Marc 6, 6

Et il s’étonna de leur manque de foi. Jésus parcourait les villages d’alentour en enseignant.

Et il s’étonna de leur manque de foi. Jésus parcourait les villages d’alentour en enseignant.
Louis-Claude Fillion
Il s’étonnait. Plusieurs manuscrit grecs ont le verbe au pluriel, comme si c’étaient les habitants de Nazareth qui se fussent étonnés. Mais c’est là évidemment une correction malheureuse, émanée d’un copiste peu intelligent auquel il avait été impossible de comprendre que le sentiment de l’admiration pût trouver place dans l’âme de Jésus. Oui, le Sauveur s’étonne ! Il est surpris en face de la réception qui lui est faite par les siens ! Toutefois, notons-le bien, son étonnement n’est pas la suite de l’ignorance (« Il ne s’étonne pas celui qui sait tout, comme s’il s’agissait d’une chose inopinée et imprévue », Bède), il provient au contraire, de sa parfaite connaissance des cœurs. Les Nazaréens avaient tant de motifs de croire ! N’était-il pas étrange qu’ils demeurent incrédules ? Les saints Évangiles ne nous montrent qu’en deux endroits Notre-Seigneur Jésus-Christ livré à l’étonnement, ici et Matth. 8, 10, à l’occasion de la foi si vive du centurion. Quel contraste entre les deux faits ! — Il parcourait les villages. Le divin Maître ne s’éloigne, dirait-on, qu’à regret de sa patrie. Il demeure dans le voisinage, cherchant des cœurs mieux disposés. Les bourgades qu’il parcourut en y répandant ses bienfaits durent être Dabrat, Naim, Gath-Hepher, Rimmon, Endor, Japhia, etc. [299]
Saint Bède le Vénérable
L'Évangéliste appelle Nazareth le pays du Sauveur, parce qu'il y avait été élevé. Mais quel est l'aveuglement extraordinaire dans les habitants de Nazareth que de mépriser, à cause de l'obscurité de sa famille, celui que ses paroles aussi bien que ses actions auraient dû leur faire reconnaître pour le Christ? «Or, un jour de sabbat étant venu, il commença à enseigner», etc. Cette sagesse qu'ils admirent, c'est sa doctrine, et les merveilles, qui sont également l'objet de leur admiration, ce sont les guérisons et les miracles qu'il opérait.

Car bien qu'on ne puisse comparer les choses humaines aux choses divines, la figure cependant est ici parfaite, parce que le Père du Christ opère par le feu et par l'Esprit.
Saint Augustin
D'après le récit de saint Matthieu, ils l'appelèrent le fils du charpentier, et il n'y a en cela rien d'étonnant, puisqu'ils ont pu dire l'un et l'autre, d'autant plus qu'ils ne le croyaient charpentier lui-même que parce qu'ils pensaient qu'il était fils du charpentier.
Saint Jérôme
Jésus est appelé fils du charpentier, mais de ce divin charpentier qui a fait l'aurore et le soleil ( Ps 73, 16), c'est-à-dire la première et la seconde Eglise, l'Eglise juive et l'Eglise chrétienne, qui sont figurées dans la femme et dans la jeune fille guéries par Notre-Seigneur.

Souvent, d'ailleurs, l'origine d'un homme est obscure, et donne lieu à ce langage: «Qu'est-ce que le fils d'Isaï ?» ( 1R 25,10 ) parce qu'en effet le Seigneur regarde les choses basses et ne voit que de loin celles qui sont hautes ( Ps 137).