Marc 6, 47

Le soir venu, la barque était au milieu de la mer et lui, tout seul, à terre.

Le soir venu, la barque était au milieu de la mer et lui, tout seul, à terre.
Louis-Claude Fillion
Lorsqu’il l’eut congédiée. Le pronom désigne la foule et non les disciples. Dans le texte grec : « ayant dit adieu ». — Le soir représente les premières lueurs de la nuit, puisque, dès le v. 35, il était déjà tard. — La barque était au milieu de la mer. Le verset suivant nous indiquera le motif pour lequel les Apôtres n’avaient pas encore pu franchir la distance assez courte qui sépare les ports des deux Bethsaïda : ils avaient « vent debout », comme disent les marins, et ne pouvaient avancer que très lentement. — Jésus était seul à terre. Beau contraste, qui fait tableau : d’une part Jésus, complètement seul, priant au sommet d’une colline dans le silence du désert et de la nuit ; de l’autre les Douze, dans un frêle esquif violemment agité par les vagues en furie, et ramant de toutes leurs forces.
Saint Théophylacte d'Ohrid
Notre-Seigneur permit que ses disciples fussent exposés au danger pour leur donner lieu de pratiquer la patience. Aussi ne vient-il pas immédiatement à leur secours, mais il permet que le danger dure toute la nuit, pour leur apprendre à attendre avec patience et à ne pas compter que le secours leur viendrait aussitôt au milieu de leurs tribulations: «Et voyant ses disciples qui se fatiguaient à ramer», etc.
La Glose
L'Évangéliste, après avoir raconté le danger qu'avaient couru les disciples au milieu de la mer et le miracle qui les en avait délivré, nous fait connaître le lieu où ils vinrent aborder: «Après avoir traversé le lac, ils vinrent au territoire de Génésareth».
Saint Bède le Vénérable
Dans le sens allégorique, le travail des disciples qui se fatiguent à ramer et le vent qui est contraire, sont une figure des travaux de la sainte Eglise, qui malgré les flots soulevés du monde et les tempêtes déchaînées par les esprits impurs, s'efforce de parvenir au repos de la patrie céleste. Ce n'est point sans raison que cette barque nous est représentée au milieu de la mer, tandis que Jésus est seul sur le rivage, parce que l'Eglise, quelquefois, est tellement accablée par les persécutions des infidèles, que le divin Rédempteur paraît l'avoir complètement abandonnée. Mais le Seigneur ne perd pas de vue ses serviteurs qui luttent contre les flots soulevés; il les fortifie d'un regard de sa miséricorde pour qu'ils ne succombent pas sous le poids de leurs tribulations, et quelquefois même il les délivre d'une manière éclatante. Il vient à leur secours à la quatrième veille, et lorsque le jour approche, parce qu'en effet, lorsque l'homme ouvre les yeux de son âme à la lumière du secours qui vient d'en haut, le Seigneur vient lui-même eu personne, et tous les dangers des tentations sont assoupis.

Souvent la bonté divine paraît avoir abandonné les fidèles au milieu des tribulations, et il semble encore que Jésus veuille passer outre sans jeter un regard sur ses disciples qui luttent contre la fureur de la nier. Il est encore aussi des hérétiques qui pensent que le Sauveur eut un corps sans réalité, et qu'il n'a point pris une chair véritable dans le sein de la Vierge Marie.