Matthieu 17, 25
Il répondit : « Oui. » Quand Pierre entra dans la maison, Jésus prit la parole le premier : « Simon, quel est ton avis ? Les rois de la terre, de qui perçoivent-ils les taxes ou l’impôt ? De leurs fils, ou des autres personnes ? »
Il répondit : « Oui. » Quand Pierre entra dans la maison, Jésus prit la parole le premier : « Simon, quel est ton avis ? Les rois de la terre, de qui perçoivent-ils les taxes ou l’impôt ? De leurs fils, ou des autres personnes ? »
Il dit : oui. S. Pierre n’hésite pas un instant à donner une réponse
affirmative, soit que Jésus eût payé le demi-sicle d’une manière régulière les années précédentes, soit que
l’Apôtre eût cru faire injure à la piété de son Maître, en supposant qu’il se dispensait d’une chose qui était
regardée par tout le monde comme l’accomplissement d’un devoir religieux important. - Et quand il fut entré
dans la maison. Cependant Jésus, suivi de ses Apôtres, était entré dans la maison qui lui servait de domicile durant ses fréquents séjours à Capharnaüm. Quand Pierre l’y eut rejoint, il devança sa pensée, il prévint la
communication que son disciple allait lui faire au sujet du tribut, manifestant ainsi sa connaissance parfaite
des secrets du cœur humain. Le chef du sacré Collège s’était trop avancé en affirmant que son Maître
payerait l’impôt du temple ; il avait oublié momentanément que Notre-Seigneur était « le Christ, Fils du Dieu
vivant », et, qu’en vertu de cette double prérogative, il n’était pas obligé d’acquitter le tribut théocratique ;
bien plus que, par suite d’une haute convenance, il devait ne plus le payer depuis qu’il avait accepté dans
toute son étendue le rôle messianique, depuis qu’il s’était laissé proclamer Fils de Dieu dans le sens strict.
C’est pourquoi Jésus lui rappelle ses titres d’exemption, en lui adressant la question suivante : Que te
semble-t-il... Quelle est ton opinion sur ce point ? - Les rois de la terre : Jésus appuie sur ce dernier mot, car
il veut établir un rapprochement entre les rois terrestres et le Roi du ciel. Prenant pour terme de comparaison
ce qui a lieu dans les familles des princes de ce monde, il en déduit, par un raisonnement a fortiori, le genre
de conduite que doit tenir dans le cas présent le Fils du roi céleste. - Le tribut ou le cens. Ces mots
représentent deux choses distinctes : les taxes levées sur les marchandises et la cote personnelle. - Des
étrangers : ce sont, d’après le contexte, tous ceux qui n’appartiennent pas à la famille du roi, fussent-ils
d’ailleurs sujets du royaume.
1938. Ensuite est présentée la réponse de Pierre : «MAIS SI», DIT-IL, c’est-à-dire : «Il est vrai qu’il ne l’acquitte pas.» Chrysostome dit que, pour ne pas être inquiété, il répondit : «MAIS SI, il le paie.»
Vient ensuite l’interrogation du Christ, puis la réponse de Pierre. Dans l’interrogation, deux choses doivent être considérées, à savoir que [Jésus] ne craignit pas l’aveu de [Pierre], car, puisqu’il était dans une telle situation, il était passible d’une certaine punition. Certains sont dans une telle disposition que, lorsqu’ils voient quelque chose de faible chez un grand, ils sont aussitôt scandalisés. Afin donc qu’ils ne soient pas scandalisés, [Jésus] DEVANÇA SES PAROLES. Ainsi, il ajouta à la faiblesse quelque chose de grand, à savoir que, bien qu’absent, il savait ce qui avait été dit à Pierre : Tout est à nu et à découvert à ses yeux, He 4, 13.
1939. Il faut aussi remarquer qu’il confie le jugement à Pierre, parce que celui-ci parlait plus souvent, en lui disant : «QU’EN PENSES-TU, PIERRE ?» Jb 12, 11 : Est-ce que l’oreille ne juge pas des paroles ? «LES ROIS DE LA TERRE, DE QUI REÇOIVENT-ILS LE TRIBUT OU LE CENS ?» Il y a une différence entre le tribut et le cens : en effet, le tribut [était levé] sur les champs et les vignes, mais le cens était levé par tête. Ainsi, en signe de sa soumission, celui qui est soumis doit quelque chose, et cela s’appelle le cens. À partir de cela, [le Seigneur] veut argumenter que, puisque les fils des rois n’acquittent pas le cens, lui-même n’y est pas tenu : en effet, il est lui-même le roi des rois, par qui tous règnent. De même, selon la chair, il était de lignée royale : Lui qui est de la descendance de David selon la chair, Rm 1, 3. Chrysostome dit que nous pouvons conclure de cela qu’il est le Fils par nature, car celui qui est [fils] par nature est nommé en premier.
