Matthieu 17, 17
Prenant la parole, Jésus dit : « Génération incroyante et dévoyée, combien de temps devrai-je rester avec vous ? Combien de temps devrai-je vous supporter ? Amenez-le-moi. »
Prenant la parole, Jésus dit : « Génération incroyante et dévoyée, combien de temps devrai-je rester avec vous ? Combien de temps devrai-je vous supporter ? Amenez-le-moi. »
Et Jésus le menaça... La Vulgate a traduit par le masculin et appliqué à l’enfant le pronom dont le
genre est douteux dans le texte grec. Nous préférerions le neutre, les réprimandes divines de Jésus
s’adressant plutôt au démon qu’au possédé. Les récits de S. Marc et de S. Luc décrivent la scène terrible qui
se produisit alors, et les violences que l’esprit mauvais fit subir à sa victime avant de la quitter pour toujours.
Néanmoins, le démon fut bien forcé d’obéir, « et l’enfant fut guéri à l'heure même ».
1922. Le Seigneur le rabroue donc : «ENGEANCE INCRÉDULE ET PERVERTIE», RÉPONDIT JÉSUS… [Le Seigneur] présente donc sa réponse, et il fait deux choses : premièrement, il reproche un vice ; deuxièmement, il manifeste un bienfait.
[Matthieu] dit donc : JÉSUS RÉPONDIT, etc. [Cet homme] voulait diffamer les disciples et même Jésus auprès des foules, sous prétexte qu’il n’avait pas ce pouvoir, et beaucoup étaient d’accord avec cela. C’est pourquoi Jésus s’emporte contre toute cette engeance et l’accuse d’infidélité, en disant : ENGEANCE INCRÉDULE, car cela n’était pas dû à l’impuissance des disciples, mais à leur incrédulité. Il en était de même de [sa] perversité : [ENGEANCE] PERVERSE, car elle attribuait sa faute aux apôtres. Dt 32, 5 : Engeance mauvaise et perverse, est-ce là ce que vous rendez au Seigneur, peuple insensé et dénué de sagesse ? Jusqu’à quand demeurerai-je avec vous ? Et le Christ présente deux choses : premièrement, leur impénitence ; deuxièmement, la patience divine, car la fréquentation de l’injuste par le juste n’est pas appropriée. Si 13, 21 : Comme le loup l’agneau, ainsi le pécheur fréquente-t-il le juste. 2 Co 6, 15 : Pourquoi mêler le Christ à Bélial ? Il veut donc dire : «Vous jouissez de ma présence, et cependant vous ne cessez de me dénigrer ainsi que mes disciples.» Comme le dit Jérôme, le Seigneur ne dit pas cela parce qu’il est en colère, mais il parle à la manière d’un médecin qui s’approche d’un malade qui ne veut pas suivre ses ordres, et lui dit : «Pourquoi continuerais-je à te visiter alors que tu ne veux pas suivre mes ordres ?» Il donne donc un exemple aux dirigeants que, même si les hommes les contrarient, ils doivent cependant leur accorder des bienfaits, comme lui-même, qui a guéri le fils de celui qui le dénigrait ainsi que ses disciples.
1923. Il dit donc : APPORTEZ-LE-MOI ICI. Premièrement, la façon de guérir est présentée ; deuxièmement, l’effet.
Premièrement, l’agent est présenté, à savoir, le Christ. Il dit donc : APPORTEZ-LE-MOI ICI. Les hommes pèchent de multiples façons : certains par ignorance, certains par faiblesse, certains par malice. Celui [qui pèche] par ignorance peut être enseigné par l’homme. Celui qui pèche par faiblesse, à savoir, celui qui pèche par incontinence, qui regrette son péché et est mené par les passions, celui-là ne peut être guéri par n’importe qui, mais il est nécessaire qu’il soit amené à Jésus, qui guérit toutes nos infirmités.
[Matthieu] dit donc : JÉSUS RÉPONDIT, etc. [Cet homme] voulait diffamer les disciples et même Jésus auprès des foules, sous prétexte qu’il n’avait pas ce pouvoir, et beaucoup étaient d’accord avec cela. C’est pourquoi Jésus s’emporte contre toute cette engeance et l’accuse d’infidélité, en disant : ENGEANCE INCRÉDULE, car cela n’était pas dû à l’impuissance des disciples, mais à leur incrédulité. Il en était de même de [sa] perversité : [ENGEANCE] PERVERSE, car elle attribuait sa faute aux apôtres. Dt 32, 5 : Engeance mauvaise et perverse, est-ce là ce que vous rendez au Seigneur, peuple insensé et dénué de sagesse ? Jusqu’à quand demeurerai-je avec vous ? Et le Christ présente deux choses : premièrement, leur impénitence ; deuxièmement, la patience divine, car la fréquentation de l’injuste par le juste n’est pas appropriée. Si 13, 21 : Comme le loup l’agneau, ainsi le pécheur fréquente-t-il le juste. 2 Co 6, 15 : Pourquoi mêler le Christ à Bélial ? Il veut donc dire : «Vous jouissez de ma présence, et cependant vous ne cessez de me dénigrer ainsi que mes disciples.» Comme le dit Jérôme, le Seigneur ne dit pas cela parce qu’il est en colère, mais il parle à la manière d’un médecin qui s’approche d’un malade qui ne veut pas suivre ses ordres, et lui dit : «Pourquoi continuerais-je à te visiter alors que tu ne veux pas suivre mes ordres ?» Il donne donc un exemple aux dirigeants que, même si les hommes les contrarient, ils doivent cependant leur accorder des bienfaits, comme lui-même, qui a guéri le fils de celui qui le dénigrait ainsi que ses disciples.
