Marc 6, 52

car ils n’avaient rien compris au sujet des pains : leur cœur était endurci.

car ils n’avaient rien compris au sujet des pains : leur cœur était endurci.
Louis-Claude Fillion
Car… Parce que… Les deux conjonctions que nous rencontrons coup sur coup dans ce verset, montrent que l’Évangéliste se propose d’expliquer pourquoi les disciples, habitués cependant à tant de miracles, avaient été si frappés de ceux qu’ils avaient vus en dernier lieu. C’est là une note spéciale à S. Marc : elle nous ouvre un horizon des plus instructif non toutefois des plus consolants, sur l’état moral du collège apostolique à cette époque de la vie de Jésus. — Ils n’avaient pas compris. Ils n’avaient donc pas compris le premier des trois prodiges récemment opérés par leur Maître. L’Évangéliste semble vouloir insinuer que leur peu d’intelligence sur ce point provenait du défaut de réflexion. S’ils eussent réfléchi, il leur eût été aisé de comprendre que rien n’était impossible à Notre-Seigneur, et aucun miracle ne les aurait étonnés de sa part. — Leur cœur était aveuglé… Stupéfaits parce qu’ils n’ont pas compris, ils n’ont pas compris parce qu’ils ont un cœur lent à percevoir, « endurci ». Tel est en effet le sens du participe traduit ici par aveuglé. Ce sont d’ailleurs deux images également exactes. Saint Paul ne parle-t-il pas, Ep 1, 18, des « yeux illuminés du cœur » ?
Saint Théophylacte d'Ohrid
Après avoir renvoyé la foule, il monte sur une montagne pour y prier, car la prière réclame le silence et le repos.

Ce fut après un assez long espace de temps que le Seigneur aborda dans ce lieu, ce qui explique ces paroles de l'Évangéliste: «Et dès qu'ils furent sortis de la barque, les habitants de ce pays le reconnurent».

Ils ne le priaient point d'entrer dans les maisons pour guérir les malades; ils préféraient les apporter devant lui. «Et partout où il entrait, dans les bourgs, dans les villages ou dans les villes, ils mettaient les malades sur les places publiques», etc. Le miracle que le Sauveur avait opéré en faveur de l'hémorrhoïsse était parvenu à la connaissance d'un grand nombre, et leur inspirait cette loi qui était la cause de leur guérison: «Et tous ceux qui le touchaient étaient guéris».
Saint Bède le Vénérable
On se demande avec raison comment après le miracle de la multiplication des pains, saint Marc a pu dire que les disciples traversèrent la mer pour se rendre à Bethsaïde, tandis que selon saint Luc, c'est à Bethsaïde même qu'aurait eu lieu ce miracle. Cette apparente contradiction disparaît en admettant que saint Luc, par ces paroles: «Il se retira dans un lieu désert, qui est Bethsaïde», a voulu désigner, non l'intérieur de la ville qui porte ce nom, mais un lieu désert situé près de cette ville, tandis que saint Marc, en disant: «Pour le précéder à Bethsaïde», a voulu parler de la ville elle-même de Bethsaïde.

La grandeur de ces miracles étonnait les disciples qui étaient encore charnels; mais ils ne pouvaient encore reconnaître dans le Sauveur la vérité de la majesté divine: «Parce que leur coeur était aveuglé».

De même encore, aussitôt qu'il entre dans un coeur par la grâce du divin amour il apaise et fait cesser aussitôt toutes les guerres soulevées par les passions, par le monde et les esprits mauvais.

Ils le connurent, non de visage, mais de réputation, peut-être aussi plusieurs d'entre eux le connaissaient de vue à cause de l'éclat de ses miracles. Voyez quelle est la foi de ces habitants de Génésareth: il ne leur suffit pas que Jésus guérisse les malades qui sont au milieu d'eux; ils faut parcourir toutes les villes des environs pour les inviter à venir trouver le médecin: «Et parcourant toute la contrée, ils lui apportèrent les malades dans des lits».

Dans le sens allégorique, la frange du vêtement du Sauveur représente le moindre de ses commandements; quiconque le transgressera sera le moindre dans le royaume des cieux. Ou bien encore, elle peut représenter la chair qu'a prise le Fils de Dieu, qui nous conduit jusqu'au Verbe de Dieu et nous fait ensui te entrer en jouissance de sa majesté.
Saint Augustin
Les Apôtres ne purent comprendre que Jésus voulait les devancer que parce qu'il se dirigeait en sens contraire. Il voulait les dépasser comme des hommes qui lui étaient étrangers, et qui le reconnaissaient si peu qu'ils le prenaient pour un fantôme: «Mais eu x le voyant marcher sur la mer, crurent que c'était un fantôme», etc.

On ne peut expliquer que Notre-Seigneur voulut dépasser ses disciples dont il dissipe si pleinement l'épouvante, qu'en admettant que son intention n'avait d'autre but en les dépassant que de leur faire pousser ce cri qu'il attendait pour venir à leur secours.
Saint Jérôme
Les paroles suivantes: «Et tous ceux qui le touchaient étaient sauvés», s'accompliront quand il n'y aura plus ni gémissements ni douleur ( Is 35,10 ).
Saint Jean Chrysostome
Il faut entendre ces paroles de Jésus-Christ en tant qu'il est homme, et il agit de la sorte pour nous enseigner l'assiduité dans la prière.

Notre-Seigneur renvoie le peuple après l'avoir comblé de bénédictions et guéri ses malades; mais il est obligé de forcer ses disciples, selon l'expression de l'Évangéliste, de traverser la mer, parce qu'ils ne se séparaient que difficilement de sa personne, tant à cause du vif attachement qu'ils avaient pour lui que parce qu'ils étaient en peine comment ils pourraient le rejoindre.

Et en effet, ils le reconnurent aussitôt à sa voix, et ils cessèrent de craindre.

Ou bien la première veille est le temps qui s'est écoulé jusqu'au déluge; la seconde s'étend jusqu'à Moïse; la troisième, jusqu'à l'avènement du Sauveur; c'est dans la quatrième veille que le Seigneur arrive et adresse la parole à ses disciples.