Vient ensuite l’interrogation du Christ, puis la réponse de Pierre. Dans l’interrogation, deux choses doivent être considérées, à savoir que [Jésus] ne craignit pas l’aveu de [Pierre], car, puisqu’il était dans une telle situation, il était passible d’une certaine punition. Certains sont dans une telle disposition que, lorsqu’ils voient quelque chose de faible chez un grand, ils sont aussitôt scandalisés. Afin donc qu’ils ne soient pas scandalisés, [Jésus] DEVANÇA SES PAROLES. Ainsi, il ajouta à la faiblesse quelque chose de grand, à savoir que, bien qu’absent, il savait ce qui avait été dit à Pierre : Tout est à nu et à découvert à ses yeux, He 4, 13.
1939. Il faut aussi remarquer qu’il confie le jugement à Pierre, parce que celui-ci parlait plus souvent, en lui disant : «QU’EN PENSES-TU, PIERRE ?» Jb 12, 11 : Est-ce que l’oreille ne juge pas des paroles ? «LES ROIS DE LA TERRE, DE QUI REÇOIVENT-ILS LE TRIBUT OU LE CENS ?» Il y a une différence entre le tribut et le cens : en effet, le tribut [était levé] sur les champs et les vignes, mais le cens était levé par tête. Ainsi, en signe de sa soumission, celui qui est soumis doit quelque chose, et cela s’appelle le cens. À partir de cela, [le Seigneur] veut argumenter que, puisque les fils des rois n’acquittent pas le cens, lui-même n’y est pas tenu : en effet, il est lui-même le roi des rois, par qui tous règnent. De même, selon la chair, il était de lignée royale : Lui qui est de la descendance de David selon la chair, Rm 1, 3. Chrysostome dit que nous pouvons conclure de cela qu’il est le Fils par nature, car celui qui est [fils] par nature est nommé en premier.
La GloseOu bien dans un autre sens, Pierre répond oui, c'est-à-dire: il est vrai qu'il ne le paie pas. Pierre voulait faire connaître indirectement au Sauveur que les hérodiens exigeaient cet impôt; mais le Seigneur va au devant: «Et lorsqu'il fut entré dans la maison, il le prévint».
On vient demander au Seigneur de payer l'impôt de deux drachmes, c'est-à-dire de deux deniers. La loi commandait à tous les Israélites, pour le rachat de leur corps et de leur âme, cet impôt destiné à l'entretien des ministres du temple.
Cette réponse peut s'entendre de deux manières différentes. Dans le premier sens, les fils des rois de la terre sont libres et exempts chez les rois de la terre et les étrangers qui habitent au delà des frontières sont libres aussi; mais ceux qui les oppriment comme les Égyptiens oppri maient les enfants d'Israël, les rendent esclaves. Dans le second sens, bien que quelques-uns soient étrangers aux fils des rois de la terre, par cela même qu'ils sont les enfants de Dieu, ils sont libres; ce sont ceux qui persévèrent dans les enseignements de Jésus, qui ont connu la vérité et que la vérité a délivrés de la servitude du péché. Au contraire, dans ce sens, les fils des rois de la terre ne sont pas libres, car quiconque commet le péché est esclave du péché ( Jn 8,34 ).
Comme conséquence naturelle de ces paroles, nous devons comprendre que toutes les fois que des hommes se présentent pour nous prendre les biens de la terre au nom de la justice, ce sont les rois de la terre qui leur transmettent l'ordre d'exiger de nous ce qui leur appartient, et le Seigneur nous défend par son exemple de donner aucun scandale à ceux qui sont chargés de cette mission, ou pour ne pas les exposer à de plus grandes fautes, ou pour les amener au salut. C'est ainsi que le Fils de Dieu, qui ne fit jamais aucune oeuvre servile, paya cependant l'impôt et la capitation, parce qu'il avait revêtu la forme d'esclave par amour pour les hommes.