Matthieu 12, 39
Il leur répondit : « Cette génération mauvaise et adultère réclame un signe, mais, en fait de signe, il ne lui sera donné que le signe du prophète Jonas.
Il leur répondit : « Cette génération mauvaise et adultère réclame un signe, mais, en fait de signe, il ne lui sera donné que le signe du prophète Jonas.
Génération méchante et
adultère. Elle est adultère dans le sens théocratique. Les relations de Jéhova avec le peuple juif sont
fréquemment comparées à un mariage dans les divers écrits de l’Ancien Testament, Cf. Jérem. 3, 20, etc. : la
nation, quand elle oublie son Dieu, ressemble donc à une épouse infidèle. - Demande un signe, comme si les
signes ne lui étaient pas chaque jour prodigués ! Cette seule demande était une violente injure. Le texte grec
emploie un verbe composé qui est plus énergique. - Il ne lui sera pas donné ; du moins elle n’aura pas celui
qu’elle réclame avec insolence. Mais Jésus, dans son immense bonté, continuera de lui donner les signes
quotidiens de ses miracles ; puis, dans un prochain avenir, il lui accordera le signe exceptionnel qu’il prédit
actuellement sous le nom de signe du prophète Jonas. Que voulait-il désigner par ces mots ? Serait-ce,
comme le prétendent de nombreux rationalistes, « sa prédication et tout l’ensemble de son apparition » qui
eurent, nous assure-t-on, la plus grande analogie avec la prédication et la conduite de Jonas à Ninive ? Mais
en quoi cela a-t-il été un signe ? On serait heureux, par cette échappatoire, d’annuler la grande prophétie de
Jésus relative à sa résurrection ; voilà le vrai motif qui a fait attribuer à ses paroles une signification si vague.
Toutefois le livre de Jonas d’une part, de l’autre l’explication de Jésus-Christ lui-même au v. 40, sont trop
clairs et trop précis pour qu’il soit possible de se méprendre, à moins de le faire sciemment, volontairement.
Le signe de Jonas, c’est la préservation mystérieuse de ce prophète, à laquelle correspond la Résurrection
miraculeuse de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Le commentaire du divin Maître ne permettra pas le moindre
doute à ce sujet ; Cf. 16, 4.
1471. IL LEUR RÉPONDIT, etc. Ensuite, [le Seigneur] les repousse, et il fait deux choses : premièrement, il refuse leur demande ; deuxièmement, il manifeste [son] indignation, en cet endroit : LES HOMMES DE NINIVE, etc. [12, 41].
1472. Premièrement, [Matthieu] indique ce qu’ils avaient demandé ; deuxièmement, [le Seigneur] le refuse.
1473. [Matthieu] dit donc : IL LEUR RÉPONDIT : «ENGEANCE MAUVAISE ET ADULTÈRE ! ELLE RÉCLAME UN SIGNE.» [Le Seigneur] appelle mauvais ceux qui posent des embûches. On dit de quelqu’un qu’il est mauvais parce qu’il nuit à son prochain. GÉNÉRATION MAUVAISE, donc, et fils méchants ! Elle est appelée GÉNÉRATION ADULTÈRE. Is 57, 3 : Approchez-vous ici, fils de la magicienne, race issue d’une adultère et d’une prostituée. Cette génération était à ce point soumise à l’iniquité qu’ELLE RÉCLAME UN SIGNE ET QU’IL NE LUI SERA DONNÉ QUE LE SIGNE DE JONAS, LE PROPHÈTE. Is 7, 11 : Demande un signe pour toi, un signe de la part du Seigneur depuis les profondeurs de l’enfer ou depuis les hauteurs, etc. Ils demandaient donc un signe venu du ciel, mais ils n’étaient pas dignes de le voir. [Le Seigneur] accorda ceci à ses apôtres, qui l’ont vu monter au ciel, eux qui avaient vu la gloire de Dieu sur la montagne. Mais il ne sera donné à ceux-là qu’un signe venu de l’enfer, pour ce qui est de l’âme, et de la terre, pour ce qui est du corps. IL NE LEUR SERA donc DONNÉ QUE LE SIGNE DE JONAS, LE PROPHÈTE. Il indique ainsi la mort du Christ, et la charité de Dieu est manifestée, comme le dit l’Apôtre, Rm 5, 8 : Alors que vous étiez pécheurs, le Christ est mort pour nous dans le temps, etc. De même, la puissance de celui qui ressuscite est montrée, comme on le lit en 1 Co 15, 20s. Tels sont les signes de ce qui doit exister en nous. Par la mort du Christ, il nous est indiqué que nous devons mourir au péché ; mais, par [sa] résurrection, [il nous est indiqué] que nous devons sortir du péché.
