Matthieu 20, 20

Alors la mère des fils de Zébédée s’approcha de Jésus avec ses fils Jacques et Jean, et elle se prosterna pour lui faire une demande.

Alors la mère des fils de Zébédée s’approcha de Jésus avec ses fils Jacques et Jean, et elle se prosterna pour lui faire une demande.
Fulcran Vigouroux
La mère des fils de Zébédée s’appelait Salomé. Ses deux fils étaient saint Jacques le Majeur et saint Jean l’Evangéliste.
Louis-Claude Fillion
Cette scène offre un singulier contraste. Nous y voyons une complète confirmation de la réflexion de S. Luc, ch. 18 v. 34 : « Eux ne comprirent rien à cela ». Jésus achève à peine la prédiction relative à ses souffrances et à sa mort qu’on vient briguer les premières places dans son empire ! Il est vrai qu’il a ajouté tout aussitôt qu’il ressusciterait, et cela signifie pour les Apôtres qu’il se dispose à fonder le royaume messianique tel qu’ils l’attendent. Ils comprennent du moins que son voyage actuel à Jérusalem est décisif et qu’il va y prendre enfin possession de son trône : l’heure était donc urgente pour ceux qui ambitionnaient le rôle de premiers ministres. Aussi comme elle est avidement saisie ! - la mère des fils de Zébédée s’approcha. Les deux fils de Zébédée n’étaient autres que S. Jacques le Majeur et S. Jean l’évangéliste, Cf. 10, 3. Ce n’est pas sans surprise assurément qu’on trouve ces deux âmes d’élite à une pareille scène, surtout en un pareil moment. Leur mère s’appelait Salomé (comparez Marc. 15, 40 et Matth. 27, 56) : elle était du nombre de ces saintes femmes qui avaient coutume d’accompagner Notre-Seigneur Jésus-Christ dans ses voyages. C’est à elle que S. Matthieu attribue l’initiative dans la circonstance présente, tandis que S. Marc fait agir directement les deux frères ; mais le premier évangéliste, qui fut du reste témoin oculaire, est plus exact pour les premiers détails de l’épisode. Il nous montre les deux fils du Tonnerre s’avançant à la suite leur mère. Celle-ci se chargea de formuler la demande, car il était plus délicat d’agir ainsi ; peut-être se disait-elle qu’il serait plus difficile au Sauveur de refuser la requête d’une femme. - Et se prosterna. Arrivée tout auprès de Jésus, elle fait d’abord la prostration accoutumée ; puis, comme une autre mère non moins célèbre, Bethsabé, Cf. 3 Reg. 2, 20, avant de rien préciser, elle dissimule ses grands désirs sous une humble formule : en lui demandant quelque chose. Tout serait gagné, en effet, si Jésus daignait s’engager d’avance, en promettant de lui accorder en général tout ce qu’elle demandera.
Saint Thomas d'Aquin
2117. ALORS LA MÈRE DES FILS DE ZÉBÉDÉE S’APPROCHA DE LUI. Ici est présentée la demande qui fut occasionnée [par ce qui précède]. Premièrement, la demande est présentée d’une manière générale ; deuxièmement, elle est explicitée, en cet endroit : MAIS EUX, etc. [20, 29].

[Matthieu] dit donc : ALORS LA MÈRE DES FILS DE ZÉBÉDÉE S’APPROCHA DE LUI. Ces fils étaient Jean et Jacques ; leur mère était Salomé. Salomé était donc le nom de la femme. Chez Marc, on lit que les fils firent la demande ; ici, on lit que ce fut la mère. Mais la vérité est que la mère la fit poussée par ses fils. SE PROSTERNANT, car elle fit la demande avec humilité. En effet, elle savait que la prière humble plaît toujours à Dieu. Ps 101[102], 18 : Il a regardé la prière des humbles. Jdt 9, 1 : Se prosternant devant le Seigneur, elle criait vers le Seigneur. POUR LUI DEMANDER QUE QUELQUE CHOSE lui soit accordé, c’est-à-dire : «Je demande que tu m’accordes ce que je veux.» Et cette demande ne doit pas être acceptée, et c’est folie pour celui qui l’accepte de l’accepter. On lit à propos d’Hérode qu’il accorda cela à la fille d’Hérodiade. Salomon l’accorda à sa mère, mais parce qu’il était sage, il revint sur sa promesse imprudente.
Saint Jérôme
Le Seigneur venait de terminer son discours en disant: «Et il ressuscitera le troisième jour».Cette femme s'imagine donc que son règne commencerait aussitôt après sa résurrection, et avec la vivacité de désirs naturelle à son sexe, elle veut jouir de ce qu'elle voit déjà comme présent, sans penser à ce qui doit arriver dans l'avenir: «Alors la mère des enfants de Zébédée s'approcha», etc.

On se de mande dans quel sens les deux enfants de Zébédée, Jacques et Jean, ont bu le calice du martyre, puisque d'après l'Écriture, Jacques seul fut décapité par Hérode ( Ac 12,2 ), et que Jean mourut de mort naturelle. Mais puisque nous lisons dans l'histoire ecclésiastique que Jean fut plongé dans une chaudière d'huile bouillante, et qu'il fut exilé dans l'île de Pathmos, nous voyons qu'il eut vraiment l'esprit du martyre, et qu'il but le calice du confesseur de la foi, calice que burent aussi les trois enfants dans la fournaise, bien que leur persécuteur n'ait pas répandu leur sang.