Marc 8, 26

Jésus le renvoya dans sa maison en disant : « Ne rentre même pas dans le village. »

Jésus le renvoya dans sa maison en disant : « Ne rentre même pas dans le village. »
Louis-Claude Fillion
Le miracle une fois accompli, Jésus recommande à l’aveugle, comme il avait auparavant recommandé au sourd-muet, Marc 7, 36, de garder le silence sur le miracle dont il venait d’être l’objet. — Dans sa maison. Sa maison, qu’il lui dit de gagner à l’instant, était située en dehors de Bethsaïda, puisqu’il pouvait y arriver, d’après le contexte, sans entrer dans cette ville. — Si tu entres dans le bourg. La Recepta grecque et de nombreux manuscrits ont une leçon notablement différente : « n’entre pas dans le bourg ». D’autres témoins, omettant ces mots, disent simplement [376] : « ne le dis à personne (en entrant) dans le bourg ». — La défense de Jésus fut-elle observée cette fois ? L’Évangéliste ne le dit pas. Il est probable que non, comme on l’a vu dans des cas semblables.
Saint Théophylacte d'Ohrid
La ville de Bethsaïde était, il paraît, infectée d'incrédulité au premier chef, ce qui lui attira ces reproches du Seigneur: «Malheur à toi, Bethsaïde ! car si les miracles qui ont été faits au milieu de toi, avaient été faits dans Tyr et Sidon, elles auraient fait pénitence», etc. ( Mt 11). Il fait donc sortir de ce bourg cet aveugle qu'on y avait fait entrer, car la foi de ceux qui l'avaient amené, n'était pas véritable.

Jésus n'accorde pas aussitôt à sa foi une guérison complète; il ne recouvre la vue qu'en partie, parce que sa foi était encore imparfaite; car le Sauveur mesure la guérison sur le degré de la foi.

Il lui fait cette défense, à cause de l'incrédulité des habitants de Bethsaïde dont nous avons déjà parlé, il ne voulait pas exposer cet homme à voir sa foi attaquée, ni les habitants de cette ville à devenir plus coupables par une incrédulité plus obstinée.

Ou bien encore, après l'avoir guéri, le Sauveur le renvoie dans sa maison, c'est-à-dire dans le ciel, car le ciel où il y a plusieurs demeures ( Jn 14, 2) est la maison de chacun de nous.
La Glose
Le miracle de la multiplication des pains est suivie de la guérison de l'aveugle: ce Lorsqu'ils furent arrivés à Bethsaïde, on lui amena un aveugle, qu'on le pria de toucher».
Saint Bède le Vénérable
- Ceux qui lui firent cette prière savaient que le toucher du Seigneur est aussi puissant pour rendre la vue à un aveugle, que pour guérir un lépreux.

Il aperçoit bien les formes vagues des corps qui se détachent sur les ombres, mais sa vue encore trouble ne peut en saisir les traits et les contours. C'est ainsi que dans le lointain, ou dans l'obscurité de la nuit, les massifs d'arbres apparaissent d'une manière indéterminée, de manière qu'on ne peut distinguer facilement si ce sont des arbres ou des hommes.

Il apprend aussi par là à ses disciples à ne point se servir des actions éclatantes qu'ils peuvent faire pour rechercher l'estime et la faveur des hommes.

En effet, le Seigneur nous touche lorsqu'il répand la lumière dans notre âme par le souffle de son Esprit, et qu'il nous excite à reconnaître notre propre faiblesse et à nous livrer avec zèle à la pratique des bonnes oeuvres. Il prend la main de l'aveugle, pour lui donner la force de mènera bonne fin les oeuvres qu'il doit entreprendre.
Saint Jérôme
Dans le sens allégorique, Bethsaïde veut dire la maison de la vallée, c'est-à-dire le monde, qui est vraiment une vallée de larmes. On amène au Sauveur un aveugle, c'est-à-dire un homme qui ne voit pas ce qu'il a été, ce qu'il est, et ce qu'il sera. On le prie de toucher cet homme; et quel est celui que le Seigneur touche, si ce n'est celui dont le coeur est brisé par la componction?

«Jésus lui dit: Et si vous entrez dans le bourg, ne parlez de ceci à personne»,c'est-à-dire ne cessez de raconter à ceux avec, qui vous vivez votre aveuglement passé, mais ne parlez jamais de vos vertus.