Matthieu 2, 10

Quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie.

Quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie.
Louis-Claude Fillion
“Elegantia attica est in his”, dit Rosenmüller, qui cite à l’appui de son assertion de nombreuses locutions semblables empruntées aux Latins et aux Grecs. De la part de S. Matthieu c’est plutôt un pur hébraïsme. En tout cas, c’est un langage énergique, qui exprime très bien les vifs transports de joie ressentis par les Mages quand l’étoile leur apparut de nouveau. Ils se sentirent alors si visiblement conduits par Dieu lui-même !
Saint Thomas d'Aquin
215. Ensuite, est indiqué l’effet de la conduite par [l’étoile] pour ce qui concerne les mages. Ainsi, EN VOYANT L’ÉTOILE, ILS SE RÉJOUIRENT D’UNE TRÈS GRANDE JOIE, etc. Ils se sont réjouis en raison de l’espérance qu’ils avaient retrouvée. En effet, ils craignaient, parce qu’ils étaient venus de loin, de perdre ce en quoi ils espéraient, Rm 12, 12 : Réjouissez-vous dans l’espérance. De plus, [Matthieu] ajoute : D’UNE JOIE. En effet, certains se réjouissent, mais ne se réjouissent pas, parce que l’allégresse humaine n’est pas une joie parfaite, Pr 14, 13 : La peine habite la plus grande joie. Car, la joie véritable et parfaite vient de Dieu, Is 61, 10 : Je me réjouirai de tout cœur dans le Seigneur et mon âme exultera en mon Dieu. Troisièmement, il ajoute : GRANDE, parce que [les mages] connaissaient déjà de grandes choses sur Dieu, Dieu incarné et très miséricordieux, Is 12, 6 : Exulte et loue, maison de Sion, car le Saint d’Israël est grand au milieu de toi. Quatrièmement, il ajoute : TRÈS, parce qu’ils se réjouissaient intensément : en effet, ils avaient retrouvé ce qu’ils avaient perdu, Lc 15, 10 : Ce sera une joie pour les anges de Dieu, etc.
La Glose
Après avoir montré comment l'étoile s'était mise au service des Mages, l'Évangéliste nous apprend quelle fut la joie de ces derniers : " Lorsqu'ils virent l'étoile, ils furent transportés d'une joie extrême. "
Saint Jean Chrysostome
Elle n'était pas couronnée du diadème, elle ne reposait pas sur un lit doré, elle avait à peine une simple tunique, non point pour orner son corps, mais pour le couvrir, le vêtir, et telle que pouvait en porter en voyage la femme d'un charpentier. Si donc ils étaient venus chercher un roi de la terre, la joie eût fait place chez eux à un sentiment de confusion, de ce qu'un si grand voyage était pour eux sans résultat. Mais comme le roi qu'ils cherchaient était le roi du ciel, bien qu'ils ne découvraient en lui rien de royal, contents du témoignage que lui rendait l'étoile, ils se réjouissaient à la vue de ce pauvre enfant dont l'Esprit saint leur dévoilait au fond du coeur la redoutable majesté ; c'est pour cela qu'ils se prosternèrent pour l'adorer, car si leurs yeux ne voient en lui qu'un homme, ils reconnaissent un Dieu.