Matthieu 16, 27
Car le Fils de l’homme va venir avec ses anges dans la gloire de son Père ; alors il rendra à chacun selon sa conduite.
Car le Fils de l’homme va venir avec ses anges dans la gloire de son Père ; alors il rendra à chacun selon sa conduite.
Car le Fils de l'homme... Dans le texte latin, enim (car) sert
trois fois de trait d’union dans trois versets consécutifs, Cf. vv. 25 et 26 : les idées sont en effet très
étroitement enchaînées. Jésus a posé les conditions d’une vie vraiment chrétienne, v. 24 ; il a ensuite indiqué
la récompense éternelle, ou les châtiments sans fin qu’on peut s’attirer en remplissant ces conditions avec
fidélité, vv. 25 et 26. Maintenant, il transporte l’auditeur au jugement dernier, où se fera la distribution des
châtiments et de la récompense. A cette heure solennelle, le Fils de l’homme fera un second avènement :
avènement nécessaire d’après le plan divin ; avènement glorieux, Dans la gloire de son Père, c’est-à-dire
qu’alors Jésus-Christ apparaîtra comme représentant de Dieu le Père, par conséquent revêtu, même pour ce
qui concerne sa sainte humanité, de la splendeur et de la majesté divines, Cf. 26, 64 : c’est pour cela qu’il
sera entouré d’anges qui exécuteront ses jugements ; avènement qui aura pour but d’assigner à chacun son
sort éternel dans l’autre vie, et alors il rendra... C’est en ce moment que recevront leur belle couronne ceux
qui auront renoncé à eux-mêmes pour être les fidèles disciples de Jésus, et porté courageusement leur croix à
sa suite. - Selon ses œuvres ; le grec emploie le singulier pour désigner collectivement l’ensemble de la vie
morale. - S. Jean Chrysostôme avoue qu’il était vivement effrayé, toutes les fois qu’il entendait ce verset à
cause des terribles menaces qu’il renferme ; mais il contient aussi de magnifiques promesses pour les bons.
1879. Ici, [le Seigneur] traite de [son] pouvoir judiciaire. Premièrement, le pouvoir judiciaire est présenté ; deuxièmement, il répond à une objection tacite.
1880. Peut-être diras-tu : «Pourquoi suivrais-je et porterais-je ma croix, etc. ?» Parce que le jugement et le pouvoir appartiennent au Fils de l’homme. Jn 5, 27 : Il lui a donné le pouvoir de juger, car il est le Fils de l’homme. Ne te plains donc pas de souffrir, car IL VIENDRA DANS LA GLOIRE. Ne te plains pas qu’il soit repoussé par les anciens, car IL VIENDRA DANS LA GLOIRE DE SON PÈRE. [Ne te plains pas] non plus [qu’il soit repoussé] devant un grand nombre, car [IL VIENDRA] AVEC SES ANGES. Ph 2, 11 : Que toute langue confesse que le Seigneur Jésus, le Christ, est dans la gloire de Dieu le Père. Et plus loin, 25, 31 : Lorsque le Fils de l’homme viendra dans sa majesté, avec tous les anges, il siégera sur son trône de majesté, etc. Alors, IL RENDRA, il restituera, À CHACUN SELON SES ŒUVRES.
1880. Peut-être diras-tu : «Pourquoi suivrais-je et porterais-je ma croix, etc. ?» Parce que le jugement et le pouvoir appartiennent au Fils de l’homme. Jn 5, 27 : Il lui a donné le pouvoir de juger, car il est le Fils de l’homme. Ne te plains donc pas de souffrir, car IL VIENDRA DANS LA GLOIRE. Ne te plains pas qu’il soit repoussé par les anciens, car IL VIENDRA DANS LA GLOIRE DE SON PÈRE. [Ne te plains pas] non plus [qu’il soit repoussé] devant un grand nombre, car [IL VIENDRA] AVEC SES ANGES. Ph 2, 11 : Que toute langue confesse que le Seigneur Jésus, le Christ, est dans la gloire de Dieu le Père. Et plus loin, 25, 31 : Lorsque le Fils de l’homme viendra dans sa majesté, avec tous les anges, il siégera sur son trône de majesté, etc. Alors, IL RENDRA, il restituera, À CHACUN SELON SES ŒUVRES.
Si quelqu'un veut marcher derrière moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix et qu'il me suive (Mc 8,34). Quand le Seigneur engage l'homme qui veut le suivre à renoncer à soi-même, nous trouvons son commandement difficile et dur à entendre. Mais si celui qui commande nous aide à l'accomplir, son commandement n'est ni difficile ni pénible. <> Et cette autre parole sortie de la bouche du Seigneur est également vraie: Mon joug est facile à porter, et mon fardeau léger (Mt 11,30).
