Matthieu 20, 2

Il se mit d’accord avec eux sur le salaire de la journée : un denier, c’est-à-dire une pièce d’argent, et il les envoya à sa vigne.

Il se mit d’accord avec eux sur le salaire de la journée : un denier, c’est-à-dire une pièce d’argent, et il les envoya à sa vigne.
Louis-Claude Fillion
Étant convenu, de concert, disaient délicatement les grecs , toute convention dans laquelle les partis se mettent d’accord ressemblant, pour ces artistes, à un harmonieux concert des esprits. - Un denier par jour, « pour ce jour » par conséquent. Le père de famille ne prend les ouvriers que pour ce jour-là, et il promet à chacun d’eux un denier : cette somme, assurément modique aujourd’hui, mais relativement considérable à l’époque de Notre-Seigneur, semble avoir été alors le salaire accoutumé d’une journée de travail. Cf. Tob. 5, 14, d’après la traduction des Septante, et les citations du Talmud dans l’ouvrage de Wetstein. La solde quotidienne des guerriers romains était aussi d’un denier ; Cf. Tacit. Ann. 1, 17.
Saint Thomas d'Aquin
2090. Ensuite, [le Seigneur] précise le mode de l’embauche. Il dit donc : IL CONVINT DONC AVEC LES OUVRIERS D’UN DENIER POUR LA JOURNÉE. Par ce denier, est signifiée la vie éternelle, car ce denier valait dix deniers courants. De même, [ce denier] portait l’effigie du roi. Ainsi donc, ce qui est signifié par ce denier consiste dans l’observance du décalogue, plus haut, 19, 17 : Si tu veux accéder à la vie, observe les commandements. De même, il a une ressemblance avec Dieu. 1 Jn 3, 2 : Lorsqu’il apparaîtra, nous lui serons semblables.
Rabanus Maurus
Après avoir fait connaître les conditions du travail pour la journée, le Sauveur, continuant son récit, arrive à l'heure du salaire, et dit: «Le soir étant venu», etc., c'est-à-dire lorsque le jour, qui comprend toute la durée du monde, était sur son déclin, et approchait de la consom mation de toutes choses.
Saint Grégoire le Grand
Dans un autre sens, le père de fa mille, c'est-à-dire notre Créateur, a une vigne, qui est l'Eglise universelle, et qui, depuis le juste Abel jusqu'à la fin du monde, a poussé autant de ceps qu'elle a produit de saints. Or, dans au cun temps, Dieu n'a cessé d'envoyer des ouvriers pour instruire son peuple comme pour culti ver sa vigne; car il l'a cultivée successivement, d'abord par les patriarches, puis par les doc teurs de la loi, ensuite par les prophètes, et enfin par les Apôtres comme par autant d'ouvriers. On peut dire, toutefois, que tout homme qui fait le bien avec une intention droite est en quel que ma nière et dans une certaine mesure un des ouvriers de cette vigne.
Saint Rémi
C'est-à-dire, recevez votre récompense et entrez dans la gloire: «Je veux donner à ce dernier venu»,au peuple gentil, «autant qu'à vous»,comme il le mé rite.

L'oeil signifie ici l'intention; les Juifs avaient un oeil mauvais, c'est-à-dire une intention vicieuse, parce qu'ils s'attristaient du salut des Gentils.
Saint Jérôme
Le denier porte l'effigie du roi; vous avez donc reçu le salaire que je vous avais promis, c'est-à-dire mon image et ma ressemblance. Que demandez-vous de plus? Ce que vous dési rez, ce n'est pas de recevoir davantage, c'est que l'autre ne reçoive rien du tout: «Prenez ce qui vous appartient, et vous en allez».
Origène
La place publique, c'est tout ce qui est en dehors de la vigne, c'est-à-dire en dehors de l'Église de Jésus-Christ.

Peut-être est-ce au premier homme que s'adressent ces paroles: «Mon ami, je ne vous fais pas tort: est-ce que vous n'êtes pas convenu d'un denier avec moi ?» Prenez ce qui vous appartient, et allez-vous-en; le denier, c'est-à-dire le salut, vous est acquis. «Pour moi, je veux donner à ce dernier autant qu'à vous».On peut, avec assez de vraisemblance, voir dans cet ouvrier, venu le dernier, l'apôtre saint Paul, qui n'a travaillé qu'une heure, et qui cependant a travaillé peut-être plus que tous ceux qui ont vécu avant lui ( 1Co 15,9 ?).