Marc 9, 36

Prenant alors un enfant, il le plaça au milieu d’eux, l’embrassa, et leur dit :

Prenant alors un enfant, il le plaça au milieu d’eux, l’embrassa, et leur dit :
Louis-Claude Fillion
S. Matthieu, Matth. 18, 3-5, expose d’une manière plus complète la pensée de Jésus. S. Marc, a son ordinaire, resserre le langage pour appuyer davantage sur les faits. — Un enfant comme celui-ci. Par ces mots, le Sauveur montrait qu’il voulait parler non seulement au propre, mais encore au figuré, c’est-à-dire qu’indépendamment des petits enfants, il pensait aussi et surtout aux âmes simples dont ils sont l’emblème. — Et quiconque… Sublime gradation, qui promet aux amis des enfants et des humbles la plus parfaite récompense qu’on puisse envier ici-bas. « Voyez ce que vaut l’humilité, car elle mérite l’inhabitation du Père, du Fils et même du Saint Esprit ». Théophylacte. Cf. Matth. 10, 40 et le commentaire.
Saint Théophylacte d'Ohrid
Il nous défend d'usurper injustement les honneurs, et il veut que nous n'y parvenions que par l'humilité.

Voyez de quel prix est l'humilité, elle attire dans l'âme, le Père, le Fils et le Saint-Esprit ( Jn 14, 23; 1 Jn 4, 16).
Saint Bède le Vénérable
Aux événements prospères, Jésus-Christ mêle habituellement la prédiction d'événements fâcheux, afin que leur arrivée inopinée ne soit pas pour les Apôtres un sujet d'épouvante, mais qu'ils les trouvent préparés à les supporter courageusement.

A cette recommandation, Jésus joint l'exemple de la simplicité de l'enfance. «Et prenant un enfant», etc.

Le Sauveur recommande ici àceux qui aspirent aux dignités, de faire à ses pauvres un digue accueil par honneur pour lui-même; ou bien il leur recommande d'avoir la candeur de l'enfance, et d'être simples sans fierté, charitables sans envie, affectueux sans colère. Le baiser qu'il donne à cet enfant, nous apprend que c'est aux petits qu'il réserve son affection et ses embrassements. Il ajoute: «En mon nom», c'est-à-dire, que la vertu qui, chez l'enfant, n'est autre chose qu'une inclination natur elle, doit être chez nous un acte de la raison fait au nom de Jésus-Christ. Enfin, quand il veut que nous le considérions lui-même dans la personne de l'enfant, ce n'est pas seulement de sa nature visible qu'il veut parler: «Celui qui me recevra, ce n'est pas moi qu'il reçoit, mais celui qui m'a envoyé»,etc. Il veut que ses disciples croient qu'il a la même nature et la même grandeur que son Père.
Saint Jérôme
Il est assez naturel de s'entretenir eu chemin du pouvoir; un chemin en est une image frappante. On quitte le pouvoir comme on y est entré; pendant même qu'on l'exerce, on le voit s'échapper; et on ignore dans quel endroit, c'est-à-dire, quel jour on en sera dépouillé complètement.

Remarquez que c'est en marchant, que les disciples disputent sur la question de prééminence, et que Jésus s'asseoit pour leur enseigner l'humilité. Le travail et la fatigue sont le partage de ceux qui commandent, le repos celui des humbles.
Saint Jean Chrysostome
Les disciples avaient un vif désir d'être honorés, glorifiés par leur divin Maître; plus un homme est grand, plus il est digne de grands honneurs. Aussi le Sauveur ne réprime pas ce désir, il veut simplement qu'il soit tempéré par l'humilité.

Il leur met sous les yeux mêmes un modèle d'humilité et de simplicité; car l'enfant ne connaît ni la jalousie, ni la vaine gloire, il est pur de toute ambition. Et il ne leur dit pas seulement: une grande récompense vous est réservée, si vous devenez semblables à cet enfant, mais il ajoute, si vous honorez, pour l'amour de moi, quiconque lui ressemblera: «Ayant embrassé cet enfant, il leur dit: Celui qui accueillera un de ses petits enfants», etc.