L'amour, en effet, adoucit ce que les préceptes peuvent avoir de pénible. Nous connaissons toutes les merveilles que l'amour peut accomplir. Sans doute, cet amour est souvent immoral et malhonnête! Quelles rigueurs les hommes n'ont-ils pas endurées, quelles conditions de vie indignes et intolérables n'ont-ils pas supportées pour arriver à posséder l'objet de leur amour! <> Or, ce qu'ils aiment nous permet, le plus souvent, de savoir ce qu'ils sont eux-mêmes; ils devraient, quand ils s'interrogent sur la direction à donner à leur vie, se soucier uniquement du choix de ce qu'ils aimeront. Pourquoi s'étonner que celui qui aime le Christ et veut le suivre, renonce à soi-même pour l'aimer? Car, si l'homme se perd en s'aimant soi-même, il doit sans aucun doute se trouver en se renonçant.
Qui refuserait de suivre le Christ au séjour du bonheur parfait, de la paix suprême et de l'éternelle tranquillité? Il est bon de le suivre jusque là; encore faut-il connaître la voie pour y parvenir. Aussi bien le Seigneur n'a pas fait cette recommandation après sa résurrection, mais avant sa passion. Il devait encore être crucifié, endurer l'ignominie, les outrages, les coups, les épines, les blessures, les insultes, l'opprobre et la mort!
Le chemin te semble couvert d'aspérités, il te rebute, tu ne veux pas suivre le Christ. Marche à sa suite! Le chemin que les hommes se sont tracé est raboteux, mais il a été aplani quand le Christ l'a foulé en retournant au ciel. Qui donc refuserait d'avancer vers la gloire? Tout le monde aime à s'élever en gloire, mais l'humilité est la marche à gravir pour y arriver. Pourquoi lèves-tu le pied plus haut que toi? Tu veux donc tomber au lieu de monter? Commence par cette marche: déjà elle te fait monter.
Les deux disciples qui disaient: Seigneur, accorde-nous de siéger, l'un à ta droite et l'autre à ta gauche, dans ton Royaume (Mc 10,37), ne prêtaient aucune attention à ce degré d'humilité. Ils visaient le sommet et ne voyaient pas la marche. Mais le Seigneur leur a montré la marche. Eh bien, qu'a-t-il répondu? "Pouvez-vous boire à la coupe que je vais boire (Mc 10,38)? Vous qui désirez parvenir au faîte des honneurs, pouvez-vous boire le calice de l'humilité?" Voilà pourquoi il ne s'est pas borné à dire d'une manière générale: Qu'il renonce à lui-même et qu'il me suive, mais il a ajouté: Qu'il prenne sa croix et qu'il me suive (Mc 8,34).
Que signifie: Qu'il prenne sa croix? Qu'il supporte tout ce qui lui est pénible; c'est ainsi qu'il me suivra. Dès qu'il aura commencé à me suivre en se conformant à ma vie et à mes commandements, il trouvera sur son chemin bien des gens qui le contrediront, qui chercheront à le détourner et à le dissuader, et cela même parmi ceux qui passent pour des compagnons du Christ.
Quelles que soient les menaces, les séductions ou les interdictions dont tu seras l'objet, si tu veux le suivre, fais de tout cela ta croix. Accepte-la, porte-la, ne succombe pas sous le poids.
Ces paroles du Christ ont encouragé les martyrs. Ne faut-il pas, à l'heure de la persécution, que tu comptes pour rien toutes choses à cause du Christ?
L'amour, en effet, adoucit ce que les préceptes peuvent avoir de pénible. Nous connaissons toutes les merveilles que l'amour peut accomplir. Sans doute, cet amour est souvent immoral et malhonnête! Quelles rigueurs les hommes n'ont-ils pas endurées, quelles conditions de vie indignes et intolérables n'ont-ils pas supportées pour arriver à posséder l'objet de leur amour! <> Or, ce qu'ils aiment nous permet, le plus souvent, de savoir ce qu'ils sont eux-mêmes; ils devraient, quand ils s'interrogent sur la direction à donner à leur vie, se soucier uniquement du choix de ce qu'ils aimeront. Pourquoi s'étonner que celui qui aime le Christ et veut le suivre, renonce à soi-même pour l'aimer? Car, si l'homme se perd en s'aimant soi-même, il doit sans aucun doute se trouver en se renonçant.
Qui refuserait de suivre le Christ au séjour du bonheur parfait, de la paix suprême et de l'éternelle tranquillité? Il est bon de le suivre jusque là; encore faut-il connaître la voie pour y parvenir. Aussi bien le Seigneur n'a pas fait cette recommandation après sa résurrection, mais avant sa passion. Il devait encore être crucifié, endurer l'ignominie, les outrages, les coups, les épines, les blessures, les insultes, l'opprobre et la mort!
Le chemin te semble couvert d'aspérités, il te rebute, tu ne veux pas suivre le Christ. Marche à sa suite! Le chemin que les hommes se sont tracé est raboteux, mais il a été aplani quand le Christ l'a foulé en retournant au ciel. Qui donc refuserait d'avancer vers la gloire? Tout le monde aime à s'élever en gloire, mais l'humilité est la marche à gravir pour y arriver. Pourquoi lèves-tu le pied plus haut que toi? Tu veux donc tomber au lieu de monter? Commence par cette marche: déjà elle te fait monter.
