Marc 7, 31
Jésus quitta le territoire de Tyr ; passant par Sidon, il prit la direction de la mer de Galilée et alla en plein territoire de la Décapole.
Jésus quitta le territoire de Tyr ; passant par Sidon, il prit la direction de la mer de Galilée et alla en plein territoire de la Décapole.
Quittant de nouveau. Ce verset décrit en abrégé l’un des
voyages les plus considérables de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Tandis que S. Matthieu n’en parle qu’en
termes fort vagues, « Étant parti de là, Jésus vint près de la mer de Galilée », Matth. 15, 29, la note de S.
Marc indique très clairement l’itinéraire suivi par Jésus. — Les frontières de Tyr : tel fut le point de départ.
Les mots par Sidon désignent la première partie du trajet. Après avoir, selon toute vraisemblance, franchi la
frontière juive et traversé une partie du territoire de Tyr, le Sauveur se dirigea tout droit vers le Nord, du côté
de Sidon. Il est peu probable que Jésus soit entré dans cette cité païenne : il ne faut donc pas prendre trop à la
lettre la locution « par Sidon ». Elle peut fort bien signifier : À travers le pays qui dépendait de Sidon. Il est
vrai que la Recepta grecque a une variante d’une certaine gravité. « Mais, dit fort bien D. Calmet, le Copte,
l’Arabe, l’Éthiopien et plusieurs manuscrits (B. D. L. Δ, etc.) sont semblables à la Vulgate. L’on n’a mis : les
confins de Tyr et de Sidon, au lieu de : les confins de Tyr par Sidon, que pour éviter la prétendue incongruité
que l’on concevait à ce que Jésus se rendît de Tyr par Sidon à la mer de Galilée, à laquelle il semblait tourner
le dos ». La leçon du grec imprimé est donc une fausse correction. — L’adverbe de nouveau retombe sur
vint… vers la mer de Galilée, et non sur quittant, car l’Évangéliste n’a signalé aucun voyage antérieur de
Jésus vers Tyr et vers Sidon, tandis qu’il a mentionne à plusieurs reprises ses courses auprès du lac de
Tibériade. — En traversant le milieu de la Décapole. La Décapole étant située à l’Orient du Jourdain [347],
pour gagner la mer de Galilée à travers son territoire, quand on se trouvait aux alentours de Sidon, on n’avait
pas le choix entre plusieurs itinéraires. Il fallait se diriger d’abord vers l’Est à travers le massif du Liban
méridional, franchir la gorge profonde de la Cœlésyrie ou Syrie creuse, et arriver dans l’Antiliban auprès des
sources du Jourdain. De là on devait marcher directement au Sud, en passant par Césarée de Philippe et
Bethsaïda-Julias [348]. Le voyage dura sans doute quelques semaines. Dans ces contrées solitaires et
pittoresques, Jésus et ses disciples purent jouir du calme et du repos qu’ils avaient en vain cherchés quelque
temps auparavant. Cf. Marc 6, 31 et ss.
Notre-Seigneur ne voulut pas rester plus longtemps parmi les Gentils, pour ne pas donner occasion aux Juifs de l'accuser d'être un transgresseur de la loi, en se mêlant aux idolâtres: «Et quittant de nouveau les confins de Tyr», etc. La Décapole est une contrée qui comprend dix villes situées au delà et à l'est du Jourdain en face de la Galilée. Lors donc que l'Évangéliste rapporte que Notre-Seigneur est venu à la mer de Galilée, au milieu du pays de la Décapole, il ne veut pas dire qu'il est entré sur les confins de la Décapole même, puisqu'il ne lui fait pas traverser la mer, mais qu'il est venu jusqu'au bord de la mer, dans un endroit d'où au delà de la mer il pouvait apercevoir les confins de la Décapole.
Dans le sens allégorique, Tyr, qui signifie endroit resserré, représente la Judée à qui le Seigneur dit par son prophète: «La couche est trop étroite»; et c'est ce qui le force de se transporter chez d'autres nations. Sidon veut dire chasse. L'animal indompté qu'il faut prendre, c'est notre nation, et la mer figure l'inconstance et la mobilité du monde. C'est au milieu de la Décapole qui représente les dix commandements, que le Sauveur vient pour sauver les nations. - Le genre humain, composé d'une multitude de membres et semblable à un homme affecté de diverses infirmités, se trouve figuré dans le premier homme; il devient aveugle tout en voyant, sourd en entendant, muet tout en parlant. On vient prier le Seigneur de lui imposer les mains; ce sont les patriarches et les justes qui désiraient si vivement voir s'accomplir son incarnation.