Marc 9, 28
Quand Jésus fut rentré à la maison, ses disciples l’interrogèrent en particulier : « Pourquoi est-ce que nous, nous n’avons pas réussi à l’expulser ? »
Quand Jésus fut rentré à la maison, ses disciples l’interrogèrent en particulier : « Pourquoi est-ce que nous, nous n’avons pas réussi à l’expulser ? »
Notre Évangéliste ne donne que la substance de la réponse du Sauveur. Voyez S. Matthieu,
Matth. 17, 19-20 et le commentaire. C’est seulement après avoir dit à ses disciples que leur impuissance
provenait de l’imperfection de leur foi, et après leur avoir révélé par un frappant exemple la vertu
incomparable d’une foi ferme, que Jésus ajouta : Cette sorte de démon, c’est-à-dire, d’après l’opinion
commune, la classe particulière dont faisait partie, dans la hiérarchie infernale, le démon expulsé par
Notre-Seigneur. C’était un « des démons les pires et les plus déterminés ». Tirin. — Par la prière et par le
jeûne. Par le jeûne, la chair est soumise à l’esprit ; par la prière, l’esprit est soumis à Dieu, et, de la sorte,
l’homme devient pour ainsi dire un ange, supérieur à la chair et au démon (Pensée d’Eusèbe d’Émèse). Mais
pour prier, comme pour mortifier sa chair, il faut avoir une foi vive. Que le prêtre ait donc cette foi, qu’il
réduise son corps en servitude, qu’il soit un homme d’oraison, et il sera plus fort que tous les démons qu’il
gémit de voir ravager son troupeau.
Après avoir manifesté sa gloire à trois de ses disciples, Jésus-Christ vient retrouver les autres qui n'étaient point montés avec lui sur le Thabor; «lorsqu'il fut retourné auprès de ses autres disciples, il les vit environnés d'une foule nombreuse». Les pharisiens s'étaient empressés de profiter de la courte absence du Sauveur, pour aborder les disciples et essayer de les attirer à eux.
Ce démon est sourd et muet: sourd, parce qu'il ne veut pas entendre la parole de Dieu; muet, parce qu'il ne veut pas donner aux autres l'enseignement dont ils ont besoin.
Il permet que cet enfant soit ainsi tourmenté, pour nous faire connaître toute la fureur du démon, qui l'aurait fait mourir, si le Seigneur ne fût venu à son secours. «Et il demanda au père: Combien y a-t-il de temps ?» etc.
Jésus se contente de menacer l'esprit immonde en présence de la multitude qui accourt, parce qu'il ne voulait pas opérer le miracle sous ses yeux, pour nous apprendre à fuir l'ostentation.
C'est-à-dire, les démons lunatiques, ou simplement toute espèce de démons. Il faut que celui qui désire être guéri, jeûne, ainsi que celui qui doit le guérir; la prière n'est parfaite, que lorsqu'elle est accompagnée du jeûne; lorsque celui qui prie, ne se laisse point appesantir par la nourriture, mais pratique la vertu de sobriété.
Dès que Jésus nous tient la main, c'est-à-dire, dès que la parole évangélique nous donne la force d'agir, nous sommes délivrés du démon. Car, vous le voyez, Dieu commence par nous aider, puis il demande notre coopération à sa grâce. «Jésus le releva», dit l'Évangile, voilà la grâce divine; et «le malade se tint debout»; voilà la coopération de l'homme.
Souvent, en effet, lorsque, après avoir péché, nous voulons revenir à Dieu, cet antique ennemi de notre salut nous tend des pièges nouveaux et plus dangereux, afin de nous inspirer de l'aversion pour la vertu, ou de se venger de l'affront d'avoir été chassé.
Remarquons, que dans toutes les circonstances, les sentiments du peuple sont bien différents de ceux des scribes. Chez ces derniers, nous ne voyons aucun témoignage de piété, de foi, d'humilité, de respect, à l'égard du Sauveur; le peuple, au contraire, à l'approche de Jésus, s'émeut, s'ébranle, et court au-devant de lui pour lui offrir ses hommages; «Et étant accourus, ils le saluaient».
Que Julien soit ici confondu, lui qui ose soutenir que nous sommes nés sans aucune souillure, et que notre naissance a été aussi innocente que celle d'Adam. Pourquoi, en effet, enfant, a-t-il été, dès ses plus tendres années, l'objet de si cruels traitements de la part du démon, s'il n'était point souillé de la ta che originelle, puisqu'il est certain qu'il n'était coupable d'aucun péché qui lui fût propre?
Jésus fait à cet homme une réponse parfaitement en rapport avec sa demande: «Si vous avez quelque puissance, aidez-nous». Oui, répond le Sauveur, «si vous-même vous pouvez croire». Le lépreux qui criait avec persévérance: «Seigneur, si vous voulez, vous pouvez me guérir», avait une foi bien plus vive, aussi est-elle magnifiquement récompensée par cette réponse: «Oui, je le veux, soyez guéri» ( Mt 8; Mc 1).
