Marc 7, 7
C’est en vain qu’ils me rendent un culte ; les doctrines qu’ils enseignent ne sont que des préceptes humains.
C’est en vain qu’ils me rendent un culte ; les doctrines qu’ils enseignent ne sont que des préceptes humains.
« Par un raisonnement, le
Christ minimise le superflu des Pharisiens dont il font parade », dit énergiquement saint Jérôme. La réponse
de Jésus est plus qu’une défense : c’est une vigoureuse attaque qui rendra muets les Pharisiens et les Scribes.
Quoiqu’elle soit au fond la même dans S. Matthieu et dans S. Marc, les arguments n’y sont pas reproduits
dans un ordre identique. D’après le premier Évangéliste, Notre Seigneur, ripostant à ses ennemis par une
contre-question, leur reproche d’abord de violer les commandements de Dieu les plus graves, spécialement le
quatrième, sous prétexte d’observer leurs vaines traditions. Puis, généralisant la question, il leur montre à
l’aide du texte d’Isaïe toute la grandeur de leur hypocrisie. Dans le second Évangile nous retrouvons ces
deux parties : seulement, la seconde, qui est plus générale, se présente à la première place ; le fait particulier
relatif au Corban ne vient qu’ensuite. Il serait bien difficile de dire quel fut l’ordre suivi réellement par Jésus.
— Isaïe a bien prophétisé… Cette terrible prophétie qu’Isaïe (Es 24, 3) adressait directement à ses
contemporains, devait trouver plus tard dans la conduite des Pharisiens un second accomplissement voulu
par l’Esprit-Saint. Elle décrit en termes très vifs l’horreur qu’inspire à Dieu un culte purement extérieur,
l’honneur que lui procurent des hommages sincères. Voyez l’Évangile selon S. Matthieu, Matth. 15, 7. —
C’est en vain qu’ils m’honorent. La traduction littérale de ce mot en hébreu serait : Un « tohou » est leur
culte (תהו désigne le vide, le chaos). Mais Isaïe ne l’a pas écrit dans ce passage : il exprime du moins fort
bien la pensée divine.
Ils prenaient dans un sens purement matériel les paroles toutes spirituelles des prophètes, et entendaient exclusivement de la purification du corps des recommandations qui n'avaient pour objet que les pensées et les oeuvres, comme celles-ci: «Lavez-vous, et soyez purs» ( Is 1): «Soyez purs, vous qui portez les vases du Seigneur» ( Is 52 ). C'est donc une tradition toute humaine et superstitieuse, quand on s'est lavé une fois les mains, de les laver encore à plusieurs r eprises avant de prendre sa nourriture, et de ne vouloir point se mettre à table en revenant de la place publique, sans s'être purifié. Mais il est nécessaire que ceux qui désirent participer au pain descendu du ciel, ne cessent de purifier leurs oeuvres par les aumônes, les larmes, et par d'autres fruits de justice. Il faut aussi purifier sous l'action incessante des bonnes pensées et des actions vertueuses, les souillures que l'on contracte nécessairement au milieu des préoccupations des affaires du siècle. Mais pour les Juifs, c'est inutilement qu'ils se lavent fréquemment et se purifient en revenant de la place publique, tant qu'ils refusent de venir se purifier dans la fontaine du Sauveur; et c'est en vain qu'ils observent la purification des vases, eux qui négligent de purifier leurs corps et leurs coeurs de leurs véritables souillures.