1923. Il dit donc : APPORTEZ-LE-MOI ICI. Premièrement, la façon de guérir est présentée ; deuxièmement, l’effet.
Premièrement, l’agent est présenté, à savoir, le Christ. Il dit donc : APPORTEZ-LE-MOI ICI. Les hommes pèchent de multiples façons : certains par ignorance, certains par faiblesse, certains par malice. Celui [qui pèche] par ignorance peut être enseigné par l’homme. Celui qui pèche par faiblesse, à savoir, celui qui pèche par incontinence, qui regrette son péché et est mené par les passions, celui-là ne peut être guéri par n’importe qui, mais il est nécessaire qu’il soit amené à Jésus, qui guérit toutes nos infirmités.
Il faut se rappeler que ce n'est pas seulement de ce jour, mais de longtemps auparavant, que le Seigneur avait à souffrir de la méchanceté des Juifs; c'est pour cela qu'il dit: «Jusques à quand serai-je avec vous ?» C'est-à-dire j'ai souffert depuis trop longtemps de vos injustices, et vous êtes indignes de ma présence.
Il laisse en cela un exemple aux prédicateurs, c'est de reprendre et de poursuivre les vices, mais de soulager les hommes.
Car aucune infirmité ne résiste à l'action du Tout-Puissant qui donne la guérison.
Ou bien, le feu signifie la colère, parce qu'il tend à s'élever en haut; et l'eau les voluptés de la chair.
Ou bien il réprimande cet en fant, parce que ses péchés étaient cause qu'il était tourmenté par le démon.
N'allons pas croire que le Sauveur se soit laissé abattre par l'ennui, et que lui, si doux et si pacifique, ait éclaté en paroles de colère; non, il agit ici comme un médecin qui, voyant un malade aller contre ses ordonnances, dirait: Jusques à quand vien drai-je ici? jusques à quand perdrai-je mes soins et mes peines, puisque vous faites le contraire de ce que je vous ordonne? Une preuve qu'il n'est pas irrité contre cet homme, mais seule ment contre sa mauvaise disposition, et que dan s sa personne il veut reprendre l'incrédulité de tous les Juifs, c'est qu'il ajoute: «Amenez-moi ici cet enfant».
Voyez, d'ailleurs, comme cet homme est imprudent; c'est en présence de la foule qu'il cherche à indisposer Jésus contre ses disciples; mais Jésus les justifie aussitôt en rejetant sur lui seul le défaut de guérison. Nous avons, en effet, plusieurs preuves de son peu de foi. Cependant le Sauveur, pour ne pas le décourager, ne fait pas tomber sur lui seul ses reproches, mais sur tous les Juifs; car il est probable que plusieurs d'entre eux avaient mauvaise opinion de ses disciples. Or, Jésus répondit: «Jusques à quand serai-je avec vous ?» etc., paroles qui nous montrent le désir qu'il avait de sortir de la vie et de souffrir la mort.
Après avoir excusé, ses disciples, il inspire au père de cet enfant l'espérance douce et certaine de la guérison de son fils, et pour amener le père à croire à ce miracle, il menace le démon qu'il voit s'agiter et trembler au seul son de sa voix. «Et Jésus le menaça», non pas celui qui souf frait, mais le démon.
Ou bien, ses disciples n'ayant pu guérir cet homme par suite de leur peu de foi, c'est à eux qu'il adresse ce reproche: «O génération incré dule !» Il ajoute: «Et dépravée», pour nous apprendre que le mal a pour cause sur la terre la perversité des hommes, et non leur nature, et c'est, je pense, cette perversité de tout le genre humain qui le fait s'écrier comme accablé sous le poids de tant de malice: «Jusques à quand serai-je avec vous ?»
L'Esprit saint, parlant de l'inconstance du pécheur, dit: «L'insensé est changeant comme la lune» ( Si 27,11 ). On voit, en effet, ces hommes se livrer avec une espèce d'impétuosité à la pratique des bonnes oeuvres, et puis soudain, comme emportés par un mauvais esprit, devenir les esclaves de leurs passions, et déchoir du haut degré de vertu où on les croyait inébranlables. Peut-être est-ce l'ange à qui Dieu a confié la garde de ce lunati que, qui est appelé ici son père, et c'est lui qui prie le médecin des âmes comme pour son fils, et lui demande de délivrer celui que n'a pu guérir la parole impuissante des disciples du Christ, parole qu'il n'a point voulu entendre, comme s'il était atteint de surdité; il faut la parole du Christ pour qu'il agisse désormais suivant les inspirations de la raison.