Matthieu 12, 21
Les nations mettront en son nom leur espérance.
Les nations mettront en son nom leur espérance.
Ce texte d’Isaïe (voir Isaïe, 42, 1-4) s’applique à Jésus-Christ même dans le sens littéral. En effet, Jésus-Christ était Fils coéternel et consubstantiel au Père par sa nature divine, mais il s’est rendu son serviteur, comme le dit saint Paul, (voir Philippiens, 2, 7), en se revêtant de la chair et des infirmités humaines.
En son nom. « Ce jugement ne se
terminera pas seulement à punir les coupables, mais a attirer encore à lui toute la terre. Et les nations
espéreront en son nom », S. Jean Chrys. l. c. D’après l’hébreu, ce n’est pas précisément le nom, c’est la
doctrine du Messie qui fait l’objet de l’attente des Gentils ; toutefois la différence n’est pas considérable,
puisque dans le nom du Christ on trouve assurément le principe de son enseignement : ceux qui attendent sa
loi ne peuvent manquer d’avoir confiance en son nom, c’est-à-dire en sa personnalité toute puissante. - Les
nations, comme au v. 18 ; car les païens aussi, les Prophètes ne cessent pas de le redire, étaient appelés au
salut messianique. - Bien que ce beau passage d’Isaïe soit rattaché d’une manière plus spéciale à l’humble
fuite de Jésus et à sa condescendance envers le peuple, il convient néanmoins à sa Vie publique tout entière
et à tout l’ensemble de sa conduite en tant que Messie.
1419. Et non seulement ceci arrivera, mais, lorsqu’ils auront été détruits, LES NATIONS METTRONT LEUR ESPÉRANCE EN SON NOM. Ainsi, Gn 49, 10 : C’est lui qu’attendront les nations. Ou bien, autre [interprétation] : il supporte ainsi [leur] volonté et ne juge personne, mais, lorsque la mort ennemie sera détruite, toutes les nations se rallieront à lui, et ce sera le jour du jugement.
Ils sortent, parce que leur âme s'est détournée de Dieu; ils tinrent conseil pour prendre les moyens de perdre la vie et non de la trouver pour eux-mêmes.
Il dit: «Je l'ai choisi» pour une oeuvre que nul autre n'a faite, pour racheter le genre humain, et rétablir la paix entre le monde et Dieu.
Ou bien, au contraire, ce roseau brisé, ce sont les Juifs agités par le vent, et dispersés bien loin les uns des autres. Cependant le Seigneur ne les condamne pas immédiatement, mais il les supporte avec patience. Cette mèche qui fume encore serait alors le peuple, formé des nations, qui, après avoir éteint dans son coeur la cha leur de la loi naturelle, était enveloppé de toutes parts d'erreurs. ténébreuses, semblables à une épaisse fumée qui blesse les yeux. Or, non seulement le Seigneur n'éteignit pas cette mèche fumante, et ne la réduisit pas en cendres, mais au contraire il fit jaillir de cette étincelle la flamme la plus vive et le feu le plus ardent.
Un autre motif pour lequel il leur commande de ne point le découvrir, c'est afin de ne point rendre ses persécuteurs plus coupables.
Ces paroles: «Mon âme»,ne doivent pas être entendues en ce sens que Dieu le Père ait une âme comme la nôtre; c'est par métaphore que le prophète lui attribue une âme pour exprimer son affection. Et en cela rien d'étonnant, puisque nous lui attribuons de la même manière les différents membres de notre corps.
Dieu le Père fit reposer son esprit sur lui, lorsque par l'opération du Saint-Esprit il prit un corps dans le sein de la Vierge Marie, et lorsqu'étant fait homme, il fut inondé de la pléni tude de l'Esprit saint.
Le mot grec gëáôåéá, correspondant au mot latin platea, place publique, veut dire étendue; personne donc n'a en tendu sa voix dans les lieux spacieux, parce qu'il a promis à ceux qui l'aiment, non pas les jouissances de la vie, mais de rigoureuses privations.
