Marc 9, 31
car il enseignait ses disciples en leur disant : « Le Fils de l’homme est livré aux mains des hommes ; ils le tueront et, trois jours après sa mort, il ressuscitera. »
car il enseignait ses disciples en leur disant : « Le Fils de l’homme est livré aux mains des hommes ; ils le tueront et, trois jours après sa mort, il ressuscitera. »
Ils comprirent cependant d’une certaine manière, puisque, d’après S. Matthieu, Matth. 17, 22, le premier
effet de cette nouvelle prédiction fut de les attrister profondément. Ce qu’ils ignoraient, c’était le mode, la
cause, le but des souffrances du Messie. Aveuglés par leurs fausses idées christologiques, ils ne voyaient pas
pourquoi Jésus devait mourir avant d’établir son royaume [410]. — Ils craignaient de l’interroger. D’une
part, ils redoutaient d’avoir trop de détails sur des événements si douloureux ; d’autre part, se rappelant les
reproches qu’avait attirés à saint Pierre une réflexion malheureuse sur le même sujet (cf. Marc 8, 31-33), ils
craignaient peut-être aussi d’affliger leur Maître en le questionnant. Ce verset contient une belle analyse
psychologique des sentiments des Apôtres.
Aux prodiges, Jésus fait succéder un entretien sur sa Passion; pour prévenir et combattre la pensée que c'est malgré lui qu'il a souffert. «Au sortir de ce lieu, ils traversèrent la Galilée; et Jésus leur disait: Le Fils de l'homme sera livré», etc.
Après avoir rapporté la tristesse des Apôtres à cette nouvelle, l'Évangéliste ajoute ce qui devait les consoler: «Après que le Fils de l'homme aura été mis à mort, il ressuscitera le troisième jour»; ainsi nous apprend-il qu'aux souffrances doit succéder la joie.
Cette ignorance dans les Apôtres n'avaient pas précisément pour cause la lenteur de leur esprit, mais plutôt l'amour qu'ils portaient au Sauveur. Encore charnels, et incapables de comprendre le mystère du salut par la croix, ils ne pouvaient croire que celui qu'ils reconnaissaient pour le vrai Dieu, fût sujet à la mort. Ils l'avaient si souvent entendu parler dans un langage métaphorique, que dans la frayeur que leur inspirait l'annonce de sa mort, ils voulaient ne donner encore qu'un sens figuré à ce qu'il leur prédisait de la trahison dont il serait l'objet, et de la passion qui devait en être la suite.