctifie le lieu. Aussi le sacerdoce est pour le mauvais prêtre une source de crimes et ne lui donne aucune dignité morale.
Les disciples de Jésus-Christ valent mieux que le reste du peuple. C'est ainsi que, dans l'Église, vous trouverez des âmes qui s'approchent avec plus d'amour du Verbe de Dieu, et qui sont les disciples de Jésus-Christ; les autres forment son peuple. Tantôt c'est à ses disciples seuls qu'il adresse la parole, tantôt à la foule, et tantôt tout à la fois au peuple et à ses disciples, comme dans ce qui suit: «Il leur dit: Les pharisiens et les scribes sont assis sur la chaire de Moïse». Ceux qui font profession de suivre la loi de Moïse, et qui se glorifient d'en être les interprètes, sont assis sur la chaire de Moise; les scribes sont ceux qui ne s'écartent pas de la lettre de la loi; et ceux qui prétendent à une perfection plus grande et se séparent de la foule comme étant meilleurs que le reste des hommes sont les phari siens, dont le nom veut dire séparé (cf. Gn 38,29 ). Ceux au contraire qui entendent et interprètent la loi de Moïse dans le sens vraiment spirituel sont assis il est vrai sur la chaire de Moïse, mais ils ne sont ni comme les scribes ni comme les pharisiens, ils valent beaucoup mieux qu'eux et sont les bien-aimés disciples de Jésus-Christ.
Mais si les scribes et les pharisiens, assis sur la chaire de Moïse, sont les docteurs des Juifs, et leur enseignent quant à la lettre les préceptes de la loi, comment Notre-Seigneur peut-il nous ordonner, à nous, de faire tout ce qu'ils disent, alors que les apôtres, comme nous le voyons dans les Ac 15 , ont défendu aux premiers fidèles de suivre la lettre de la loi ? C'est que les pharisiens enseignaient la lettre de la loi sans en comprendre le sens spirituel. Toutes les choses donc qu'ils nous prescrivent en vertu de la loi divine, nous qui avons l'intelligence de la loi, nous les observons et nous les pratiquons; mais nous ne conformons pas notre conduite à la leur, car ils ne suivent pas les vrais enseignements de la loi, et ils ne comprennent pas qu'il y a un voile sur la lettre de la loi ( 2Co 3,14 ). Ou bien cette expression: «Tout ce qu'ils vous diront», n'a pas pour objet tous les préceptes de la loi, comme ceux par exemple qui ont rapport aux aliments, aux victimes et à d'autres choses semblables, mais seulement les préceptes qui tendent à la réforme des moeurs. Or, pourquoi ne fait-il pas cette re commandation pour la loi de grâce, mais pour la loi de Moïse? C'est qu'avant la Passion le temps n'était pas encore venu de faire connaître les commandements de la nouvelle loi. Mais il me semble que le Sauveur avait en cela un autre dessein. Il allait, dans le discours suivant, ac cuser les scribes et les pharisiens. Il commence donc par repousser tout d'abord le soupçon que des insensés auraient pu former contre lui, de vouloir s'emparer de leur autorité, ou d'agir dans un esprit d'hostilité; et ce n'est qu'alors qu'il leur adresse des reproches pour que le peuple ne tombe point dans les mêmes désordres et ne s'imagine qu'il doit imiter leur conduite comme il est obligé d'écouter leurs enseignements, car il ajoute «Ne faites pas ce qu'ils font». Or, quoi de plus misérable qu'un docteur dont les disciples ne peuvent se sauver qu'à la condition de ne pas l'imiter, et qui se perdent s'ils marchent sur ses traces?