Matthieu 19, 15

Il leur imposa les mains, puis il partit de là.

Il leur imposa les mains, puis il partit de là.
Louis-Claude Fillion
Leur ayant imposé les mains. Il satisfait donc pleinement le pieux désir des humbles femmes qui lui avaient apporté leurs enfants. Bien plus, à sa bénédiction il ajoute de tendres caresses. Cf. Marc, 10, 16. Que Notre-Seigneur Jésus-Christ est grand et divin dans ce passage ! - Deux peintres français, Bourdon et Hipp. Flandrin, inspirés par cet acte de son ineffable bonté, y ont puisé la matière de deux œuvres capitales. Les pasteurs des âmes trouveront à leur tour dans la conduite du souverain Prêtre de la nouvelle Alliance un modèle parfait qu’ils imiteront en se montrant pleins de zèle à l’égard des enfants. - Il partit de là, c’est-à-dire de la localité inconnue de la Pérée où s’était passée cette scène ravissante.
Saint Thomas d'Aquin
2040. Ensuite, il répond donc à leur attachement : PUIS IL LEUR IMPOSA LES MAINS ET S’ÉLOIGNA DE LÀ. Par cela, il renforce les vertus. Is 40, 29 : Lui qui donne de l’énergie à celui qui est las. IL S’ÉLOIGNA DE LÀ. Parfois, le Christ impose les mains et ne s’éloigne pas de là ; parfois, il [les impose] et s’éloigne, car certains sont si forts qu’ils ne reculent pas. Et il appela Pierre et André et demeura avec eux, Jn 1, 38s. Parce que ceux-ci étaient encore imparfaits et incapables de le suivre, IL S’ÉLOIGNA donc DE LÀ.
La Glose
Il leur imposa aussi les mains pour marquer que la grâce du secours divin serait départie à ceux dont la pureté égale l'humilité.
Saint Rémi
C'était une coutume chez les anciens de présenter les petits enfants aux vieillards, pour que ces derniers pussent les bénir de la main ou par leurs paroles, et c'est en vertu de cet usage que ces petits enfants sont présentés au Seigneur.

Il bénit les enfants en leur imposant les mains, pour signifier que les humbles d'esprit sont dignes de sa grâce et de sa bénédiction.
Saint Jérôme
Ce n'est pas qu'ils voulussent s'opposer à ce que Jésus les bénît de la main et de la voix, mais n'ayant pas encore une foi très grande, ils s'imaginaient qu'en cela, semblable aux autres hommes, le Sauveur était fatigué de l'importunité de ceux qui lui présentaient ces enfants.
Saint Jean Chrysostome
Notre-Seigneur venait de parler de la chasteté; quelques-uns de ceux qui l'avaient écouté lui présentèrent des enfants d'une grande pureté, car ils pensaient que le Sauveur n'avait relevé le mérite que de la pureté du corps: «On lui présenta alors des en fants»,etc.

Ce passage de l'Évangile apprend à tous les parents qu'ils doivent présenter leurs enfants aux prêtres; car ce n'est pas le prêtre qui leur impose alors les mains, c'est Jésus-Christ, au nom duquel se fait cette imposition. En effet, si celui qui offre à Dieu par la prière la nourriture qu'il va prendre, mange cette nourriture, sanctifiée par la parole de Dieu et la prière, selon la doctrine expresse de l'Apôtre ( 1Tm 4,5 ), combien plus est-il nécessaire d'offrir les enfants à Dieu pour qu'il les sanctifie. La raison pour laquelle nous bénissons notre nourriture avant de la prendre, c'est que le monde tout entier est sous l'empire de l'esprit malin ( 1Jn 5,19 ), et que, par consé quent, toutes les choses corporelles qui forment une grande partie du monde créé lui sont sou mises; les enfants eux-mêmes, lorsqu'ils viennent au monde, sont donc également sous son empire quant à leur corps.
Saint Hilaire de Poitiers
Les enfants sont encore la figure des Gentils qui ont retrouvé le salut par la foi et par ce qu'ils ont entendu. Cependant les disciples, dans le désir qu'ils ont de sauver d'abord le peuple d'Israël, les empê chent d'approcher. Le Seigneur, alors, leur défend de les éloigner; car le don du Saint-Esprit devait être accordé aux Gentils par l'imposition des mains et par la prière, après l'abolition des prescriptions légales.
Origène
Ils savaient par l'expérience de ses miracles que l'imposition seule de ses mains, jointe à la prière, suffisait pour repousser tout accident funeste; ils lui présentent donc des enfants, dans la pensée, qu'après que le Seigneur leur aurait communiqué, en les touchant, une vertu toute divine, ils seraient à l'abri de tout malheur, et des attaques du démon (cf. Ps 111,6 ).