Les deux disciples qui disaient: Seigneur, accorde-nous de siéger, l'un à ta droite et l'autre à ta gauche, dans ton Royaume (Mc 10,37), ne prêtaient aucune attention à ce degré d'humilité. Ils visaient le sommet et ne voyaient pas la marche. Mais le Seigneur leur a montré la marche. Eh bien, qu'a-t-il répondu? "Pouvez-vous boire à la coupe que je vais boire (Mc 10,38)? Vous qui désirez parvenir au faîte des honneurs, pouvez-vous boire le calice de l'humilité?" Voilà pourquoi il ne s'est pas borné à dire d'une manière générale: Qu'il renonce à lui-même et qu'il me suive, mais il a ajouté: Qu'il prenne sa croix et qu'il me suive (Mc 8,34).
Que signifie: Qu'il prenne sa croix? Qu'il supporte tout ce qui lui est pénible; c'est ainsi qu'il me suivra. Dès qu'il aura commencé à me suivre en se conformant à ma vie et à mes commandements, il trouvera sur son chemin bien des gens qui le contrediront, qui chercheront à le détourner et à le dissuader, et cela même parmi ceux qui passent pour des compagnons du Christ.
Quelles que soient les menaces, les séductions ou les interdictions dont tu seras l'objet, si tu veux le suivre, fais de tout cela ta croix. Accepte-la, porte-la, ne succombe pas sous le poids.
Ces paroles du Christ ont encouragé les martyrs. Ne faut-il pas, à l'heure de la persécution, que tu comptes pour rien toutes choses à cause du Christ?
L'exhortation qu'il vient de faire à ses disciples de se renoncer eux-mêmes, et de porter leur croix, les a remplis d'effroi. A cette doctrine sévère il fait donc succéder des prédictions plus agréables: «Le Fils de l'homme viendra, dit-il, dans la gloire de son Père avec ses anges», etc. Vous craignez la mort? écoutez quelle sera la gloire du triomphateur; vous redoutez la croix? entendez quel sera le ministère des anges.
Il ne dit pas: Le Fils de l'homme viendra dans une gloire semblable à celle de son Père, pour ne pas laisser supposer que ce sont deux gloires différentes, mais: «Dans la gloire du Père», montrant ainsi qu'il s'agit absolument de la même gloire. Or, si la gloire est une, il est évident qu'il n'y a également qu'une substance. Que craignez-vous donc, Pierre, en entendant parler de mort? Vous me verrez alors dans la gloire; et si je suis dans la gloire, vous y serez aussi vous-même. Mais cependant à ces prédictions de gloire il entremêle une pensée effrayante, c'est celle du jugement. «Et alors il rendra à chacun selon ses oeuvres».
C'est-à-dire: Maintenant le Fils de l'homme est venu sur la terre, mais ce n'est pas dans la gloire; car il ne convenait pas qu'il se chargeât de nos pé chés, étant environné d'honneur et de gloire. Mais alors il viendra dans toute sa gloire, lorsqu'il aura préparé ses disciples, et après qu'il s'est fait semblable à eux, pour les rendre semblables à lui, c'est-à-dire participants de sa propre gloire.
Dans le sens moral, on peut dire que le Verbe de Dieu a pour ceux qui sont nouveaux dans la foi l'apparence d'un esclave, tandis que pour ceux qui sont parfaits, il paraît dans la gloire de son Père. Les anges sont les discours des prophètes qu'il est impossible de compren dre dans le sens spirituel avant d'avoir l'intelligence spirituelle du Verbe du Christ, de manière qu'on les voit apparaître en même temps dans la majesté. C'est alors qu'il donnera de la gloire à chacun suivant ses actes, car plus on est vertueux, plus aussi on a l'intelligence spirituelle de Jésus-Christ et de ses prophètes. Ceux qui se tiennent où est Jésus sont ceux qui ont jeté près de lui les fondements de leur âme et de leurs affections. Ceux qui sont plus solidement assis ne goûtent pas la mort avant qu'ils aient vu le Verbe de Dieu dans son règne. Ils verront la gran deur sublime de Dieu qui reste invisible pour ceux qui sont enveloppés dans les épais nuages de leurs péchés, ce sont ces derniers qui goûtent la mort; car l'âme pécheresse est frappée de mort. De même, en effet, que le Christ est la vie et le pain vivant qui est descendu du ciel, ainsi son ennemi, c'est-à-dire la mort, est le pain de mort. Il en est qui mangent très peu de ces pains, qui ne l'ont que les goûter; d'autres au contraire, s'en nourrissent abondamment. Ceux qui ne commettent que des fautes rares et peu nombreuses, ne font que goûter la mort; ceux, au contraire, qui pratiquent dans leur perfection les vertus spirituelles, ne goûtent pas la mort, mais se nourrissent continuellement du pain de vie. Ces paroles: «Jusqu'à ce qu'ils voient, ne précisent pas l'époque après laquelle doit arriver ce qui n'avait pas encore reçu son accomplis sement; elles expriment simplement une chose qui se fera nécessairement. Celui, en effet, qui aura une fois vu Jésus dans sa gloire, ne goûtera jamais la mort.