Matthieu 17, 6
Quand ils entendirent cela, les disciples tombèrent face contre terre et furent saisis d’une grande crainte.
Quand ils entendirent cela, les disciples tombèrent face contre terre et furent saisis d’une grande crainte.
Les disciples, l'entendant... « car la fragilité humaine ne peut supporter la vue
d'une gloire bien au-dessus d'elle ; l'épouvante s'empare de tout son être, et elle tombe la face contre terre »,
S. Jérôme in h.l. Ce n’est point pour adorer la majesté divine qu’ils se jettent à terre, leur attitude est celle de
l’effroi ; Cf. Gen. 17, 3 ; Jud. 13, 20 ; Ezech. 1, 28 ; 3, 23 ; Dan. 8, 17 ; 10, 9, etc. Prosternés, ils couvrent
leurs visages de leurs mains, sans oser regarder ce qui se passe alentour ; car c’était une persuasion des Juifs
qu’on ne saurait voir Dieu sans mourir.
1903. À CETTE VOIX, LES DISCIPLES TOMBÈRENT SUR LEURS FACES ET ILS FURENT EFFRAYÉS. Après avoir présenté la transfiguration, son effet sur les disciples est ici présenté. Premièrement, la crainte est présentée ; deuxièmement, le réconfort donné par le Christ contre la peur ; troisièmement, l’effet. Le second point [se trouve] en cet endroit : MAIS JÉSUS S’APPROCHA, etc. [17, 7] ; le troisième, en cet endroit : ET EUX, LEVANT LES YEUX, NE VIRENT PLUS PERSONNE [17, 8].
1904. Ils entendirent la voix venue de la nuée, comme il est dit en 2 P 1, 18 : Nous avons entendu cette voix alors que nous étions sur la montagne. Et [Matthieu] présente un signe de [leur] crainte, car ILS TOMBÈRENT SUR LEURS FACES. Vient ensuite la crainte : ET ILS FURENT EFFRAYÉS. Mais pourquoi eurent-ils peur ? Jérôme en donne trois raisons. La première, parce qu’ils se rendirent compte qu’ils s’étaient trompés, comme il est dit d’Adam, Gn 3, 10 : Seigneur, j’ai entendu ta voix et j’ai eu peur, car je suis nu. De même, parce qu’il étaient entourés d’une nuée, ils connurent la présence de la majesté divine, Ex 13, 21 : Le Seigneur les précédait pour leur montrer le chemin durant le jour par une colonne de nuées, etc. Et il est naturel pour n’importe qui d’être stupéfait de ce qu’il ne connaît pas. De même, [ils eurent peur] à cause de la voix venue de la nuée. Dt 5, 26 : Est-il un être de chair qui puisse entendre la voix du Dieu vivant ? Et, à cause de cela, la force leur manqua, car ILS TOMBÈRENT SUR LEURS FACES. Mais il faut remarquer que les impies tombent différemment des saints. Les impies tombent à la renverse, comme on le lit en 1 R [1 Sm] 4, 18 d’Éli, qui, après avoir entendu des bruits dans l’arche du Seigneur et s’être brisé la nuque, tomba de son siège et expira. Mais les saints tombent sur leurs faces. Ap 7, 11 : Ils tombèrent sur leurs faces. La raison en est que nous ne voyons pas ce qui est derrière nous. Qo 2, 14 : Les yeux du sage sont dans son visage.
1904. Ils entendirent la voix venue de la nuée, comme il est dit en 2 P 1, 18 : Nous avons entendu cette voix alors que nous étions sur la montagne. Et [Matthieu] présente un signe de [leur] crainte, car ILS TOMBÈRENT SUR LEURS FACES. Vient ensuite la crainte : ET ILS FURENT EFFRAYÉS. Mais pourquoi eurent-ils peur ? Jérôme en donne trois raisons. La première, parce qu’ils se rendirent compte qu’ils s’étaient trompés, comme il est dit d’Adam, Gn 3, 10 : Seigneur, j’ai entendu ta voix et j’ai eu peur, car je suis nu. De même, parce qu’il étaient entourés d’une nuée, ils connurent la présence de la majesté divine, Ex 13, 21 : Le Seigneur les précédait pour leur montrer le chemin durant le jour par une colonne de nuées, etc. Et il est naturel pour n’importe qui d’être stupéfait de ce qu’il ne connaît pas. De même, [ils eurent peur] à cause de la voix venue de la nuée. Dt 5, 26 : Est-il un être de chair qui puisse entendre la voix du Dieu vivant ? Et, à cause de cela, la force leur manqua, car ILS TOMBÈRENT SUR LEURS FACES. Mais il faut remarquer que les impies tombent différemment des saints. Les impies tombent à la renverse, comme on le lit en 1 R [1 Sm] 4, 18 d’Éli, qui, après avoir entendu des bruits dans l’arche du Seigneur et s’être brisé la nuque, tomba de son siège et expira. Mais les saints tombent sur leurs faces. Ap 7, 11 : Ils tombèrent sur leurs faces. La raison en est que nous ne voyons pas ce qui est derrière nous. Qo 2, 14 : Les yeux du sage sont dans son visage.
La GloseRemarquons le rapport admirable qui existe entre le mystère de cette seconde régénération, qui doit avoir lieu à la résurrection, lorsque notre corps ressuscitera, et le mys tère de la première qui a lieu dans le baptême, où l'âme renaît à une vie nouvelle. Dans le bap tême de Jésus-Christ, nous voyons concourir les trois personnes de la Trinité: le Fils s'y mon tre revêtu d'une chair comme la nôtre, l'Esprit saint y apparaît sous la forme d'une colombe, et le Père s'y déclare dans la voix qui se fait entendre. De même dans la transfiguration, qui est un symbole mystérieux de la seconde régénération, toute la Trinité apparaît, le Père dans la voix, le Fils sous la forme de l'homme, l'Esprit saint dans la nuée. On se demande pourquoi l'Esprit saint apparut d'un côté dans une nuée, et de l'autre sous la forme d'une colombe; la raison en est que l'Esprit saint manifeste ses dons sous des formes sensibles; c'est ainsi que dans le baptême il donne l'innocence figurée par l'oiseau, symbole de la simplicité; dans la résurrection, il nous donnera l'éclat et le rafraîchissement; le rafraîchissement, figuré par la nuée; l'éclat des corps ressuscités, figuré par ce nuage de lumière. « Et ses disciples, entendant ces paroles, tombèrent le visage contre terre, et furent saisis de crainte ».
Les saints Apôtres tombent la face contre terre ( Gn 17,3 Nb 16,4 Nb 16,52 Tb 12,16 Gn 49,17 Is 28,13 Jn 18,26 ), circonstance qui est une preuve de leur sainteté; car dans les saintes Écritures, nous voyons les saints tomber le visage contre terre, tandis que les impies sont renversés en arrière.