Remarquons que ce témoignage du prophète ne vient pas confirmer seulement la vérité de ce passage, mais la vérité d'une multitude d'autres. Ainsi ces paroles: «Voici mon servi teur», se rapportent à cet endroit où le Père dit: «Celui-ci est mon Fils», ( Mt 3 ); et ces autres: «Je placerai mon esprit en lui», au miracle de l'Esprit saint descendant sur le Seigneur au moment de son baptême ( Lc 3 ). Ce qu'il ajoute: «Il annoncera la justice aux na tions»,se rapporte à ce que saint Matthieu dit ailleurs: «Lorsque le Fils de l'homme s'assiéra sur le trône de sa gloire» ( Mt 25 ). Ces autres paroles: «Il ne disputera ni ne criera» se sont vérifiées lorsque le Seigneur ne répondit presque rien au prince des prêtres et à Pilate ( Mt 26,27 ), et qu'il garda un silence absolu devant Hérode ( Lc 23 ). Ce qui suit: «Il n'achèvera pas de briser le roseau cassé»se rapporte à ce trait de la vie du Sauveur où il se dérobe à la fureur de ses ennemis pour leur éviter un plus grand crime ( Jn 7 Jn 8 ); enfin ces paroles: «Les nations espéreront en son nom» peuvent se rapporter à ce passage de saint Matthieu: «Allez, enseignez toutes les nations» ( Mt 28 ).
C'est qu'en effet, il est venu annoncer le jugement à venir à ceux qui l'ignoraient.
Il ne voulut donc ni briser ni éteindre les Juifs ses persécuteurs, comparés ici au roseau brisé, parce qu'ils n'avaient plus leur intégrité, et à la mèche qui fume, parce qu'ils avaient per du la lumière; cependant il leur pardonne, car il n'était pas encore venu pour les juger, mais pour être jugé par eux.
Nous voyons déjà l'accomplissement de cette dernière par tie de la prophétie, et cet accomplissement qui est incontestable nous garantit l'accomplissement du jugement dernier, que quelques-uns ont la témérité de nier, jugement qui aura lieu sur la terre parce que le Christ descendra lui-même du haut des cieux. En effet, qui aurait jamais cru que les nations espéreraient dans le nom du Christ, alors qu'il était au pou voir de ses ennemis, chargé de chaînes, frappé de verges, bafoué et attaché sur une croix, et quand ses disciples eux-mêmes avaient perdu le peu d'espérance qu'ils avaient placée en lui. Ce qu'alors un voleur seul avait à peine espéré sur la croix, est devenu l'objet de l'espérance de toutes les nations répandues sur la face de la terre, et tous les hommes recourent au signe de cette croix sur laquelle il est mort pour se garantir eux-même de la mort éternelle. Que personne donc ne doute que Jésus-Christ n'accomplisse un jour ce dernier jugement tel qu'il a été prédit.
Il se retire, parce qu'il connaît les piéges qu'ils veulent lui tendre, et qu'il veut leur ôter l'occasion d'exercer contre lui leurs projets impies.
La voie qui conduit à la perdition est large et spacieuse, et il en est beaucoup qui la prennent; or il en est beaucoup qui n'entendent pas la voix du Sauveur, parce qu'ils sont non dans la voie étroite, mais dans la voie large ( Mt 7,13 ).
Mais sa puissance ne se bornera pas à punir ceux qui auront refusé de croire en lui, il entraînera encore après lui tout l'univers: «Et les nations espéreront en son nom».
L'envie soulève contre Jésus l'esprit des pharisiens, parce qu'ils ne voyaient en lui que l'homme, et qu'ils ne voulaient pas y découvrir Dieu dans les oeuvres qu'il opérait. L'Évangéliste ajoute donc: «Mais les pharisiens, étant sortis», etc.
Jésus, connaissant leurs des seins, se retire pour s'éloigner de ce conseil d'iniquité. «Or, Jésus, le sachant», etc.
Il com mande à ceux qu'il guérit de garder le silence sur leur guérison. «Et il leur commanda de ne point le faire connaître».La santé qu'il avait rendue à chacun d'eux était un témoignage en sa faveur; mais en commandant le silence, ou en faisant une obligation du secret, il évite toute occasion de vaine gloire; et cependant il se fait connaître par cela seul qu'il commande le se cret, puisqu'on ne garde le silence qu'à l'égard d'une chose dont on ne doit point parler. Il nous apprend aussi, lorsque nous avons fait quelque action importante, à ne point re chercher les louanges des hommes.