1472. Premièrement, [Matthieu] indique ce qu’ils avaient demandé ; deuxièmement, [le Seigneur] le refuse.
1473. [Matthieu] dit donc : IL LEUR RÉPONDIT : «ENGEANCE MAUVAISE ET ADULTÈRE ! ELLE RÉCLAME UN SIGNE.» [Le Seigneur] appelle mauvais ceux qui posent des embûches. On dit de quelqu’un qu’il est mauvais parce qu’il nuit à son prochain. GÉNÉRATION MAUVAISE, donc, et fils méchants ! Elle est appelée GÉNÉRATION ADULTÈRE. Is 57, 3 : Approchez-vous ici, fils de la magicienne, race issue d’une adultère et d’une prostituée. Cette génération était à ce point soumise à l’iniquité qu’ELLE RÉCLAME UN SIGNE ET QU’IL NE LUI SERA DONNÉ QUE LE SIGNE DE JONAS, LE PROPHÈTE. Is 7, 11 : Demande un signe pour toi, un signe de la part du Seigneur depuis les profondeurs de l’enfer ou depuis les hauteurs, etc. Ils demandaient donc un signe venu du ciel, mais ils n’étaient pas dignes de le voir. [Le Seigneur] accorda ceci à ses apôtres, qui l’ont vu monter au ciel, eux qui avaient vu la gloire de Dieu sur la montagne. Mais il ne sera donné à ceux-là qu’un signe venu de l’enfer, pour ce qui est de l’âme, et de la terre, pour ce qui est du corps. IL NE LEUR SERA donc DONNÉ QUE LE SIGNE DE JONAS, LE PROPHÈTE. Il indique ainsi la mort du Christ, et la charité de Dieu est manifestée, comme le dit l’Apôtre, Rm 5, 8 : Alors que vous étiez pécheurs, le Christ est mort pour nous dans le temps, etc. De même, la puissance de celui qui ressuscite est montrée, comme on le lit en 1 Co 15, 20s. Tels sont les signes de ce qui doit exister en nous. Par la mort du Christ, il nous est indiqué que nous devons mourir au péché ; mais, par [sa] résurrection, [il nous est indiqué] que nous devons sortir du péché.
Il parle ainsi, parce que ce n'était pas pour les amener à lui qu'il faisait des mira cles, car il savait qu'ils étaient plus durs que la pierre, mais c'était pour en convertir d'autres. Ou bien c'est parce qu'ils ne devaient pas être témoins d'un signe tel qu'ils le demandaient. En effet, il leur donna plus tard un signe, alors qu'ils apprirent à connaître sa puissance par leur propre châtiment, et c'est ce qu'il leur fait entendre à mots couverts en leur disant: «On ne lui donnera pas de signe», paroles dont voici le sens: J'ai répandu sur vous mes bienfaits à profusion, aucun d'eux ne vous a portés à rendre hommage à ma puissance; vous la connaîtrez donc par le châtiment qui vous attend, lorsque vous verrez la destruction de votre cité. Il en tremêle ici une prédiction de sa résurrection, qu'ils devaient aussi connaître un jour par leur supplice, «si ce n'est le signe du prophète Jonas».La croix n'aurait jamais été l'objet de la foi si elle n'avait eu pour elle le témoignage des miracles, et si elle n'avait pas été crue, la résur rection ne l'aurait pas été davantage; c'est pour cela qu'il l'appelle un signe, et que pour en faire reconnaître la vérité il en rappelle une figure prophétique: «Car, de même que Jonas fut dans le ventre de la baleine», etc.
Il ne leur dit pas claire ment qu'il ressusciterait, car ils se seraient moqués de lui; mais il le leur donne à entendre pour qu'ils pussent croire par la suite ce qu'il avait prédit par avance. Il ne dit pas simplement: «Dans la terre», mais «dans les entrailles de la terre» pour exprimer une véritable sépulture, et afin que personne ne pût soupçonner que sa mort n'était qu'apparente. Il dit clairement qu'il y restera trois jours, afin que l'on ne pût douter de la réalité de sa mort. D'ailleurs la figure de la résurrection est une preuve de sa réalité, car Jonas ne fut pas seulement en apparence, mais bien réellement dans le ventre de la baleine. Or la vérité n'aurait-elle existé qu'en apparence, tandis que la figure a existé en réalité? Les disciples de Marcion sont donc de véritables en fants du démon, en affirmant avec leur maître que la passion du Christ n'a été qu'imaginaire; ajoutons que le signe du prophète Jonas, qui devait être donné à cette génération est une preuve que le Sauveur devait souffrir la mort pour les Juifs, quoiqu'ils n'en dussent tirer aucun profit (cf. Jon 1,5 ).