Matthieu 13, 39

L’ennemi qui l’a semée, c’est le diable ; la moisson, c’est la fin du monde ; les moissonneurs, ce sont les anges.

L’ennemi qui l’a semée, c’est le diable ; la moisson, c’est la fin du monde ; les moissonneurs, ce sont les anges.
Fulcran Vigouroux
La consommation du siècle ; c’est-à-dire la fin du monde.
Louis-Claude Fillion
L'ennemi... Méchant par sa nature, que peut-il produire sinon le mal ? Il est appelé ennemi par antonomase, c’est-à-dire l’ennemi du Christ et de son royaume. Satan et le Messie travaillent donc à côté l’un de l’autre dans le grand champ du monde : mais le premier fait le mal tandis que le second fait le bien ; le premier n’a qu’un souci, celui de détruire selon la mesure de ses forces les heureux résultats opérés par son rival. - Qui l'a semée ; c’est au démon et à ses opérations funestes et à son esprit pervers qu’il communique à une certain nombre d’hommes, c’est à lui seul et nullement à Dieu qu’il faut attribuer le mal moral qui existe en ce monde. Toute la mauvaise graine qui envahit le champ a été semée par lui. - La fin du monde, la fin du siècle présent suivie du jugement messianique, qui inaugurera la période éternelle du royaume des cieux dans son état transfiguré. - Les moissonneurs. Il est plusieurs autres traits particuliers de la parabole que Jésus n’explique point : mais, après les détails qu’il vient de donner, il était si facile de compléter l’interprétation ! Il est évident, par exemple, que les serviteurs du père de famille, c’est-à-dire du Fils de l’homme, Cf. v. 37, représentent les Apôtres qui, plus d’une fois, pressés par leur zèle, auraient voulu extirper imprudemment les mauvaises herbes plantées dans le champ messianique, au risque d’arracher en même temps les bonnes.
Saint Thomas d'Aquin
1616. Ensuite, [il explique] qui est le semeur, en disant : MAIS L’ENNEMI, QUI L’A SEMÉE, C’EST LE DIABLE, qui incite au péché. Sg 2, 24 : C’est par l’envie du Diable que la mort est entrée dans le monde.

1617. Ensuite, il traite d’une distinction, et il fait trois choses : premièrement, il indique le moment ; deuxièmement, les serviteurs ; troisièmement, la distinction. Il indique le moment : LA MOISSON, C’EST LA FIN DU TEMPS. Comme on l’a dit, la première récolte a été faite par les apôtres ; il en est question en Jn 4, 35 : Levez les yeux et voyez les champs, comme ils sont blancs pour la moisson. Mais l’autre [est celle] où l’on fera la récolte des fruits ; il en est question en Ga 6, 8 : Ce que l’homme a semé, il le récoltera. ET LES MOISSONNEURS, CE SONT LES ANGES. En effet, de même que, dans l’Église présente les serviteurs sont les hommes bons, de même en sera-t-il alors des anges.
Saint Jean Chrysostome
C'est en effet une des ruses du démon de mêler toujours l'erreur à la vérité. «La moisson, c'est la fin du monde». Notre-Seigneur dit dans un autre endroit, mais en parlant des Samaritains: «Levez vos yeux et regardez les campagnes comme elles blanchissent déjà pour la moisson» (Jn 4). Et ailleurs: «La moisson est grande, mais il y a peu d'ouvriers», paroles qui signi fient que le temps de la moisson est arrivé. Pourquoi donc déclare-t-il qu'elle n'aura lieu que plus tard? C'est qu'il l'entend ici dans un autre sens. Aussi, tandis que dans les paroles qui précèdent il dit que l'un sème et que l'autre moissonne, il déclare ici que c'est le même qui sème et qui moissonne; car lorsqu'il dit que celui qui sème n'est pas celui qui moissonne, ce n'est pas entre lui et les prophètes, mais entre les prophètes et les Apôtres qu'il veut établir une distinction, puisque c'est le Christ qui a semé lui-même par les prophètes dans la Judée et dans la Samarie. C'est donc sous deux sens différents qu'il prend dans ces deux circonstances les mots de semence et de moisson. Lorsqu'il parle d'obéissance et de soumission à la foi, il se sert du nom de moisson, parce qu'elle est le principe et la cause de toute perfection; mais lorsqu'il est question du fruit qu'on doit retirer de la parole de Dieu, comme dans cet endroit, il appelle la moisson la consommation de toutes choses.