La perfection n'est pas l'oeuvre d'un instant; celui qui veut y parvenir, doit, dans une conduite régulière, commencer par les petites choses, pour parvenir ensuite aux grandes; la vertu, en effet, a des degrés différents, son commencement, son progrès, sa perfection. Comme donc la foi se développe, sous l'inspiration secrète de la grâce, par les degrés successifs de ses mérites, il arriva ici que, dans un seul et même temps, celui qui ne croyait pas encore parfaitement était à la fois incrédule et croyant.
Dans le sens mystique, nous apprenons ici que c'est sur les lieux élevés que le Seigneur découvre à ses disciples les mystères de son royaume, et dans les régions inférieures qu'il reproche au peuple son incrédulité, et qu'il chasse les esprits malins des corps qu'ils tour il fortifie, instruit, et châtie même les âmes encore charnelles et inintelligentes, et donne avec plus de liberté aux parfaits les enseignements de la vie éternelle.
Ou bien, ce démoniaque est l'image de l'âme, qui, souillée dès son origine de la tache du péché, n'en peut être purifiée que par la foi en Jésus-Christ et par sa grâce toute-puissante. Le feu représente lebouillonnement de la colère, et l'eau les voluptés charnelles dont le propre est de miner les forces de l'âme par les plaisirs du corps. Ce n'est pas à l'enfant qui souffre, mais au démon qui le tourmente, que Jésus adresse ses menaces; il veut nous apprendre que celui qui désire corriger un pécheur doit aimer et consoler l'homme, et réserver pour le péché seul qu'il doit détruire ses réprimandes, sa haine, ses invectives.
En enseignant à ses Apôtres le secret de chasser les démons les plus pernicieux, le Seigneur nous présente à tous une règle de vie: il nous apprend que nous triompherons des plus grandes épreuves, qu'elles aient pour auteurs les démons ou les hommes, par le jeûne et par la prière, et que le feu de la colère de Dieu tout prêt à châtier nos crimes, cédera lui-même à l'efficacité de ce remède tout-puissant. Par le jeûne, il faut entendre en général l'abstinence, non-seulement d'aliments, mais de toute jouissance sensuelle, et même l'exemption de toute passion coupable. De même aussi la prière, prise dans sa généralité, ne consiste pas seulement dans les paroles dont nous faisons usage pour implorer la bonté divine, mais encore dans tous les actes inspirés par la foi et la piété, pour rendre hommage à notre Créateur, au sens de saint Paul, quand il dit ( 1Th 5 ): «Priez sans cesse».
Il n'y a point de repos pour l'homme sous le soleil ( Qo 8,23 ); les âmes basses sont victimes de leur jalousie ( Jb 5, 2); les hautes montagnes sont frappées par la foudre; l'assemblée des fidèles se compose, et de ceux qui, comme le peuple, recueillent avec foi l'enseignement, et de ceux qui, comme les scribes, sont pleins d'une orgueilleuse envie. «Et le peuple, à la vue de Jésus, fut saisi d'étonnement», etc.
La présence de Jésus jeta le peuple dans l'admiration et le saisissement, mais les disciples ne partagèrent pas cette impression, parce que l'amour bannit la frayeur ( 1Jn 4,18 ). L'esclave est dominé par la crainte; l'étonnement, la stupeur, sont naturels à l'insensé. «Et Jésus-Christ demanda: Quel est le sujet de vos discussions ?» Il veut par cette question, les faire parler pour les sauver, il nous engager à lui exposer dans un langage plein de confiance, le trouble qui agite notre âme.
La folie, qui a pour objet les jouissances de la chair, est guérie par le jeûne; de même aussi la paresse est chassée par la prière. A chaque plaie il faut appliquer le remède convenable: ce n'est point par un remède appliqué sur le pied que l'on guérit l'oeil malade. Ainsi donc, employez le jeûne contre les passions du corps, et la prière contre les maladies de l'âme.
L'objet de leurs discussions était sans doute l'impuissance où ils s'étaient trouvés, eux, les disciples du Sauveur, de guérir le démoniaque qui se trouvait au milieu d'eux; c'est ce que donnent à entendre les paroles qui suivent: «Un homme élevant la voix, du milieu de la foule, dit: Maître, j'ai apporté mon fils», etc.
Notre-Seigneur permet ce qui arrive dans l'intérêt de ce pauvre père, afin qu'à la vue des tortures que le démon fait souffrir à son enfant, il fut déterminé à croire par le miracle qui allait le délivrer.
Comme ils avaient reçu le pouvoir de chasser les esprits immondes, ils craignaient d'avoir perdu cette grâce qui leur avait été donnée. «Jésus leur répondit: Cette espèce de démons», etc
A ces menaces, à ce ton de maître: «Je te le commande», on reconnaît la puissance divine. Jésus ne se contente pas de dire: «Sors de cet homme»; il ajoute: «Et garde-toi bien de rentrer en lui», car le démon était toujours près de reprendre possession de ce jeune homme, parce que la foi du père était encore trop faible; mais la défense expresse de Dieu était pour lui un obstacle insurmontable. «Alors cet esprit ayant jeté un grand cri, et l'ayant agité par de violentes convulsions, sortit», etc. En présence de la véritable vie, le démon fut impuissant à donner la mort.