Matthieu 14, 9
Le roi fut contrarié ; mais à cause de son serment et des convives, il commanda de la lui donner.
Le roi fut contrarié ; mais à cause de son serment et des convives, il commanda de la lui donner.
Le roi fut attristé. S. Jérôme et S. Hilaire ne croient pas
pouvoir mettre cette parole d’accord avec le « voulant le faire mourir » du v. 5, à moins d’affirmer que la
tristesse du tétrarque était feinte et hypocrite : « L’hypocrite et l’artisan de mort présentait comme de la
tristesse sur son visage la joie qu’il ressentait dans son cœur », St Jérôme, Comm in h. l. Mais ce sentiment
est peu vraisemblable. La tristesse d’Hérode était réelle, de même que son estime pour le Baptiste, de même
que les craintes qui lui étaient inspirées par la possibilité d’une révolte de la part du peuple : cette
contradiction apparente se justifie très bien au point de vue psychologique dans une âme d’un tel caractère. -
Le roi : nous avons vu qu’Hérode était simplement tétrarque et qu’il ne portait pas le titre de roi.
L’évangéliste l’appelle roi dans le sens général et populaire de ce mot. Cf. 2, 22. Plus tard, sur les instances
réitérées d’Hérodiade, et jaloux de voir son neveu Agrippa élevé à la dignité royale par l’empereur, Hérode
fit un voyage à Rome tout exprès pour obtenir le même honneur : il reçut une sentence qui l’exilait à Lyon.
Après avoir passé quelques années dans cette ville, il alla probablement mourir en Espagne. Cf. Jos. Bell.
Jud. 2, 9, 6. - A cause de son serment ; comme si un pareil serment était obligatoire ! Il craint d’être parjure
après s’être engagé à la légère et de la façon la plus vague, et il ne craint pas de commettre une énorme
atrocité ! - Et de ceux qui étaient à table. Le faux point d’honneur, tel est le second motif qui lui fait
surmonter sa tristesse et son indécision. « Et pourquoi ne craignait-il pas ce qui était plus grave ? demande St
Jean Chrysostôme. Car si tu craignais d’avoir des témoins du parjure, il te fallait à bien plus forte raison
redouter un meurtre si criminel, dont un si grand nombre seraient témoins », Hom. 48 in Matth.
1669. LE ROI FUT CONTRISTÉ À CAUSE DE SON SERMENT. Ici est précisé comment [Jean] fut tué. Chrysostome [dit] : «Ici est donné un exemple de ce que l’honnêteté est respectée même par les impies», comme on le lit en Sg 5, 1s. Jérôme dit que celui-là est contristé qui auparavant avait voulu tuer, mais avait craint le peuple. Pourquoi [Matthieu] dit-il donc que [le roi] est contristé ? [Jérôme donne] la solution : c’est la coutume parmi les hommes de raconter ce qui est vu des hommes, comme ils disaient que le Christ était le fils de Joseph, parce qu’ils le pensaient, ainsi qu’on le lit en Lc 3. [Matthieu] dit donc qu’IL FUT CONTRISTÉ, parce qu’il le parut aux hommes.
1670. Vient ensuite l’exécution. Premièrement, l’ordre [de l’exécuter] est présenté ; deuxièmement, l’exécution. À CAUSE DE SON SERMENT ET DES CONVIVES. En cela, [Hérode] fut insensé, car on ne doit pas craindre d’avoir fait serment à propos d’une chose mauvaise, car par le fait même d’avoir juré, je suis parjure. Jr 4, 2 : Vous jurerez avec jugement (c’est-à-dire avec discernement), avec justice et vérité. De même, s’il avait fait serment, il fallait qu’il soit entendu que ce qu’il ferait de lui-même porterait sur ce qui est bien. Ainsi, ce qu’il ne devait pas faire de lui-même, il ne devait pas ordonner à un autre [de le faire]. Za 8, 17 : N’aimez pas un serment mensonger. ET AUSSI À CAUSE DES CONVIVES, afin de les rendre complices de l’homicide. En effet, tous appuyaient la jeune fille. IL COMMANDA DE LA LUI DONNER.
1670. Vient ensuite l’exécution. Premièrement, l’ordre [de l’exécuter] est présenté ; deuxièmement, l’exécution. À CAUSE DE SON SERMENT ET DES CONVIVES. En cela, [Hérode] fut insensé, car on ne doit pas craindre d’avoir fait serment à propos d’une chose mauvaise, car par le fait même d’avoir juré, je suis parjure. Jr 4, 2 : Vous jurerez avec jugement (c’est-à-dire avec discernement), avec justice et vérité. De même, s’il avait fait serment, il fallait qu’il soit entendu que ce qu’il ferait de lui-même porterait sur ce qui est bien. Ainsi, ce qu’il ne devait pas faire de lui-même, il ne devait pas ordonner à un autre [de le faire]. Za 8, 17 : N’aimez pas un serment mensonger. ET AUSSI À CAUSE DES CONVIVES, afin de les rendre complices de l’homicide. En effet, tous appuyaient la jeune fille. IL COMMANDA DE LA LUI DONNER.
Cette fille est doublement coupable, par sa danse lascive, et pour avoir séduit Hérode à ce point qu'elle pût demander un meurtre pour récompense. Voyez quelle cruauté dans cette danseuse impudique, et quelle faiblesse dans Hérode: il se lie par un ser ment, et il la rend maîtresse de la demande qu'elle voudra lui faire. Lorsqu'il vit le crime qui allait résulter de cette demande, il s'attriste, dit l'Évangéliste: « Et le roi fut contristé ». Car la vertu force les méchants eux-mêmes à lui payer le tribut de leur admiration et de leurs louanges.
Ou bien dans un autre sens, c'est la coutume des Écritures que l'écrivain sacré rapporte comme la vérité l'opinion la plus commune parmi les contemporains. Ainsi, de même que Marie elle-même appelle Joseph le père de Jésus ( Lc 2,48 ), ainsi l'Évangéliste nous dit qu'Hérode fut contristé, parce que telle fut l'opinion des convives. Car ce fourbe, habile à dis simuler les sentiments de son âme, cet artisan d'homicide affectait un air triste pendant que son coeur était dans la joie. « A cause du serment », etc. Il fait servir son serment d'excuse à son crime et devient impie en se couvrant du manteau de la religion. L'Évangéliste ajoute: « Et à cause de ceux qui étaient à table avec lui ». C'est-à-dire qu'Hérode veut les rendre tous com plices de son crime, et, dans un festin où préside l'impureté, leur servir des mets ensanglantés. Mais s'il craignait d'avoir des témoins de son parjure, ne devait-il pas craindre beaucoup plus d'avoir tant de témoins de ce meurtre impie?